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The Time of the Doctor: Un épisode parfait en deux défauts
GénéralLe 28 dec 2013
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Attention, article totalement SPOILERS!!! (sur l'épisode en question)

 

Ha! 9èmeart, ça faisait longtemps! "Good to be back", comme dirait l'autre. 


Je pense que personne ici n'est sans savoir que cette semaine, c'était Noël; et que, qui dit Noël dit épisode spécial de Doctor Who! Une belle tradition anglaise comme on les aime !

Sauf que cette année, en plus de la chaleureuse soupe sentant bon la neige, les bonbons et les cadeaux que Moffat, le bien-aimé et bien-talentueux génie qui showrun la série depuis sa saison 5, aime à nous resservir chaque fin d'année, cette année, on a droit à une régénération. En effet, Matt Smith, le fabuleux onzième Docteur (m'enfin, douzième si on compte "Captain Grumpy" - et ce n'est pas sans importance) fait ses adieux à la meilleure série de tous les temps après trois ans de bons et loyaux services (et fez et nœuds-papillons de toutes sortes). 


Un épisode de régénération, ça n'a rien d'anodin. Déjà, c'est le dernier épisode, le chant du signe pour un acteur qu'on a appris à aimer, à chérir, à adorer pendant plusieurs années et tout autant de saisons, et ensuite, c'est le premier regard que l'on pourra avoir – le temps d'un bref instant et d'une vanne ou deux – sur le nouvel acteur qui sera notre nouveau Docteur pour un nouveau paquet d'années, et auquel il va bien falloir qu'on s'habitue. C'est aussi la fin d'une ère et très souvent la réponse à beaucoup de questions, le dénouement des intrigues lancées durant les aventures du Docteur sur le départ. Mais un épisode de régénération, c'est surtout un ascenseur émotionnel entre une grande tristesse mélancolique face à la véritable mort à l'écran d'un Docteur, d'un acteur qu'on ne reverra sûrement pas comme ça avant un bon bout de temps (le prochain anniversaire de la série, quoi, et encore...), puis la joie nouvelle, l'étonnement retrouvé face au grand inconnu qui ressort, bondissant, fou et triomphant des flux dorés de sa régénération.

 

 

Mais comme vous pouvez le comprendre face au titre de ce billet d'humeur, cet article n'est pas un review. En fait, j'ai trop aimé l'épisode pour avoir quoi que ce soit de véritablement nouveau ou intéressant à dire dessus. En un paragraphe, je dirai que c'est le retour d'un Steven Moffat comme on l'aime, habituellement assez maladroit dans l'écriture de ses "Christmas Specials" (trop d'esprit de Noël tue l'esprit de Noël) et aussi légèrement en baisse de forme ces derniers temps ("The Name of the Doctor" était vraiment plat à mon sens), un épisode équilibré sur tous les axes, Noël sans trop de Noël (vraiment parfait de ce côté-là), humour et sérieux, action et intimité dramatique... En plus de ça, "The Time of the Doctor", c'est aussi des performances d'acteur hors-du-commun, des dénouements imprévus, une écriture parfaite, une réalisation proprement magnifique, et un pur cocktail d'epicness nostalgique pour dire au revoir au Docteur aux nœuds papillons.


Enfin, le discours pré-régénération de Matt Smith n'est pas seulement un des meilleurs de l'histoire du show, c'est aussi un monologue d'une véritable beauté littéraire. Parce que la régénération, comme nous l'expliquent Moffat et notre Docteur bien-aimé, ce n'est pas qu'un concept de science-fiction alambiquée, c'est aussi ce qui nous arrive à tous, et il faut l'accueillir à bras ouvert, il faut aller de l'avant tout en se souvenant de tous les gens que l'on a été au cours de nos vies. C'est beau, c'est vraiment beau.

« I will always remember when the Doctor was me »


Cependant, deux choses m'ont gêné dans cet épisode parfait. Oui, il a deux gros défauts, mais il est quand même parfait. Parce que si ces deux écarts m'ont fait sourciller la première fois, au deuxième visionnage, il m'apparaissent juste comme deux moyens de renforcer le story-telling. Sauf que j'étais quand même vraiment pas content la première fois, donc je vais me forcer un peu et vous expliquer pourquoi.


 

Depuis quand est-ce que le Docteur vieillit ?


What ? Whaaaaaaat ? Whaaaaaaaaaaaaaaaat ? (à lire avec la voix de David Tennant) C'était un peu ma réaction quand j'ai vu ça pour la première fois (moins la voix de David Tennant, peut-être). Le Docteur ne vieillit pas. C'est un fait certain et établi, un thème fort de la série. C'est aussi ce qui empêche le personnage de nouer des liens trop forts avec les humains qu'il croise tout au long de ses voyages : tandis qu'eux vieilliront, mourront, pas une ride n'aura marqué son visage. Pour en ajouter une couche, le hasard de la régénération permet au Docteur, neuf-centenaire qu'il est, de se payer des visages au plus fort de leurs vingtaine.

