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A l'Ombre des Bulles par A l'Ombre des Bulles
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Saga T5 (Urban Comics)
ComicsLe 25 oct 2015
5

L’avis de A l'Ombre des Bulles

Je n’avais pas été très tendre lors de ma recension du dernier tome de Saga, mais derrière la comparaison avec un chef d’œuvre télévisuel local, il fallait comprendre un certain désarroi sur la teneur du titre. Loin du comics définitif que beaucoup voudraient voir, plus les numéros avancent, et plus les défauts sont visibles. Comme je ne demande qu’à avoir tort, j’ai quand même acheté le cinquième opus, publié ce mois-ci chez Urban.

L’ami Vaughan s’était amusé dans la quatrième volume à empiler les cliffanghers : double-kidnapping de marmots, l’insubordination d’un prince, le Testament aux frontières de la mort et la rupture amoureuse de Marko et Alana. Le tout servi par un très subtil message « la télé-réalité c’est con  et la drogue c’est mal ». L’avantage de ce tome, c’est que tous ces enjeux sont résolus. On appréciera la technicité de l’écriture de Vaughan pour doper le rythme de son récit, mais cela se fait au détriment de la crédibilité narrative et de l’implication émotionnelle de son lecteur. Sans rien vous spoiler des péripéties principales, Vaughan est persuadé de pouvoir apporter profondeur et complexité à ses personnages en quelques lignes de dialogue, ce qui me semble un brin présomptueux. Au contraire, on en ressort avec la désagréable impression que dans Saga, les protagonistes s’usent et se jettent comme des vieilles chaussettes. Tout n’est pas complètement saccagé et certains personnages secondaires sont encore prometteurs, comme la petite Sophie et l’on peut être intrigué par le réveil du Testament.

Même si les situations s’enchaînent avec frénésie, Vaughan ne peut s’empêcher de refaire son HIMYM et de retarder encore certains développements dont il serait temps qu’au bout d’une trentaine de numéros ils soient abordés. Sans ressortir le couplet sur un traitement de l’univers au rabais, il faut aussi signaler que Vaughan torche une fois de plus son propos méta-textuel. Il faut dire que je suis d’humeur chafouine dès lors qu’il est question de politique, mais on ne peut traiter avec un tel je-m’en-foutisme de la question de la guérilla. Autant on peut comprendre que l’écrivain veuille brouiller les repères moraux pour appuyer son anti-manichéisme en temps de guerre, mais il y a d’autres manières de le faire, et l’une des solutions auraient peut-être été de donner sa chance à certains personnages et de ne pas tout faire passer dans le hors champ. Autre motif de grief, c’est la petite forme de Staples. Rien de bien méchant, mais son dessin n’est plus une raison pour louer particulièrement la série. Certains visages sont bâclés, le vide des arrière-plans se fait parfois sentir, et le tout manque un peu d’âme.

A l’exception de quelques scénettes potaches assez osées, on ne peut pas dire que le tome 5 de Saga transpire l’extase. Il serait vraiment temps que Vaughan réfléchisse à ce qu’il compte faire de son titre et redonne à Saga le lustre de ses débuts. Mais bon, comme vous en aurez rien à carrer (et à juste titre) de cette critique, vous l’aurez certainement déjà acheté, lu, apprécié, et parfois chroniqué. 

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