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De l'érudition phylactale. par Cryma
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Visiter Londres avec Alan Moore - Ma présentation de "From Hell"
ComicsLe 17 jul 2015
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ARGUMENT



 

Je viens d'entamer l’œuvre culte d'Alan Moore, « From Hell », où l'auteur se base sur les théories de Stephen Knight et de son œuvre phare : « Jack the Ripper : The Final Solution », afin de dresser un portrait réaliste de Jack l’éventreur et du contexte historico-social ayant abrité cette légende londonienne. De cette œuvre de Moore, on m'en avait dit beaucoup de bien, mais quelle ne fut pas ma surprise lorsque je débutai l'ouvrage et, arrivai au chapitre 3 (sur 14), je restai tout bonnement subjuguer devant le talent et la maestria de l'auteur ! Le terme de chef d'oeuvre n'est pas usurpé pour parler de ce comics très à part et j'ai alors longuement réfléchit au meilleur moyen d'en présenter les qualité aux futurs éventuels lecteurs. La critique me semblait à la fois trop simpliste et trop fastidieuse pour cette œuvre somme, la présentation classique n'aurait certainement pas assez de piquant… C'est alors que me vint une idée saugrenue, celle de partager ce qui est pour moi le meilleur chapitre du livre (presque) en intégralité !

 

 

Mais quelques explications d'abord : Le début de l'ouvrage nous présente le personnage public que fut, selon Moore, Jack l'éventreur, à savoir un médecin de la reine à qui on confia une mission secrète d'assassinats multiples afin de cacher un scandale royal. Moore avance alors la théorie selon laquelle ce fameux médecin aurait été un franc-maçon et qu'il aurait profité de cette mission royale pour réaliser une œuvre bien plus grande et bien plus importante à ses yeux : transformer White Chapelle en lieu de culte pour une divinité païenne.

 

Et c'est là qu'entre en jeu le fameux chapitre 3 du roman graphique, dans lequel l'homme fait visiter Londres à un complice en lui expliquant que Londres est en réalité aux mains des francs-maçons et que son urbanisation et architectures sont un vaste plan géographique maçonnique !

Et tout le génie de Moore envahit alors notre esprit de lecteur, nous présentant Londres comme jamais personne avant lui ne l'avait fait, à grand renfort de recherches historiques et géographiques et, surtout, un final tout bonnement ahurissant !

 

J'ai donc décidé de vous présenter ce fameux chapitre trois dans l'article qui suit, mais en y ajoutant mon grain de sel ! A savoir mes propres recherches d'images et, surtout, une visualisation Google Map du parcours que réalisent les deux hommes à travers la ville, afin qu'un jour, si vous êtes comme moi, vous puissiez réaliser à votre tour le parcours londonien franc-maçonnique du chapitre 3 de From Hell !

 

 

PS : Le texte qui suit est donc presque mots pour mots celui présent dans l'ouvrage, je n'ai réalisé que quelques menus changements afin de lui donner une forme adéquat pour ce blog !

 

Ainsi commence notre visite de Londres, à Christ Church...

 



PROLOGUE – CHRIST CHURCH



 

 

[ Peu d'églises cachent les secrets comme Christ Church à Spitalfields ou comme l'esprit de son créateur Nicholas Hawksmoor. Hawksmoor a dessiné plusieurs églises de Londres afin qu'elles soient « Solennelles et terribles d'apparence » suivant la tradition païenne des antiques architectes dionysiaques. Il est possible qu'il ait aussi lu Thomas Hobbes, le seul penseur antérieur à Coleridge qui ait suggéré que certains symboles puissent avoir un effet subtil sur l'esprit humain. Ce portique dorique massif, destiné à instiller une impression de « terreur et magnificence », évoquerait, pour les antiques, de terribles divinités telles qu'Hercules, Minerve, ou Mars… Dieu de la force, dieu de la sagesse, dieu de la guerre.

 

 

 

Aventurons-nous à l'intérieur. Il fait noir.

 

 

Hawksmoor a découpé la pierre pour retenir les ombres. Une caractéristique gothique, quoique les influences de Hawksmoor fussent quelque peu plus… anciennes. Une fraternité secrète d'adeptes de Dionysos datant de 1000 avant JC. Ils ont travaillés sur le temple de Salomon, finissant par devenir les guildes maçonniques itinérantes du Moyen-Age. Les ingénieuses constructions se contentaient de symboliser leur grand œuvre : Le temple de la civilisation. Ils sculptaient l'Histoire humaine en un édifice à la hauteur de Dieu, son grand architecte. Empruntant leurs proportions au temple de Dieu, le corps humain, ils cherchaient à s'unir aux processus naturels, et ce faisant, à devenir immortels. Parfaitement harmonisés, leurs monuments étaient supposés résonner des voix de l'éternité, les échos de la futurité. Leurs secrets acoustiques incluaient des passages où l'on ne pouvait entendre ses propres cris, des pièces où l'échos du moindre soupir se réverbérait.