 


 

Matt Smith a toujours su brillamment détourner ce problème. Il a une tête de bébé, et pourtant, quand il veut nous le montrer, il sait emplir ses yeux et son visage de la vieillesse, de la vie et de la mélancolie du Docteur. Il n'y a qu'à voir le monologue à la fin de "The Big Bang" (S05E13) où le Docteur pense être arrivé à sa fin. Il récapitule alors sa vie, sa fuite en avant à bord de la machine qu'il avait emprunté. "J'avais toujours prévu de la rendre" C'est émouvant et c'est frappant de vérité. Un des rares moments de télévision à me donner véritablement envie de pleurer A CHAQUE FOIS que je le regarde. Eh bien, regardez le visage de cet acteur. Vous n'y verrez pas les vingt-six ans de la personne mais bien les neuf cent-trois du Docteur.

 

 

Matt Smith est maître dans l'art de se vieillir par la seule virtuosité de son jeu, et les exemples sont nombreux. Vous pouvez voir la différence entre le Docteur qui fête ses mille deux cent ans et celui qui n'en a encore que neuf cent dans "The Impossible Astronaut" (S06E01). Jamais un visage si enfantin ne vous aura paru si vieux.

 

Alors pourquoi, ô grand pourquoi, se sont-ils sentis obligés d'affubler cet acteur, pourtant si exceptionnel dans la subtilité de la vieillesse du Docteur, de cheveux blancs et de fausses rides? Comme vous avez pu vous en rendre compte en lisant le paragraphe précédent, ce genre de prestation est typiquement l'une des choses que j'admire le plus chez Matt Smith et son Docteur, et c'est exactement le genre de moment que j'aurais aimé voir une dernière fois avant de lui dire au revoir. Au lieu de ça, voilà qu'on nous sert un grimage exacerbé et un Docteur aux airs de vieux gâteux. Alors que le Docteur ne vieillit pas ! C'est toute la saveur du personnage ! Il est âgé de neuf cents ans et pourtant toujours de la force de l'âge.

 

Alors moi, attaché que je suis à la cohérence de ce que je vois, j'ai commencé à faire mes théories. C'est la dernière incarnation du Docteur, il ne peut plus se régénérer ; peut-être que les Seigneurs du Temps commencent à vieillir (très lentement quand même) une fois qu'ils approchent de la mort, dans leur dernier corps. Cependant, l'épisode « The Impossible Astronaut », mentionné tout à l'heure annule totalement cette théorie, puisqu'on y voit tour à tour un Docteur âgé de neuf cents ans et un âgé de mille deux cent ; une différence de trois cents ans qu'aucune nouvelle ride ne trahit, seul le talent évoqué plus haut. Trois cents ans, c'est le temps qu'il a fallu au même onzième Docteur dans "The Time of the Doctor" pour vieillir jusqu'à devenir l'équivalent d'un cinquantenaire aux cheveux grisonnants. Et il ne lui a fallu que trois cents ans de plus pour devenir le sosie gâteux de Doc. C'est incohérent et ça n'a pas de sens, voilà, ça m'a énervé. La ville de Noël a-t-elle des vertus vieillissantes, pour les âmes immortelles en peine ? Je ne sais pas. Ce que je sais par contre, c'est que ce vieillissement contribue véritablement au story-telling et à la tension dramatique de l'épisode, et qu'au deuxième visionnage, je comprends véritablement ce parti-pris d'écriture de la part de Moffat. Mais on ne l'a toujours pas expliqué. Peut-être qu'un Docteur vivant trop longtemps hors de son TARDIS finit par rider, peut-être que c'est le mode de vie casanier qui a eu raison de sa forme physique ; certes, mais personne n'a pris la peine d'essayer de nous l'expliquer.


 

Bon, le deuxième défaut devrait s'expédier en beaucoup moins de lignes...


C'est quoi cette régénération?


En tant que fan de Doctor Who, on aime tous beaucoup ce moment traditionnel de régénération où le Docteur voit des flux d'énergie sortir de ses bras et où le spectateur voit le visage de l'acteur sortant se transformer lentement en celui du nouveau. C'est très cool, et c'est toujours grisant de voir Eccleston se transformer en Tennant, ou Tennant en Smith. C'est un véritable passage de flambeau visuel. The Time of the Doctor nous offre la première partie de la régénération (les flux dorés) avec une grandiloquence, un excès et une epicness qui font plaisir à voir, mais ça m'a semblé vraiment dommage de voir Capaldi simplement "popper" sans la moindre transition, sautant entre deux cuts et cassant tout le solennel de la tradition.

 

En même temps, ça aurait fait redite avec la scène de régénération en haut de la tour, et puis, au deuxième visionnage, c'est vrai que ça renforce vraiment le comique de la situation. Clara est comme le spectateur à ce moment-là : "What the f*ck just happened ?"

 

Encore une fois, comme c'est commun sur ce blog, vous venez de lire un article assez inutile, mais c'est ça un billet d'humeur, non ? J'ai adoré cet épisode plus que tout et ces deux défauts s'évanouissent au deuxième visionnage, mais j'aimerais vraiment savoir, vous ont-ils aussi dérangés ? 

 

Bonus: La première régénération de la nouvelle série (2005). Le Docteur est mort, vive le Docteur!

 

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J'aime écrire tout et n'importe quoi tant que je peux écrire. En fait, j'aime écrire des dialogues et raconter ma vie - de façon un peu romancée pour que ça ait l'air intéressant. 

Sinon, j'aime Doctor Who (depuis peu mais passionnément), le cinéma, Quentin Tarantino (notez la distinction) et la musique (en ce moment et depuis un petit bout de temps, j'écoute du Rock des années 60-70-80, genre Bob Dylan, Led Zeppelin ou les Pixies).

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