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Critique

Batman - Année 100, la critique

Comics Le 13 juin 2016
3
par Republ33k
Batman - Année 100, la critique

L’avis de Republ33k9

On a aimé • Une méta-histoire sur Batman • Une enquête passionnante • Des scènes dantesques • Un univers visuel riche...
On a moins aimé • ... Mais qui ne plaira pas à tous

En 2006, le légendaire Paul Pope offrait à Batman une nouvelle relecture de ses aventures et de ses thèmes les plus réguliers avec Batman : Year 100, que le public français découvrirait un an plus tard. Près de 10 ans après, Urban Comics nous offre une superbe nouvelle édition de ce classique, qu'il est bon de relire à l'heure où des Batmen "modernes" fleurissent un peu partout, au cinéma, dans des jeux-vidéos et bien sûr, dans les rayons des comics shops.

Une chose est sûre : quand il s'attaque à Batman : Année 100, Paul Pope a des choses à dire. Tout comme Grant Morrison lors de son run sur le personnage du chevalier noir, Pope prend les années éditoriales de Batman comme un matériau sacré, bien qu'il ne l'utilise pas aussi académiquement que son confrère écossais. La centième année de Batman est ainsi 2039, tout juste un siècle après sa première apparition dans notre monde, dans les pages de Detective Comics #27.

Et cette centaine d'année n'empêche pas Batman de faire face à l'adversité. Un siècle de croisade contre le crime n'a pas suffit, et on se retrouve dans un monde dystopique qui n'a rien à envier à celui de The Dark Knight Returns de Frank Miller, où Gotham semble être une cité laissée à l'abandon par un gouvernement américain corrompu. Pope reprend d'ailleurs l'image anti-fédérale du Batman Millerien pour iconiser son personnage principal, force de la nature inarrêtable et terrifiante.

Le bases de son univers alternatif posé, Pope s'engage dans une relecture permanente de la mythologie du personnage, en jouant sur des images fortes, les constantes de son aventure ou encore en offrant aux lecteurs des explications plus pragmatiques sur la légende du Batman, plus humain et plus bestial que jamais, paradoxalement.

Mais cette lecture méta de l'histoire du personnage dans la pop-culture n'empêche pas Pope de raconter une bonne histoire, qui elle-même corrige d'ailleurs les canons des aventures de Batman à la lumière du monde moderne. Point de grand vilain, juste un gouvernement et des corporations corrompues, et leurs troupes, des compagnies de sécurités privées qui reprennent l'esthétique et le vocabuaire des équipes de football américaines.

Un exemple qui nous mène naturellement vers le trait imparable et reconnaissable entre mille, de Paul Pope. Comme toujours, il ne sera pas du goût de tous, mais si on pardonne son côté à la fois roots et très détaillé, on découvre une Gotham et un Batman plus mythiques que jamais. Chaque case, chaque planche est une claque, et nos personnages profitent d'un charisme fou, offert par le trait très organique du dessinateur.

Paul Pole se donne d'ailleurs les moyens de mythifier comme jamais le Caped Crusader, dans de longues et intenses scènes d'action, parfaitement découpées et composées, qui n'ont pas à rougir devant les plus grands moments de bravoure des films de Burton ou de Nolan. De quoi sublimer cette enquête passionnante au rythme particulièrement savant.

Expérience visuelle doublée d'une excellente (méta-) histoire sur le personnage de Batman, Année 100 est un chef d'œuvre moderne qui trouve, dans cette édition d'Urban Comics (complétée par Batman of Berlin, Broken Nose Teenage Sidekick, des histoires également signées par Paul Pope) un écrin à sa pleine mesure. A ne pas manquer.

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