 

 

Cela rejoint les théories de Charles Howard Hinton qui suggèrent que le temps est une illusion humaine, que tous les temps coexistent dans le stupéfiant ensemble de l'éternité dans son ouvrage « Qu'est-ce que la quatrième dimension ? ». Il avance que les rythmes quadridimensionnels dans le monolithe de l'éternité paraîtraient seulement le fruit du hasard à la perception tridimensionnelle...Que ces événements s’élèveraient vers une convergence inévitable, comme les lignes d'une arche. Pourrait-on dire alors que l'histoire a une architecture ?

 

 

Pourtant considérons cette église, construite sur les « Hospital Fields », terrain de l’hôpital où furent enterrées les victimes de la peste… Une peste entrée à Londres à un mile à peine d'ici. Dans les années 1760, les troupes réprimant dans le sang les émeutes de tisserands avaient leur caserne ici, à Christ Church. Près d'ici, en 1811, les crimes de Ratcliffe Highway engendrèrent la police anglaise.

Peut-être Hawksmoor a-t-il creusé plus profond un canal déjà existant de souffrance, de violence et d'autorité. Ses derniers efforts élevèrent deux cornes comme des oreilles de chacal sur un monument au cœur du gouvernement de l'Angleterre, une Abbaye bâtie sur le site de l'ancien temple d'Anubis. Westminster.

 

 

Pour y voir plus clair, entreprenons un périple par les grand lieux symboliques de Londres.

 



POINT DE DEPART DU PARCOURS : KING'S CROSS (BATTLE BRIDGE)



 

Autrefois, les femmes avaient le pouvoir : dans les cavernes, la vie tournait autour du mystère de l'enfantement et nous servions des déesses mères, pas des dieux le père. Il en fût ainsi pendant plusieurs années. Puis les hommes se rebellèrent, peut-être d'abord quelques-uns, une petite conspiration. Qui par quelques actes de magie sociale, de politique ou par un coup de force, détrônèrent la femme pour que l'homme puisse régner. Le temps passa et les royaumes se transmirent de père en fils, la matriarchie fût oubliée. Sauf des Icènes, à Colchester, à qui les troupes d'occupation romaines laissaient quelque indépendance.

 

 

Pourtant, Rome interdit que Boadicée, la reine des Icènes, transmette sa couronne à des filles et non à des fils. Quand elle s'en plaignit, elle fût violée avec ses filles en signe de mépris…Une grave erreur ! Elle rassembla les Icènes, en hurlant à ses déesses mères de lui accorder la vengeance, et détruisit Londres par le feu. Laissant des fossés remplis de têtes fumantes. Elle laissa une traînée de cendres, une froide veine noire dans les couches géologiques de Londres, le témoignage de la fureur d'une femme. Observons-la et tremblons.

 

 

Rome ressaisit. Elle reconquit la cité en ruines. Boadicée mourut à cet endroit, à Battle Bridge (King's Cross aujourd'hui), sous Parliament Hill, où les druides pratiquaient autrefois des sacrifices à un soleil père.

 

 

Retournons à King Cross, puis nous descendrons Pentonville.

 



LONDON FIELDS



 

Commençons à appréhender quelle grande œuvre est Londres. C'est un véritable manuel sur lequel nous pouvons nous appuyer pour formuler nous-même de grandes œuvres. Nous pénétrerons ces métaphores, mettrons à nu sa structure et arriverons, enfin, à sa signification comme il convient aux grandes œuvres, nous la liront soigneusement et avec respect. La plus grande partie de l'histoire de Londres n'est pas écrite en mots. C'est au contraire une littérature de pierres, de noms de lieux et d'associations. Où des échos ténus nous répondent depuis les lointaines murailles en ruines d'une histoire pleine de sang.

Prenons à droite dans Greenwood Road jusqu'à Albion Drive, puis arrêtons-nous.

 

 

Albion Drive. Voilà qui parraît de bonne augure puisque nous aspirons a sonder les ventricules de Londres, cœur de l'Angleterre. Contemplons London Fields, les champs de Londres, ici dans les taudis de Hackney. Jadis un vert pâturage jusqu'à ce que de prospères marchants viennent y habiter après l'incendie de Londres. Ils construisirent des banlieues qui ne purent contenir le débordement de l'East End.

 

 

Pourtant, Hackney était autrefois « L'Ea d'Hakon », une colonie où des saxons vivaient et adoraient des héros devenus pour eux des dieux. Comme le père d'Hengest, Ivalde Svigdur, assassin de Mani, la déité lunaire teutonique. Imaginons cela : ici, on levait des gobelets pour boire à la santé de l'homme qui avait tué la lune. Tout a disparu. A présent, le ruisseau de Hackney bouillonne sous terre depuis le dos tordu de Crouch Hill et rejoint la rampante rivière Lea, et pourtant il y a ici un mystère, une résonance.

 

 

 

Cette rue même, Albion Drive, résonne de poésie, de folles prophéties et de visions de Blake : « Réduites en esclavage, les filles d'Albion pleurent, lamentation tremblante... ».

Prenons Broadway Market, Goldsmith's Row, puis continuons vers Hackney Road.

 

 

Né au 18e siècle, William Blake, notre plus grand prophète eu des visions : il parlait aux fantômes de Milton, ou à l'apôtre Paul. Et pourtant comme le suggère Alexander Gilchrist, le biographe de Blake, ce n'est que depuis une époque relativement récente, qu'avoir des visions porte le doute sur la lucidité d'une personne. Les comptes rendus militaires romains décrivent sans sourciller des rencontres divines. Moins remarquables que la perte d'un fer à cheval, ou une liste de quartier maître. Nos cerveaux étaient différents alors : les dieux semblaient réels.

