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Dram00n par Dram00n
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Les Comics c'était vraiment mieux avant ?
ComicsLe 07 mai
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On a tous déjà entendu cette phrase « De toute façon c’était mieux avant ! » pour le cinéma, les jeux vidéo, mais également pour les comics. Comme tous les autres arts, ces BD américaines que nous affectionnons particulièrement ont évoluées avec le temps et se sont adaptées aux différentes époques. The Walking Dead s’est imposé comme un comics incontournable pour beaucoup non par sa qualité, mais par sa faculté de traiter d’un sujet ancré dans la pop-culture aujourd’hui.

Les super-héros sont un exemple parfait. Fer de lance de l’industrie des comics, ils représentent la plus grande partie des ventes grâce aux Big Two que sont DC et Marvel, mais également par des éditeurs moins importants comme Valiant. Pour autant, pour rester attractif constamment, le niveau graphique est devenu un paramètre très important. Aujourd’hui, les dessins prennent une place majeure et on retrouve des dessins de plus en plus réalistes, de plus en plus détaillés… On peut évidemment citer le travail de Mikel Janin et Joelle Jones sur Batman par exemple. Ce niveau de dessin contraste beaucoup avec le niveau des scénarii. Celui-ci est sans doute le plus impacté par les demandes actuelles. Nouveau film tous les 4 mois, il faut constamment avoir une porte d’entrée aux nouveaux lecteurs et on obtient des reboots et des relaunchs de plus en plus fréquemment. Ainsi, les récits sont de moins en moins complexes et deviennent de plus en plus Blockbusters. Prendrait-on le risque de lancer un Morrison sur la série principale Batman aujourd’hui, je n’en suis pas sûr. Quand bien même la qualité de son run sur le chevalier noir est reconnue unanimement, il est très difficile d’accès pour quiconque souhaite se lancer dans les comics et ce nouveau lectorat provenant des salles obscures prend une place de plus en plus importante dans les choix éditoriaux.

Alors oui, malgré quelques exceptions, les comics de super-héros ont tendance à se lisser ces dernières années. Sans parler des lecteurs, la société à un impact de plus en plus important sur les œuvres et ces dernières doivent également s’adapter. La représentation de la femme, le racisme, l’homosexualité, autant de paramètres qui aujourd’hui rentrent dans l’équation de la création. Les premiers impactés sont ces auteurs tels que Frank Miller qui était habitué à une certaine liberté d’expression et se retrouve aujourd’hui encerclé par ces lignes qu’il ne peut plus franchir. On obtient un DK3 fade et bien loin du niveau de son premier DK. Cette société, qui bride certains auteurs, est cette même société qui se permet vingt ans plus tard de faire une pétition pour stopper les rééditions de Sin City en raison de l’image de la femme que l’œuvre véhicule.

Pourquoi je n’aime pas entendre cette fameuse phrase « Les comics c’était mieux avant ! » ? Tout simplement parce qu’il n’y a pas que les super-héros dans la vie et l’émergence des éditeurs indépendants permet à chacun de trouver son bonheur aujourd’hui. Plus besoin de se tourner seulement vers Vertigo et Wildstorm pour avoir des œuvres grossières, engagées, sexuelles,… On peut retrouver cette violence, cette sexualité,…dans bon nombre d’œuvres aujourd’hui. Par-delà le propos, on retrouve également des titres avec un univers graphique prononcé. On peut citer Rob Guillory sur Tony Chu et Jeff Lemire avec son style si particulier. Deux artistes qui ne trouveront pas leurs places dans l’industrie des super-héros. Certains artistes vont également proposer un style différent voir même un style expérimental dans ces comics indépendants. Jock est un roi en la matière avec des traits beaucoup plus épais et moins détaillés que d’habitude dans son Snapshot et dans Immortals, mais également un style très visuel dans Wytches.

Sous l’abondance de titres et d’éditeurs, il faut savoir choisir ses titres. On a à présent la possibilité de trouver notre bonheur chez l’un des éditeurs et de découvrir plus facilement des nouvelles œuvres. Si on veut trouver quelque chose de mieux qu’avant c’est possible.

Pourquoi je n’aime pas entendre cette phrase ? Qu’est-ce qui fait que c’était mieux avant ou qu’est-ce qui fait qu’aujourd’hui est moins bien ? S’il y a bien une chose que je déteste, c’est cette manie de vouloir comparer les périodes pour juger un comics. Ne devrait-on pas juger un comics avec notre ressenti vis-à-vis de celui-ci ? N’est-ce pas les sentiments, les émotions procurées lors de la lecture qui nous permettent de juger un comics ? Personnellement c’est le cas. The Authority a été une claque pour moi lors de la lecture, mais « Joe – L’aventure intérieure » également et un nouveau titre me procurera une impression encore différente à l’avenir.

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