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Critique

Day Men tome 1, la critique

Comics Le 03 nov 2015
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par Republ33k
Day Men tome 1, la critique

L’avis de Republ33k7

On a aimé • Une histoire de vampire intelligente et originale • Les dessins de Stelfreeze • Un univers intriguant
On a moins aimé • Quelques erreurs de narration • Le prix face au nombre de numéros

Les vampires. Voilà un sujet que je pensais inapte à m'intéresser depuis quelques temps déjà. Les quinze dernières années, celle qui ont composée le plus clair de mon adolescence d'ailleurs, nous ont en effet gavé d'histoires impliquant ces êtres aux canines pointues, à tel point que je pensais que tous les angles créatifs et tous les genres y étaient passés. Comme il est bon de se tromper : Day Men, qui s'apprête à rejoindre le catalogue de Glénat Comics, est une excellente surprise.

Les vampires ne pouvant pas se déplacer le jour, ils sont logiquement devenus les maîtres de la nuit. Mais leur influence grandissante sur le monde les oblige à devoir agir 24 heures sur 24, comme n'importe quelle société (du crime) secrète. Pour se faire, ils ont fait de plusieurs humains leurs vassaux. On les appelle les Day Men. Ils se sont montrés dignes de leurs employeurs et maîtres amateurs d'hémoglobine, et executent désormais pour eux divers travaux, qui vont du transport de reliques à la protection rapprochée.

David Reid, personnage au charisme froid, est l'un d'entre-eux. Malgré ses aptitudes assez impressionnantes, à commencer par son maniement de la canne, il sera notre point de repère dans cette histoire qui prendrait presque l'apparence d'un thriller politique impliquant, de temps à autres, des vampires. C'est simple, tout ce que Day Men propose est suffisament frais pour dépoussiérer les codes du genre, tout en nous emmenant dans un territoire familier.

Et si Matt Gagnon - directeur de publication chez Boom! Studios et scénariste amateur - et Michael Alan Nelson, son co-scénariste, laissent s'échapper quelques erreurs de narration assez grossières - dans le déplacement des personnages ou des objets, notamment - l'univers est assez finement ficellé pour nous plonger dans une énième histoire de vampires. Il faut dire que celle-ci prendra un malin plaisir à flirter avec le déjà-vu, comme pour mieux faire briller ses twists.

Ainsi, l'intrigue tournera autour d'un traffic de crocs, qui cache l'émergence d'une nouvelle force vampiresque au beau milieu d'un monde déjà bien partagé entre cinquante familles de suceurs de sang. Menée à bon rythme, cette histoire laisse toutefois au lecteur le temps de monter ses propres petites théories, et de choisir son camp dans ce complot assez typique d'un Game of Thrones et de ses jeux de pouvoirs entre familles.

Du côté des dessins, on retrouve un Brian Stelfreeze plutôt inspiré, lui qui a déjà travaillé sur du Batman (avec Shadow of the Bat) ou encore Birds of Prey. II fait preuve d'une certaine sobriété, tant dans la composition - presque trop sage - et les concepts, mais elle sera finalement bénéfique à l'album, pas très audacieux certes, mais exempt de vrais défauts. On pourrait même trouver à la timidité des designs de Stelfreeze, qui n'en fait pas des tonnes sur ses vampires,  une certaine élégance. En tous cas, c'est un retour en grâce pour le dessinateur, qui avait un temps deserté les planches de l'industrie du comic book.

Nous reste à aborder l'édition de Glénat, qui comme à son habitude, fait du très bon travail avec sa nouvelle mouture. Le papier, la couverture et la fabrication sont du plus bel effet. Hélas, le prix, comparé au nombre de numéros, à savoir quatre, reste excessif : 15 euros 95 pour une série inconnue, même très bien servie, c'est trop. Soyons clairs, l'éditeur n'est pas malhonnête dans sa maquette pour autant. La fin du quatrième numéro appellait à une coupure, et Glénat offre de très nombreuses pages de bonus. Seulement, chez la concurrence, on peut parfois s'offrir le double de numéros pour 6 euros de moins. Dans la plupart des cas, le risque que représente l'investissement dans une nouvelle série est au moins maîtrisé par un prix raisonnable. Et on ne peut pas s'empêcher de penser que le coût de ce premier tome finira par désservir la série Day Men sur le long terme.

Avec ses nombreuses idées et les astuces de son collègue Michael Alan Nelson, Matt Gagnon parvient à dépoussiérer l'univers des vampires avec un certain brio. L'intrigue est simple, mais l'univers est aussi sobre que passionnant. Une série qui mérite d'être découverte, mais qui hélas, risque de se priver de nombreux lecteurs à cause du prix élevé de ce premier tome.

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