 

 

Descendons Old Street ensuite, puis prenez à gauche à Bunhill Road.

Tous les cerveaux humains, ont 2 côtés : le gauche est la raison, la logique la science ; nos vertus apolliniennes. Le droit est la magie, l'art et la folie, attributs dionysiens. C'est l’hémisphère inconscient de l'esprit dont le symbole est la lune. Seul un mince fil de cartilage relie les 2, évoluant à travers les siècles, un fil plus mince encore par le passé. Le conscient, ignorant autrefois sont noir jumeau, méprenait ses rêves et ses inspirations pour des visions célestes, le chuchotement des muses...appelait les fous des saints ou des possédés du démons. Selon Gilchrist, Blake appartenait à des âges plus anciens du monde. Depuis ces époques, comme Hazlitt l'a fait remarquer, « le ciel s'est éloigné de nous ». Nos aliénés étaient autrefois des prophètes, et avaient la puissance d'un prophète, n'oublions jamais cela.

 

 



BUNHILL FIELDS



 

Bunhill Fields, nous y sommes.

 

 

Blake était un anachronisme d'avant l'époque des lumières, d'une période de pensées magiques où les dieux côtoyaient encore les hommes. Par la foi, c'était un druide, comme ceux qui priaient le soleil du haut de Parliament Hill. Pourtant Blake abhorrait le soleil. Parlant à Calvin, montrant du doigt le ciel, il s'écria : « Le voila, l’Apollon des grecs ! C'est Satan ! ». Quelle ironie que ses os reposent ici, sous l'obélisque d'un dieu solaire.

 

 

L'obélisque est celui de Defoe, et se dresse néanmoins au dessus de la tombe du prophète. Elle s'inspire de pierres consacrées au dieu solaire Aton, élevées à Heliopolis, dans l'ancienne Égypte. L'obélisque est phallique car le soleil symbolise le principe masculin, l'ascendant de l'homme. Il symbolise aussi le cerveau gauche, notre côté rationnel et apollinien. Et malgré cela, chaque coucher de soleil projette son ombre impitoyable sur la tombe du plus grand fou de dieu de l'Angleterre.

 

 

Mais nous reverrons Blake avant la fin de cette visite.

 

Parcours que nous venons d'effectuer.

 

Reprenons Bunhill Row, vers Old Street, alors nous verrons aussi d'autres obélisques. Descendons Old Street vers l'église Saint Luke.

 



OLD STREET - EGLISE ST LUKE



 

 

Son architecte, Nicholas Hawksmoor, avait reçu de bonne foi mission d'élever de bonnes églises chrétiennes dans cette ville suite à l'incendie de 1666. Mais Hawksmoor n'était pas chrétien et ses œuvres païennes perpétuent les enseignements occultes des anciens architectes dionysiaques, sa plus grande influence. L'église elle-même n'a rien de remarquable, mais observons le clocher d'Hawksmoor. Un obélisque ! En effet, les rigides gentlemen chrétiens qu'il employait exprimèrent leur mécontentement.

 

 

Hawksmoor soutint que ses plans étaient basés sur « les formes les plus pures de la chrétienté » qui, dans son esprit, était celle du 4e siècle de notre ère. Il ne pouvait pas ne pas savoir que la Grande Bretagne du IVe siècle avait son côté païen, au point que même l'empereur Julien avait officiellement abjuré la fois chrétienne. Ses mécènes, visiblement ignorants de ce fait, s'inclinèrent devant son savoir et le laissèrent construire ses clochers comme il l'entendait. Il construisit un obélisque : un autre autel au soleil, à la masculinité et à la raison, dont la froide érection poignardait le ciel juste une partie du dessin caché qu'Hawksmoor cherchait à graver sur le visage de cette ville.

 

 

Allons à Goswell Road ensuite, puis Northampton Square.

 



NORTHAMPTON SQUARE



 

Oui,Londres a ses obélisques, de même que Paris, Washington, New York. Les francs maçons de ces villes ont, durant le 19e siècle, influencés le placement d'obélisques à certains endroits conscients de leur signification.

Prenons cette place par exemple.

 

 

Pourquoi, alors que tant de poètes londoniens ne sont pas commémorés, avons-nous donnés à des rues le nom d'un insignifiant marquis ? Voici pourquoi : c'était un dirigeant maçonnique, le marquis de Northampton, site du Easton Neston Hall d'Hawksmoor, allignés de façon caractéristique avec des églises locales.

Poursuivons par Clerkenwell jusqu'à Theobalds Road, puis tout droit dans Hart Street.

Les francs-maçons prétendent descendre, diversement, de l'Atlantide, de l'Eden et, sans doute, du Chaos primordial lui-même. Balivernes ! L'ordre tel qu'il est aujourd'hui ne remonte pas plus loin que le 18e siècle… Anciennement une humble guilde d’artisans, un afflux d'aristocrates et d'intellectuels à la recherche de plaisirs obscurs vint s'y ajouter, amenant poignées de main, rituels et serments, un vernis occulte sans signification.

