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Critique

Deadly Class tome 1, la critique

Comics Le 24 sept 2015
4
par Republ33k
Deadly Class tome 1, la critique

L’avis de Republ33k8

On a aimé • Une métaphore pertinente • un découpage de folie • des passages forts
On a moins aimé • Peut-être un peu trop autobiographique • Un certain manque d'enjeux

Rick Remender est partout. Chez les gros éditeurs, chez les indépendants. En V.O, et en V.F. Urban Comics lui consacre donc un nouvel album très réussi, qui reprend les numéros 1 à 6 de Deadly Class, série d'abord parue outre-atlantique chez Image, et qui est dessinée par le talentueux Wes Craig.

Au contraire des autres séries actuellement écrites par Remender, dont l'excellent Black Science (lui aussi disponible chez Urban Comics), Deadly Class n'est pas de la science-fiction, même si ce premier tome vous propose de plonger dans un univers assez particulier, celui d'une école chargée d'entraîner des adolescents, destinés à devenir les meilleurs assassins du monde. Rien que ça.

Derrière ce pitch pour le moins accrocheur se cache en fait une métaphore étendue sur le système scolaire et ses travers. On le comprend assez vite, même en sautant la préface ou en refermant le bouquin avant la post-face, signée par Remender lui-même. Cette école des arts létaux est en effet un lycée comme les autres, avec ses règles, ses professeurs pas toujours bienveillants et surtout, une sociabilisation crystalisée dans des groupes affinitaires, qui obligent d'éventuels nouveaux arrivant à choisir un camp.

Marcus Lopez, notre héros, n'a l'intention d'en choisir un. Lui qui a délibérement choisi de vivre dans la rue pour éviter l'enfer de l'orphelinat se dirigie donc rapidement vers les marginaux et les laissés pour compte. Il y en a dans toutes écoles, et encore une fois, celle-ci ne fait pas exception. Malgré une toile de fond parfaitement fantasmée, Remender se lance donc très vite dans une critique millimétrée du système scolaire et de ses différents effets sur les étudiants. 

Pour le coup, l'auteur a beaucoup, mais alors, vraiment beaucoup à dire, et on ne s'ennuie pas une seconde, pour peu qu'on ait connu ne serait-ce qu'une heure sombre dans son parcours académique. Avec des situations fictives, Remender évouque des problèmes bien réels, et ses mots sont à peine moins chargés en rage que ceux de son héros. En ressort un texte puissant, qui n'a rien à envier à la noirceur et l'impact d'un Fight Club, par exemple.

Car c'est bien dans ce genre d'ambiances que nous nous trouvons, lorsqu'on parcourt les pages de Deadly Class. Alors qu'il a sa disposition le moins visuels des univers actuellement développés par Remender, Wes Craig fait preuve d'un talent dingue. Dans la reconstitution des années 80' qui accueillent le récit d'abord, et dans la composition, ensuite. Ne répétant jamais la même structure, et reprenant à son compte tous les rebondissements du récit, dont une sacré overdose de LSD.

Le résultat est impressionnant de beauté et d'originalité, et en met plein la rétine, que les scènes aient des airs de monologue, de road movie ou d'actionner. Une vraie expérience de lecture qui donne à la création de Remender un charme certain. Car si les critiques de l'auteur sont pertinentes, elles ont le défaut de leur qualité.

Ainsi, les enjeux du récit, et ses rebondissements, finissent par glisser au second plan, et la rage de Remender prend le dessus. Si l'histoire reste passionnante à suivre, on sent le scénariste moins inspiré par les événements que par ce qu'ils représentents, et le final de ce premier album ne trompe pas, puisque Remender y sacrifier un climax pour une nouvelle réflexion sur les dangers du système scolaire.

Ce que Deadly Class perd en enjeux, il le gagne en impact. Les critiques sont acerbes, les mots font mouche, et les dessins maintiennent un rythme haletant. Ce premier album, malgré des défauts certains, est donc une nouvelle réussite pour l'auteur de comics le plus passionnant du moment, récompensé par une édition française impeccable, à découvrir chez Urban Comics dès vendredi prochain.

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