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Critique

Black Magick Tome 1, la critique

Comics Le 11 jan
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Black Magick Tome 1, la critique

L’avis de Arno Kikoo8

On a aimé • C'est BEAU • Un mélange polar/sorcellerie prenant • L'écriture des personnages
On a moins aimé • La contextualisation en retrait • La différence de bonus sur les deux éditions

Réputé pour ses écrits qu'ils soient du côté mainstream (Wonder Woman) comme de l'indé (Queen and CountryLazarus), Greg Rucka s'en revient en ce début d'année chez Glénat Comics avec le premier tome de Black Magick. Un récit à la croisée des genres entre polar et sorcellerie, accompagné de la talentueuse artiste Nicola Scott. Une franche réussite pour bien démarrer l'année.

Magie noire et prise d'otages

Rowan Black mène une double-vie. Mais point de cape ou d'autre costume, cette jeune policière préfère faire des réunions avec d'autres femmes, en habits légers au fin fond de la forêt. Elle pratique en effet la sorcellerie, mais pas celle d'Harry Potter. Celle des sorcières façon Nouvelle Angleterre, qu'on retrouve dans un folklore fantastique que les histoires comme Salem ou plus récemment au cinéma, The Witch, continuent d'alimenter. Les sorts nécessitent accessoires et incantations sacrées, dans un contexte que Rucka développe peu à peu, où l'on devine que les praticiennes de la magie ne sont pas seules. Elles doivent faire face d'une part à des créatures ou autres personnes qui en font mauvais usage, et d'autres qui se chargent de les surveiller - ou les chasser.

Tenant jusqu'à présent son équilibre entre son métier et ses pratiques païennes, Rowan voit son quotidien bouleversé lors d'une prise d'otage, pendant laquelle le criminel impliqué semble connaître tous ses secrets. Peu à peu, les rouages d'une certaine conspiration commencent à se défaire, à mesure qu'on alterne entre phases d'enquête et plongées dans les tournants de la sorcellerie imaginée par Rucka. L'auteur s'inspire d'un spiritisme et de croyances réelles, tels qu'on nous l'explique dans l'avant-propos de l'éditrice Jeanine Schaefer. Les qualités d'écriture de l'auteur s'en ressentent à chaque chapitre, ce dernier prenant soin de dépeindre des personnages à la fois attachants et réalistes dans leurs rapports, tout en insuflant une bonne dose de mystère et de magie (noire), pour un titre résolument envoûtant et sombre à la fois. 

Seule ombre au tableau - et encore, ce serait qu'au terme de cinq chapitres (qui constituent la moitié du premier acte de Black Magick), le lore du titre n'est à peine qu'effleuré. Et pour comprendre de quoi l'auteur parle lorsqu'il se réfère à l'Aira ou au Marteau, on sera plutôt content de retrouver quelques bonus en prose qui remontent au XVIe siècle et racontent vraisemblablement les débuts de la lignée Black, à l'époque où leur sorcellerie a pris racine. Il reste malgré tout des zones d'ombres, et l'impression que l'ensemble ne fait que démarrer. Ce qui est une bonne chose pour donner envie de poursuivre la lecture, mais il faudra prendre son mal en patience, la série ayant accumulé quelque retard de l'autre côté de l'Atlantique (elle reprend à peine à l'heure où ces lignes sont écrites).

Un travail artistique magnifique

Énorme point fort de Black Magick, c'est la présence de Nicola Scott, artiste australienne que les lecteurs auront pu admirer très souvent chez DC Comics ces dernières années (haaaa, la période Earth 2...) et qui a collaboré tout récemment avec Greg Rucka, justement, sur l'excellent Wonder Woman Rebirth. Ce qui explique d'ailleurs cette prise de retard pour Magick. L'artiste choisit un parti pris artistique en délaissant le traditionnel crayonné/encrage/couleurs pour un tout à la peinture. Certains traits plus sombres permettent une délimitation des personnages et des objets environnants, le reste se faisant en touches de niveaux de gris qui donnent le relief à l'ensemble. Et sans passer par quatre chemins : le tout est simplement magnifique, et l'on se prend à scruter les planches en détails pour admirer la finesse du trait de Nicola Scott.

Tout en gris donc, les planches profitent d'une allure photo-réaliste délectable, avec quelques touches de couleurs malgré tout, qui font résonnance à l'utilisation de magie. Un choix qui prend tout son sens d'un point de vue narratif, qui apporte une vraie force aux moments choisis tout en accentuant encore plus la beauté des planches concernées. Vous l'aurez compris, il s'agit d'un superbe travail artistique et on ne saurait que trop vous conseiller d'opter pour l'édition collector proposée par Glénat Comics, dont le format agrandi vous permettra d'apprécier encore plus le travail de Nicola Scott.

Deux mots d'ailleurs sur cette édition : elle présente en bonus une interview de Greg Rucka fort intéressante, mais ne compte pas les bonus en prose de l'édition standard, qui ajoutent un relief supplémentaire et vraiment important au récit. On se serait attendu à tout avoir dans le collector, donc pour le second tome Glénat, on préfèrerait que ce soit le cas ! Cela dit, rien ne vous oblige à acheter l'un ou l'autre - ce sera en fonction de votre budget, et dans les deux cas, Black Magick reste une excellente lecture.

Voilà une très belle façon de démarrer l'année que nous propose Glénat Comics. Black Magick est un titre on ne peut plus savoureux. Greg Rucka mêle très bien les genres, distillant par touches de plus en plus importantes des pointes de sorcellerie dans un polar entraînant, servi par des planches magnifiques de Nicola Scott. Que vous optiez pour l'une ou l'autre édition, vous serez partis pour un très bon moment de lecture, soyez en assurés ! Le premier tome est disponible au prix de 17,50 euros.

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