 

 

Néanmoins, tous ceux qui adhéraient au groupe n'étaient pas de simples dilettantes. Certains étaient des colosses intellectuels, à la recherche de savoirs cachés, décidés à poursuivre les œuvres antiques. C'est cela le véritable héritage de la maçonnerie : pas de mots chuchotés de génération en génération, mais des idées qui pétillent d'esprit en esprit à travers les siècles. Parmi ces premiers chercheurs, on trouve certainement l'architecte Christopher Wren et le protégé du brave Sir Chris, Sir John Van Brugh.

 

 

 

Et puis il y a Hawksmoor. Nic le malin, qui n'est jamais devenu chevalier, et fût pourtant le plus grand de tous. Hawksmoor… cet esprit vaste, sombre et complexe, comme une cathédrale dont les pierres couleur de fientes d'oiseau ont définis ce siècle… Et qui pourtant permis que le monde vit en lui un sous-fifre de Wren, et chercha avec passion l'obscurité.

 



SAINT GEORGE DE BLOOMSBURY



 

Arrêtons-nous ici devant Saint Georges de Bloomsbury, son église.

 

 

Comme toute son œuvre, elle est influencée par ceux dont les maçons se prétendent héritiers, les architectes dionysiaques, soit disant maîtres ouvriers de l'Atlantide qui survécurent au déclin de ce continent.

 

 

Ils parcoururent le globe et récoltèrent ces mystères, bâtissant des merveilles au passage : le temple de Salomon et les pyramides, le temple de Diane à Éphèse...

 

 

...Bien d'autres différentes merveilles du monde antique... tel que, peut être, le mausolée païen d'Helicarnasse sur lequel Hawksmoor basa le clocher de cette église.

 

 

 

Existent-ils ces dionysiaques ? C'est bien possible ! Au XIXe siècle, une expédition royale a effectué des fouilles en Crête. Les premiers rapports suggérèrent une culture très avancée, avec des traces du culte de Dionysos datant de 2000 ans avant notre ère. Il est possible que la culture crétoise ait été détruite par une explosion du grand volcan Thiera et les raz de marée résultants. La Crête était-elle l’Atlantide ? Les dionysiaques étaient-ils ses architectes ? Quelque soit la manière dont la culture crétoise s'éteignit, nous pouvons être sûrs que ces guildes de constructeurs et ses architectes, déjà très demandés et commerçant avec les puissances voisines, purent survivre à sa chute en conservant intacte leur base financière. Et peut-être aussi leur culte à Dionysos.

 

 

Dirigeons-nous vers Earl's Court, par Oxford Streeet, puis Bayswater Road. Nous trouverons une auberge et nous nous revigorerons en déjeunant. Ces anciennes pierres éveillent toujours un appétit effrayant.

 

 

La Crête tomba et les mycéniens occupèrent ensuite la région, employant les artisans crétois comme le prouvent les formes crétoises des objets mycéniens de cette époque. Les dionysiaques ont-ils ainsi pénétré la culture mycénienne ? Ont-ils parcourus le monde avec eux ? Ont-ils contribué à donner au monde la forme de leur vaste et secret édifice ? Des symboles mycéniens sont gravés à Stonehenge.

 

 

Les dionysiaques ont-ils aidés à concevoir cet antique temple solaire où les druides faisaient autrefois leurs sacrifices ? Toujours le soleil ! Que son nom soit Lud, Apollon, Hélios ou Aton. Qu'il soit Bélénos ou Bêl...Ou Baal…

 

Parcours que nous venons d'effectuer.

 



EARL'S COURT



 

Earl's Court, dont nous approchons, s'appelait autrefois Billingswell, déformation de Belinos Well, puits consacré au roi dieu solaire Bélénos, fils du roi Lud. Stoppons à cette auberge.

 

 

Ne méprisons pas les dieux : en dépit de leur inexistence en termes matériels, ils n'en sont pas moins puissants, pas moins terribles... L'unique endroit où les dieux existent, sans aucun doute, est dans nos esprits où ils sont incontestablement vrais dans toute leur grandeur et leur monstruosité. Qui est Mars sinon les attributs personnifiés de la violence de l'humanité ? Et Aphrodite, sinon les désirs de l'homme ?

 

 

Les sages huméristes reconnaissaient dans tous les dieux des aspects de « l'Unique » et pourtant ne virent pas la vérité supérieure. « L'Unique », c'est nous, chacun avec un panthéon de dieux dans son cerveau droit dont jaillissent l'inspiration et l'instinct. Athéna nous donne les automobiles, Mars le soulèvement de Mahdi. N'est-ce pas assez de pestilence et de miracles pour rassasier le dieu de l'exode ?

 

 

Repartons.

Les mythes sont la clé de notre cerveau droit, ce monde des dieux qui, comme l'Atlantide, fût englouti par les flots de l'âge de la raison. Ce royaume englouti de l'esprit, les intellects qui y plongent le plus profond et en rapportent les trésors, nous les appelons sorciers. Où allons-nous ensuite ? Je consulte la carte...

Knightsbridge via Cromwell Road, puis Grosvenor Place vers Victoria Street.

 

 

Notons les sites que nous avons déjà visités.

