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A+A : les Aventures d'Archer et Armstrong, la critique

Comics Le 30 aout
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A+A : les Aventures d'Archer et Armstrong, la critique

L’avis de Arno Kikoo5

On a aimé • Le retour d'un duo déchaîné • Si vous aimez le loufoque
On a moins aimé • Souffre de la comparaison avec la précédente série • Trop de lourdeurs • Déséquilibré graphiquement

Fort du succès de la série Archer et Armstrong orchestrée d'une main de maître par Fred Van Lente (disponible en intégrale chez Bliss Comics), Valiant a relancé une seconde série, achevée en douze numéros. Et si on peut souligner la grosse réactivité de Bliss qui propose l'intégralité de ce second titre, à peine achevé en VO au printemps dernier, la critique suivante rappellera que malgré tout l'amour qu'on peut porter à des personnages, il vaut mieux parfois laisser les bonnes séries reposer plutôt que d'engendrer des suites plus ou moins ratées.

Certes, le terme de "raté" pour démarrer cette critique sera très fort, et je ne voudrais pas donner une mauvaise impression. Les Aventures d'Archer et d'Armstrong n'est pas une mauvaise bande dessinée en soi mais souffre énormément de la comparaison avec la précédente série de Fred Van Lente. Au niveau du scénario, Rafer Roberts reprend le duo des personnages, et de nombreux éléments apportés par le précédent run, et donne une direction plus loufoque à l'histoire.

On ne baigne plus dans des histoires de conspirations de masse (bien que les Soeurs des Ténèbres Perpétuelles ou les 1% soient encore dans les environs) et de grandes épopées temporelles en compagnie des autres frères Anni-PadaObadiah et Aram affrontent des dangers plus absurdes et qui apportent des enjeux beaucoup plus légers de ce qu'on a pu connaître. Ainsi, on plonge dans un premier temps dans la besace sans fond d'Armstrong, pour partir ensuite à la recherche de sa femme, en faisant un détour par un cirque complètement taré. Le tout avec quelques à-côtés avec Mary-Maria, parties des histoires qui plaisent le plus, peut-être parce que plus sérieuses, toutes proportions gardées.

Si on retrouve à la lecture un duo toujours très dynamique, l'écriture de Roberts pêche par une certaine lourdeur. J'évoquais un certain manque d'enjeux dans ses histoires, et même si cela pourra satisfaire à ceux qui souhaitent plutôt un divertissement, ou quelque chose de drôle, il faut avouer que ça ne brille pas des masses de ce côté là non plus. Les situations s'enchaînent et deviennent généralement un sacré bordel - à tel point que même les personnages avouent en perdre le fil - qui en devient au final assez fatigant. D'autant plus que les blagues et l'humour de Roberts ne sont pas des plus raffinés. A titre d'exemple, si on peut apprécier l'utilisation de Bacchus comme ennemi d'Armstrong dans le premier arc, au vu de son amour notoire pour l'alcool, la répétition des gags autour du vomi - et des pets - fait vite bailler d'ennui. Qu'on se le dise, j'apprécie l'humour sous toutes ses formes, et celles les plus régressives également, mais il faut savoir habilement l'utiliser. Ce qui n'est pas ici le cas.

C'est là qu'on en revient à la question de la suffisance de retrouver deux personnages qu'on aime, et leur background si particulier. Il y a toujours l'hédonisme d'Armstrong et son amour de la vie et ses péchés, un Archer bien plus poli, mais qui suit une certaine évolution personnelle (le passage avec Faith est assez appréciable dans sa simplicité, comparé au chaos ambiant). Si vous êtes des fans ardus alors la faiblesse des histoires pourra peut-être passer outre. Mais il faudra aussi compter sur une qualité artistique en demi-teinte ; bien qu'évidemment, tout cela dépende de votre ressenti personnel. Le premier arc par David Lafuente est dans un style hyper cartoony qui ne me convainc pas, et notamment par des dessins trop souvent finis à la va-vite - c'est en tout cas l'impression qui en découle. A l'inverse, la progression dans le tome avec l'arrivée de Mike Norton est plus appréciable ; un trait plus précis et qui profite d'une certaine variété avec d'autres collaborateurs en renfort. Et qu'on ne se le cache pas, là aussi, le titre souffre de la comparaison avec son prédécesseur qui s'offrait Pére Perez ou Emanuela Luppacchino.

C'est peut-être ce qu'il faudra en retenir de principal : si vous avez aimé l'intégrale Archer et Armstrong, il y a de fortes chances pour que ce tome ne vous convainque pas ou vous déçoive carrément. Si on est contents de retrouver ce duo atypique de l'univers Valiant, le ton absurde à l'extrême de Roberts a du mal à prendre, entre des histoires sans grand intérêt et un humour mal mené, et une partie graphique qui a elle aussi du mal à s'imposer. Un petit caillou dans le chemin éditorial de Bliss Comics, à réserver aux fans absolus d'Archer et Armstrong. Pour ceux qui veulent découvrir les personnages, on conseillera largement l'intégrale, bien qu'elle représente un plus gros investissement.

 

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