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Review : Les Descendants de Merlin T1 : Wren (Irene Radford)
GénéralLe 12 mai
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L’avis de Milo8

Titre : Les Descendants de Merlin - T1 : Wren
Auteur : Irene Radford
Editeur : Buchet-Chastel / Points (poche)
Nombre de pages : 799 pages (poche)

Quatrième de couverture :
Elle s'appelle Wren : fille de Merlin et d'une grande prêtresse de Dana, mariée à un seigneur qu'elle ne peut aimer, obligée de partager sa demeure avec une sorcière, elle doit se frayer un chemin dans le labyrinthe sinueux de la magie et décrypter les visions apocalyptiques qui l'assaillent.
Car à l'ombre des divinités anciennes, c'est le destin même du roi Arthur qui est en jeu.
 

À lire absolument si on aime :
- La légende arthurienne
- Un certain féminisme
- La magie et le mysticisme celtiques

À éviter si on cherche :
- La légende arthurienne telle qu'on la connaît
- La part belle faite aux hommes
- Un récit où il faut attendre les tomes suivants pour avoir le fin mot de l'histoire


L'avis du critique :

Découvert sur les bons conseils et l'avis extatique de Maureen du Bazar de la Littérature, je la remercie encore pour cette très belle lecture qu'a été ce premier tome des Descendants de Merlin.

La légende arthurienne et la matière de Bretagne sont sans doute les contextes et backgrounds qui ont été les plus utilisés en fantasy, et bon nombre d'auteurs y ont pioché sans vergogne de manière plus ou moins originale et pertinente. Qu'apportera une énième variation autour du thème (qui date tout de même de 1999) ?

Ce qui frappe tout d'abord, c'est le travail réalisé sur  les personnages, dotés d'une véritable épaisseur – qu’ils soient féminins ou masculins, d’ailleurs.
Mais force est de constater que la part belle est faite aux femmes, et quelles femmes ! Que ce soit Wren, le personnage principal qu'on suivra d'enfant à mère, Nimüe la séductrice à la sexualité déviante et aux noires aspirations, Morgane adepte de magie noire, ou encore Guenièvre en femme-enfant un peu particulière qui rappellera les fées, elles seront creusées, fortes (y compris celles qu'on hait) et avec un vrai rôle important à jouer.
Autant dire que c'est un réel plaisir de lire des personnages aussi solides, soignés, avec leurs forces mais aussi leurs faiblesses (et déviances, pour certaines), et si bien mises en avant dans ce contexte pourtant souvent masculin, où elles sont reléguées en général à des rôles monolithiques.
L'occasion pour l'auteur d'aborder un féminisme qui traversera toute l'oeuvre, de façon diffuse tout d'abod avec ces rôles féminins très présents, et parfois de façon plus frontale avec des critiques sur un système patriarcale profondément injuste envers les femmes (qui sonnent malheureusement toujours d'actualité dans certains cas) et sur des comportements de personnages masculins, mais ce toujours de manière pertinente, intelligente et très juste.
L'oeuvre peut ainsi être placée aux côtés des Dames du Lac de Marion Zimmer Bradley, tant les deux en sont proches, que ce soit au niveau du contexte, des thématiques, ou de la qualité.

J’ai complètement adoré la Wren gamine et son espièglerie mais aussi son amour pour son père et ses proches, sa curiosité, et j’ai adoré suivre son évolution et découvrir la femme qu’elle est devenue, les choix qu’elle a fait. Une véritable affection se crée entre elle et le lecteur.
D'autres figures s'avèrent passionnantes à (re)découvrir, tout particulièrement Merlin, mais aussi un Arthur enfant à la faille assez inattendue.


Le mysticisme et la magie celtiques (on est bien loin d'un déferlement d'effets spéciaux, on reste en général ancré dans des rituels et énergies élémentaires dotés d'un certain réalisme tout en restant fortement mystique) imprègnent totalement l’oeuvre, lui donnant une atmosphère et un cachet proprement formidables, envoûtant. Et quand la religion chrétienne gagne l'île, on peut s'attendre à des étincelles.
Les conflits de religions y sont traités sans fard, et nombre de personnages devront composer entre anciennes et nouvelles croyances. On pourra voir l'extrêmisime auquel peut mener la religion, et ce des deux côtés, mais le propos régulièrement distillé comme quoi elles peuvent également s’accorder sur des bases communes, prêchant après tout un même message, est fortement appréciable et très juste.

En revanche, la fin s'avère un peu précipitée, on nous la résume plus qu’on y assiste, c’est dommage. Mais surtout, le point qui pourra agacer, c’est l’aveuglement de certains personnages face aux agissements d’autres, qu’on sait pourtant particulièrement mauvais ou dangereux, et le côté un peu répétitif du schéma que çela entraîne : un coup le danger vient de Nimuë, un coup de Morgane, un coup des deux, et Wren et le Merlin semblent régulièrement s’en étonner ou ne rien faire pour prévenir les mauvais coups.
Rien de dramatique, mais face à un récit de très haut niveau, on aimerait qu'il atteigne la perfection.

Alors, cela n’a pas été un coup de coeur absolu et inconditionnel, mais ça a été un joli coup de cœur tout de même, sincère.


Ainsi, la légende arthurienne est certes "revistée" (sans grands bouleversements non plus, on y retrouve bon nombre d'éléments bien connus), mais c’est fait de manière totalement organique et naturelle, tout fonctionne très bien.


Le petit plus du livre :
A noter qu'il s'agit d'un tome 1 qui peut se lire comme un one-shot, de manière autonome, donc, ce qui s'avère agréable (surtout après un récit riche et dense).

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