Il y a Battle Bridge où la matriarchie tomba avec Boadicée (1) ; London Fields où les saxons rendaient grâce à l'assassin de la lune (2) ; Bunhild Field où Blake dort sous son obélisque (3) ; Old Street où Hawksmoor éleva son jumeau (4) ... Northhampton Square, achetée avec l'or maçonnique (5) , et Saint Georges de Bloomsbury où Hawksmoor éleva son mausolée païen (6) . Enfin Earl's Court, où Bélénos avait autrefois son puits (7) . Voilà tous nos arrêts pour l'instant, cette répartition de points au hasard...cette terrestre constellation.

 

 

Les cartes ont une force en puissance. Elles peuvent livrer une masse de connaissances inimaginables quand ont les interprète correctement. Codés dans les pierres de cette ville, il y a des symboles assez tumultueux pour réveiller les dieux endormis sous le fond des mers de nos rêves. Pour le meilleur et pour le pire.

 



L'aiguille de Cléopâtre



 

Arrêtons-nous là devant.

 

 

Rare sont les symboles qui ont la force de cette pierre-ci.

Sculptée 1500 ans avant la naissance du Christ et élevée à Héliopolis par Thoutmès, couverte de prières gravées en hiéroglyphes, afin qu'Aton, le dieu solaire de l’Égypte, voit sa souveraineté croître. Déplacée à Alexandrie en 12 avant notre ère, elle tomba et reposa, recouverte de sable, jusqu'au 19e siècle, quand l'Angleterre s'en empara et entreprit de la transporter chez elle. La charrette qui l'emportait au quai d'Alexandrie s'effondra, rependant l'obélisque dans une tombe préhistorique non encore découverte. Au bout de plusieurs semaines, on l'en sortit et le plaça au bord d'un bateau...

 

 

Bateau qui s'empressa de couler. L'obélisque fût sauvé, puis placé dans un cylindre flottant afin de que remorqueurs pussent l'amener en Angleterre. Près de Biscaye, d'effrayantes tempêtes se levèrent. 200 tonnes de granit faillirent entraîner les remorqueurs en enfer avant qu'ils ne se larguent. 6 marins perdirent la vie. Pendant des mois, l'obélisque dériva avant d'être finalement récupérée et placée ici, près de la tamise, après qu'on eu écarté l'idée de le mettre à Westminster, où s’élevait le temple d'Apollon.

 

 

En dessous, de curieux petits objets furent enfouis. Une carte, des daguerréotypes des femmes les plus belles de l'époque, et un rasoir. Qu'est-ce que cela veut dire ? C'est un lieu hanté par les suicides et les fantômes. On aperçoit un homme nu qui saute dans la tamise, mais on n'entend pas le bruit du plongeon. On l'appelle l'aiguille de Cléopâtre. Celui qui la manierait serait le meilleur des tailleurs, pour faire son travail : accroître la souveraineté du dieu soleil...Faire descendre le soleil en personne, toucher la terre de la lumière purificatrice d'Aton afin que tous connaissent sa majesté.

 

 

Ces méditations ont un fil conducteur : la guerre entre le soleil et la lune à l'intérieur de laquelle tout l'histoire est circonscrite.

 

Parcours que nous venons d'effectuer.

 

Allons à Waterloo Bridge, et ensuite à York Road.

 



LAMBETH



 

Lambeth Palace, ensuite, puis Lambeth road.

 

 

C'est dans la guerre du soleil et de la lune que l'homme vole le pouvoir de la femme, que le cerveau gauche conquiert le droit, que la raison enchaîne la folie. A l'asile de Bedlam, des hommes ont prétendus qu'ils commandaient aux aigles ou jurés qu'ils feraient la guerre aux étoiles si on leur donnait du Bordeaux. Les fous sont des soldats de la lune, de même que les poètes, les artistes, les sorciers, tous en guerre contre les étoiles qui ne sont que de lointains soleils.

Hercules Road est devant.

Tournons à gauche.

 

 

Hercules Buildings : C'est ici que Blake a écrit « Londres », cette cité de l'enfer, hantée par les cris de rues de ses damnés. Ici, un jour, un fantôme couvert d'écailles le fit fuir de chez lui. La voix de Blake était celle de notre cerveau droit, l'Atlantide du cerveau, chantant par dessus la clameur de Bedlam où prétendait Blake, les fous avaient enfermés les sains d'esprit. Ils savaient que les fous ne sont que des prisonniers de guerre et ne craignent pas la folie car ils connaissent sa gloire et sa puissance. Lorsque nous avons une crise cardiaque, celle-ci provoque une aphasie - une fluxion du côté droit du cerveau qui déclenche des hallucinations. Nous pouvons alors voir Dieu et s'agenouiller devant lui.

« Mais, converser avec les dieux, c'est de la folie » me direz-vous. Et je réponds : « Alors, qui souhaiterait être sain d'esprit ? ».

Descendons George's Road, dépassons Elephant and Castle, puis par Walworth Road vers Camberwell.

 

 

La folie est un fruit dionysien. Tel le raisin. A moins que les morbides aspects de ces pierres et de ses symboles ne vous aient affectés. Leur langage parlent directement à notre inconscient. Réfléchissons-y : « les architectes dionysiaques » quelle contradiction ! Le dieu de l'instinct et de la déraison ainsi invoqué par des architectes les plus lucides et apolliniens des hommes. Mais ils savaient que l'inconscient était l'inspiration d'où jaillissaient leurs tours de raison. Ainsi, avoir symboliquement dompté sa puissance fût leur sublime réalisation.

