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Black Eyed Kids Tome 1 : de la légende urbaine au comic-book de qualité

Comics Le 26 fev 2018
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Black Eyed Kids Tome 1 : de la légende urbaine au comic-book de qualité

L’avis de Arno Kikoo8

On a aimé • Une adaptation d'une légende urbaine réussie • L'ambiance horrifique multiple • La maîtrise de Kudranski
On a moins aimé • Prend trop son temps

Après un lancement réussi à l'automne dernier, l'éditeur marseillais Snorgleux Comics nous revient en ce début d'année avec un nouveau titre qui nous vient outre-Atlantique d'Aftershock ComicsBlack Eyed Kids est une proposition horrifique venant de l'un des fondateurs de l'éditeur américain, et scénariste multi-récompensé Joe Pruett, accompagné par l'artiste polonais Szymon Kudranski. Le duo part d'une légende urbaine née dans les années 1990 pour développer un titre angoissant à souhait.

Amateurs de sensations fortes, bienvenue

Quelques recherches en amont de la lecture de ce tome permet de resituer le phénomène des Black Eyed Kids, des enfants aux yeux d'un noir intégral, qui auraient été aperçus à plusieurs reprises aux États-Unis et en Australie. Nul ne connaît leur identité, leurs intentions, certains rapportant une certaine insistance à vouloir rentrer dans les domiciles de ceux qui croisaient leur chemin, et une terreur insoutenable lors de leur rencontre. Sans preuve concrète de leur existence, le mythe s'est construit de lui-même, appuyé par les dires d'un journaliste - qui affirme encore aujourd'hui n'avoir rien inventé, devenant une légende urbaine parmis les plus connues de nos mythes modernes. Pruett s'empare de la chose et nous emmène dans une petite ville américaine où, à la nuit tombée, ces mystérieux enfants apparaissent à différents endroits, annonçant une vague d'atrocités et de violence à laquelle une poignée de citoyens, héros presque anonymes, essaiera d'échapper.

On peut reconnaître une certaine efficacité dans le récit de Pruett, qui nous fait rentrer très vite dans le sujet, et multiplie les moments d'horreur tout au long du tome. Les Black Eyed Kids ne sont pas là pour rigoler, et si les faits montrés sont très violents, on retrouve aussi dans certaines scènes des témoignages rapportés dans notre réalité, qui ont permis la construction du mythe. L'auteur apporte un début d'origine aux kids, des intentions (encore floues), et un véritable background pour densifier ce mythe et faire de ces enfants plus que de simples gamins errants dans les rues sans but. Le fait est qu'il y a vraisemblablement un phénomène de "contamination" qui permet de créer une menace grandissante, et un côté fin du monde qui amène les enjeux à une plus grande échelle que celle présentée au départ. On appréciera aussi une diversité dans les tons de l'horreur, qui se croisent entre le slasher et le home invasion. Un mélange efficace, dont le dessin de Kudranski participe grandement à la réussite.

Seule ombre au tableau : l'intrigue prend beaucoup de temps à dessiner ses contours, et arrivé au bout de cinq numéros, si la tension est palpable, on se rend compte que la progression sur la question de ce que sont les Black Eyed Kids n'est pas bien entamée. Une petite frustration, qu'on espère compensée par une sortie rapide du second tome (qu'on se rassure de ce côté, puisque le titre en est à quinze numéros aux US).

Noir, c'est noir

En effet, ceux qui sont familiers avec le travail de l'artiste lui connaissent déjà son talent pour les histoires de genre, et dans le super-héroïque, son aisance sur les héros les plus dark (que ce soit SpawnBatman ou la mini-série Penguin : Paind and Prejudice). De le mettre sur un titre d'horreur semble alors comme une évidence, notamment pour la maîtrise de son encrage, alors que la majorité des scènes de Black Eyed Kids se déroule de nuit, et dans des décors bien peu éclairés. L'utilisation des aplats de noir permet de dessiner les scènes avec une vraie ambiance et de faire ressortir les personnages plongés dans l'obscurité.

Le noir est essentiel aussi pour les fameux enfants aux yeux sans couleurs, que Kudranski rend inquiétants au premier coup d'oeil (sans jeu de mots), l'intensité de leur regard se mêlant aux émotions sur le reste des protagonistes, que l'artiste arrive là aussi à bien dépeindre. Il faut noter aussi que le format d'album de Snorgleux, plus grand que la moyenne, permet d'apprécier toute la partie artistique  et d'apprécier comment l'artiste joue avec les lumières et les ombres pour insuffler une certaine tension au fil du récit. En résumé, une très jolie performance qui sied parfaitement à l'ambiance de l'histoire.

Black Eyed Kids confirme la pertinence des choix de Snorgleux dans la publication des titres Aftershock. Pour les amateurs d'horreur, Black Eyed Kids transforme une légende urbaine en un récit intense et violent, auquel la patte de Kudranski doit beaucoup dans son efficacité. On pourra regretter de ne pas en apprendre beaucoup sur ces fameux enfants à la fin du tome, mais le plaisir à la lecture est là et c'est le plus important. Vivement la suite ! 

Pour les intéressés, le premier tome est disponible à la commande par là et on vous invite également à vous renseigner chez votre libraire. 

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