 

 

Leur symbole était la lune, rêvant entourée de 7 étoiles qui représentent l’arithmétique, la musique, l’astronomie, la rhétorique, la grammaire, la logique et la géométrie, les piliers de la pensée maçonnique. Ce symbole signifie aussi la puissance féminine dans l'Humanité enchaînée par son anneau d'étoiles, qui ne sont que de lointains soleils, et par conséquent, masculins. Les symboles sont puissants, assez puissants pour retourner même un estomac d'Anglais. Ou pour livrer à l'esclavage la moitié de la population de cette planète.

 

Parcours que nous venons d'effectuer.

Descendons Denmark Hill vers Herne Hill, puis arrêtons.

 



HERNE HILL & ST JOHN



 

 

Les symboles dirigent no pensées et nos actes, ils réveillent les ombres enterrées sous nos esprits conscients. Toutes magie est symbolique, de la poupée de maïs au rite vaudou. La conscience elle-même n'est rien d'autre que des symboles, des métaphores qui se renforcent les unes les autres et étendent ainsi leur domaine métaphysique. C'est avec des symboles que les sorciers hommes ont conquis les femmes, détruisant ou discréditant d'abord les déesses qui représentaient le pouvoir féminin. La déesse mère Tiamat, dégradée devint d'abord un démon puis une humble chimère. Les déesses furent remplacées par des dieux. Puis vint le sacrifice des enfants, qui tuait ce premier et plus terrible symbole féminin, la maternité, leur magie et leur puissance.

 

 

Cette colline, près de Halfmoon Lane, porte le nom d'Herne, un homme-cerf dont l'image pourrait datée de l'age de fer. Herne usurpa le rôle de Diane comme meneur de la chasse lunaire – un prétendant mâle à son trône féminin. En dessous coule la rivière Effra. Il y a mille ans, quand elle voyait encore la lumière du jour, Canute l'a remontée à la voile pour attaquer la ville depuis l'amont. Canute qui, durant son règne, interdit le culte de la lune, puis essaya de prétendre posséder son pouvoir d'arrêter les marées.

 

 

Allons… Halfmoon Lane, East Dulwich Road, puis Rye Lane jusqu'à Peckham Hill.

 

 

L'homme tue la lune et exalte le soleil à sa place. IL place des hommes-cerfs pour mener la chasse de Diane. Il tente, comme elle, de soumettre l'océan à sa volonté. Avec des symboles, l'homme jette la femme la-bas, et puis avec des symboles, il la maintient à terre. Comme la garde doit être sévère pour réprimer une puissance telle qu'elle a diriger la terre pendant huit millions d'années, à côté desquels les 6000 ans de l'homme ne sont qu'un clin d’œil.

Remontons Trafalgar avenue vers Old Kent Road.

 

 

Comparée à la durée des déesses, la rébellion masculine vient d'être victorieuse, notre nouveau régime de rationalité est jeune et précaire (et peut-être pas durable).

Vers le fleuve et Artillery Street. Arrêtons devant, sur la droite.

 

 

Considérons la magie comme la volonté rendue manifeste, nos rêves les plus intimes extériorisés afin d'exercer notre influence sur le monde.

Arrêtons ici, près de ce qui fut l'église St John de Horsleydown (aujourd'hui le London City Mission).

 

 

Tout commence avec le royaume sous-marin du cerveau est sorcellerie : Nos poètes qui vont rechercher des idées au fond de leurs esprits pour les planter dans d'autres, où elles grandissent et deviennent splendides, ou alors atroces. Nos maniaques homicides, dont les meurtres féroces et déments étaient autrefois attribués aux loup-garous, appelés par certains « les enfants de l'Atlantide »...Ce qui, au moins en tant que métaphore, sonne vrai.

 

 

Ou Hawksmoor, qui édifiait des symboles, statuaire du continent perdu de l'esprit, pour les placer au sommet de cette église, St John. Un obélisque destiné à se dresser au dessus des ponts, des rues et des existences qui y grouilles. Au dessus de leurs esprits, de leurs rêves. Six générations nées dans son ombre. La voilà, la magie… Oui, et la poésie ! Aussi sincère que n'importe quel chantre, il laissa parler son âme, en syllabes de pierre qui résonnent à travers les siècles.

 

 

Toute magie est tirée de notre cerveau droit : La rêverie du poète, la crise du fou, les rêves des architectes. Les magiciens recherchent le dérangement de l'esprit. Par le jeûne, par le fouet, par la drogue, par la violation des tabous avec des actes sexuels, ou par la violence d'une certaine sorte.

 

 

Les druides, par exemple, clouaient les tripes des hommes à des arbres et les forçaient ensuite à en faire le tour jusqu'à ce qu'elles soient déroulées.

 

Parcours que nous venons d'effectuer.

 

En supposant que votre tripaille ne va pas plus mal, nous pouvons continuer vers London Bridge, puis à la Tour de Londres.

 

 



LA TOUR DE LONDRES



 

Les druides croyaient que les lieux gagnaient en puissance par la souffrance, qu'ils absorbaient le désespoir et la terreur et que ceux-ci se réverbéraient dans la terre et les pierres pour toujours. Cette tour doit vibrer comme une dynamo de sang et d'histoire...

 

 

...Construite sur la « bute blanche » citée dans les mythes païens, là où pourri le fondateur de la Grande-Bretagne, Brutus, ancien Troyen. Guidé par des rêves envoyés par la déesse de la lune, Brutus arracha la Grande-Bretagne à ses maîtres, Gog et Magog, et éleva la Nouvelle Troie... « Troï Novantum »… Ici dédiée à Diane.

 

 

 

Ici est enterré la tête de Bran, le dieu celtique dont le nom signifie « Corbeau Sacré ».

 

 

Ces oiseaux nichent encore ici. On dit que Londres sera détruite s'il s'en vont. Leur population est par conséquent restaurée à l'occasion, par l'importation de corbeaux extérieurs qui semblent rester jusqu'à leur mort. La « Tour Sol » du roi solaire Lud s'élevait ici, rebâtie par les romains, par les normands, les conquérants de la Grande-Bretagne.

 

 

Ici moururent Jane Grey, le juge Jeffreys, Anne Boleyn, Guy Fawkes, les petits princes… Des sacrifices d'enfants que même les druides auraient admirés.

 

 

Ici, en 1817, un gardien et sa femme perçurent un cylindre de visqueuse lumière azure, épais comme un bras, qui flotta un moment puis disparu. Une autre sentinelles vit une apparition ressemblant à un ours glisser sous sa porte de la salle des joyaux. Il eut un malaise et mourut peu après. Peut-être certains endroits possèdent-ils en effet une vitalité. Ils rêvent et se nourrissent, et se reproduisent.

 

 

Prenons ensuite Ratcliffe Highway, vers l’île aux chiens.

Près de Ratcliffe Highway, des pirates étaient pendus. Le fantôme du Clergyman meurtrier de Ratcliffe rôde encore, celui qui se débarrassait de ses victimes ici. Le quai ferme à 17h. Après, les chalands ont peur de travailler.

 

 

L'église Geroge's in the East d'Hawksmoor est défectueuse malgré ses pyramides et ses autels romains. Il manque les obélisques. L’alignement n'est pas bon. Hawksmoor dit au commissaire de faire démolir des échoppes du voisinage afin d'y placer le site de son église, alignée avec d'autres monuments. Il se vit opposé un refus.

 

 

Des années plus tard, sur ce même terrain, le drapier Marr, sa femme, leur petit enfant et leur apprenti moururent. Un maillet de fer brisa leurs crânes, leurs gorges furent tranchées de gauche à droite, symbole de maçonnerie. Un homme, John Williams, fut accusé pour apaiser la foule. Avant son procès, il « se pendit »… Quoique peut-être en cela il fut aidé. Le cadavre de Williams fut emporté à un carrefour et enterré avec un piquet fiché dans le cœur. Le scandale apporta de l'eau au moulin de ceux qui exigeaient la création d'une force de police. Avait-ce été, dés le départ, le motif du crime ? Un acte rituel pour modelé la société ? Une structure de contrôle dessinée par un doigt trempé dans le sang d'un bébé ?

 

 

Prenez Poplar High Street, l’île aux chiens est droit devant.

 



L'ÎLE AUX CHIENS



 

 

Son nom évoque la sauvagerie, cette île jetée aux chiens, où l'on gardait autrefois les bêtes de la chasse royale. L'église Sainte Anne d'Hawksmoor s'élève entre ses mâchoires, ses lignes magiques gravées sur la conscience humaine et ainsi sur la société. Parfois, un acte de magie sociale est nécessaire. Le triomphe de l'homme sur la femme est incertain, la poussière de l'histoire n'a pas eu le temps de retomber.

 

 

Les murmures des cabinets de séances, l'agitation des bas-fonds… Voilà ce qui menace le rationalisme lui-même. Même s'ils hurlent comme les chiens dont les esprits hantent ce sinistre promontoire.

Remontons Cotton Street, longeons East India Docks vers Commercial Road.

 

 

Remontons Commercial Road vers Christchurch à Spitalfields.

 

Christchurch à Spitalfields

La magie n'est que la volonté humaine concentrée à travers une méthodologie qui inclut un rituel, des prières et un sacrifice. Dans les églises druidiques, tout le mortier est mélangé à du sang, ce qui confère aux pierres la vitalité de faire leur travail, quoique tous leurs architectes soient retombés en poussière. Arrêtons ici et regardons le soleil se coucher sur Spitalfields.

 

 

Voici l'église d'Hawksmoor la plus émouvante, l'expression la plus forte de son credo de « terreur et de magnificence ». Sa tyrannie de ligne réduit en esclavage les rues avoisinantes, pour toujours dans son ombre. Ses angles trompent le regard. De loin, ils semblent plats mais enflent quand on approche… Sa tour paraît sur le point de tomber en avant, comme un monstrueux cadavre… Son atmosphère enveloppe Spitalfields, elle projette des ombres chinoises sur les esprits de ceux dont les vies se passent en vue d'elle. Quoique Wren avait interdit les enterrements sur les terrains d'églises, Hawksmoor n’obéit pas. Il plongea ses fondations dans les fosses à pestiférés qui sont ici, cherchant cette nourriture dont parlaient les druides…

 

 

...Afin que sa volonté, que sa personnalité codée dans la pierre puisse survivre à travers les siècles. Son âme sans joie imprègne ce lieu. Les Huguenots qui peuplèrent Spitalfields, dont l'indépendance frisait l'anarchie, furent massacrés par des soldats logés ici, dans l'église d'Hawksmoor.

 

 

Prenons Commercial Street, descendons Bishopsgate, Cornhill et Cheapside vers la cathédrale Saint Paul.

 

Parcours que nous venons d'effectuer.

 

Notons nos arrêts précédents sur la carte.

Il y a l'aiguille de Cléopâtre et la maison de Blake à Lambeth (1) ; Herne Hill (2) et St John à Horsleydown (3) ; La tour de Londres (4), l'île aux chiens (5) , puis Christchurch à Spitalfields (6), et enfin St Paul dont nous approchons (7).

 

 



LA CATHEDRALE ST PAUL



 

 

L'époque païenne qui suivit la chute de Rome vit ici un temple de Diane si révéré que les premiers moines chrétiens désespéraient de parvenir un jour à convertir Londres et se plaignaient que « Londres adore Diane et dans les faubourgs de Thorney, on brûle de l’encens à Apollon ». Thorney est aujourd'hui Westminster.

 

 

En 610, le nouveau converti Ethelbert du Kent détruisit le temps de Diane et construisit St Paul, une église du Christ. A l'époque normande, elle brûla et fut reconstruite en cathédrale.

Parlons un peu de St Paul et de la chrétienté.

"Christ" n'est clairement que le dernier avatar du dieu solaire, une incarnation adaptée aux temps modernes. Sa plus grande fête coïncide avec le solstice d'hiver, quand le soleil en hibernation commence enfin son lent réveil. Peut-être aussi une coïncidence, que le Christ meurt, soit mis au tombeau puis ressuscite précisément à l'équinoxe de printemps, le retour de la lumière et de la vie ? Il est le soleil de Dieu : L'imagerie qui revient dans nos hymnes le proclame souvent comme tel… Tandis que nos peintures, nous le représentons avec un disque solaire autour de la tête.

 

 

Apollon,, Bélénos, Aton, le Christ ou Baal, tous le même dieu.

 

 

St Paul, dans le premier épître au corinthien 3:10 déclare : « Comme un maître architecte, j'ai posé les fondements : un autre bâtit dessus ». Ce qui permet à certains d'affirmer qu'il était un architecte dionysiaque. Ce misogyne féroce entra en conflit avec Diane à Éphèse, où ses adorateur l'humilièrent. Voilà sa revanche, Diane enchaînée, son logis reconsacré en son nom. Aussi tard qu'au XIVe siècle, ses animaux sacrés, le daim et la daine, étaient sacrifiés ici en fanfare. Les maîtresses du roi, en pénitence, rodaient dans St Paul la nuit habillées en Diane…

 

 

« La mère de toutes les églises ».

Des femmes enlacent encore ses piliers pour recevoir la fertilité. Après le grand incendie, Wren rebâtit les cinq chaînes de St Paul encerclant son dôme, de même que les anciens enchaînaient les statues de leurs dieux pour contenir leur puissance.

 

 

Voici Diane enchaînée, l'âme de l'espèce féminine contenue dans une toile de signes anciens.

 

 

Et Cette pierre au sol vient sans doute du temple de Salomon, construit par les dionysiaques, le centre du folklore maçonnique. Car Salomon avait conçu un sceau, un symbole magique qui pouvait contenir la puissance en son intérieur, en forme d'étoile, qui n'est qu'un lointain soleil.

 

 

Merci de votre attention !

 

Parcours que nous venons d'effectuer.

 



CONCLUSION



 

Et maintenant, la révélation !

Prenons la carte. Tirons un trait de l'île aux chiens (rond rouge) à Battle Bridge (rond noir) à travers Christ church (rond vert) , Old Street (rond orange) , Bunhill Fields (rond rose), et Northampton Square (rond violet). Ils sont alignés.

Maintenant d'Albion Drive (rond rose pale) à Earl's Court (rond marron) en passant par Northampton Square (rond violet) et St George de Bloomsbury (rond ocre), encore une ligne.

D'Earl's Court (rond marron à l'est) à l'île aux chiens (rond rouge à l'ouest), par Hercules Road (rond bleu ciel), puis par St John d'Horsleydown (rond bleu foncé). Puis, de Battle Bridge (ronc noir) à Herne Hill (rond vert pomme au sud) par Hercules Road (rond bleu ciel) et l'obélisque de Cléopâtre (rond rose clair). Alignés !

 

 

Et enfin de Herne Hill (rond vert pomme au sud) à Albion Drive (rond rose au nord) par Horsleydown (rond bleu foncé), la tour et Christchurch à Spitalsfields (rond vert foncé). Un pentagramme ! St Paul est au centre !

 

 

Notre histoire est déjà écrite, à l'encre de sang de seiche depuis longtemps...gravée dans la pierre.]

 


 

Texte : Alan Moore / Tiré de "From Hell"

 

 

 

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