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Deathstroke Rebirth Tome 1, un relaunch qui fait le plus grand bien

Comics Le 09 mars
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Deathstroke Rebirth Tome 1, un relaunch qui fait le plus grand bien

L’avis de Arno Kikoo8

On a aimé • Une intrigue complexe et travaillée • Slade Wilson sous son meilleur jour • La narration particulière à Priest
On a moins aimé • Le dessin pas toujours attrayant • Il faut domestiquer le récit

Ennemi du Chevalier Noir et des Teen Titans grandement popularisé ces dernières années avec des apparitions successives dans les jeux Batman : Arkham, dans la série Arrow, en animation et sur grand écran, Deathstroke a péché ces dernières années dans sa version papier. Les auteurs passés s'étaient surtout concentrés sur un côté badass en toute démesure. En résultaient des titres avec un côté série B fort sympathique, mais qui n'allait pas bien loin, et participaient à l'image un poil beauf que se colle le personnage de nos jours. Fort heureusement avec le premier tome de ses aventures sous le relaunch Rebirth, tout change.

Vous aurez certainement déjà entendu parler du nom de Christopher Priest si vous suivez ARTS - l'auteur ayant notamment écrit le meilleur run de Black Panther (on en parlait à l'écrit et aussi en vidéo ces derniers temps). Quand DC Comics lui propose de reprendre Deathstrokel'auteur sort d'une longue période hors du domaine des comics, et va revoir le personnage à sa base, comme le veut tout bon relaunch qui se vaut. DeathstrokeSlade Wilson de son vrai nom, n'est pas qu'un expert en combat et maître des armes à feu, c'est un ancien militaire, devenu mercenaire. Et qui offre donc ses services. En résulte une intrigue qui mêle habilement action et politique, intérêts personnels et conflits de plus grande envergure, où l'on aborde les problèmes de guerre civile en Afrique, d'interventionalisme, de dark web.

Et dans le même temps, l'un des points les plus intéressants de Slade Wilson, c'est son histoire personnelle. Entre un fils mort parce qu'il n'a pas su le protéger, un autre dont la gorge a été tranché et rendu muet par la suite, une ex-femme qui lui a causé la perte de son oeil ou une fille illégitime, on peut parler sans pincettes d'une véritable famille dysfonctionnelle, que Priest nous fait découvrir dans un récit à la narration qui sort des conventions. On alterne entre séquences passées, présentes, mais sans véritable structure, les flashbacks se multipliant pour faire écho à l'intrigue présente (et le rapport au temps s'explicitant aussi via le premier ennemi présenté dans cet ouvrage).

Qu'on se le dise, la lecture n'est pas aisée pour un premier abord, et il faudra apprendre à dompter le style de Priest, qui n'utilise pas véritablement de structure en arc narratif. C'est à dire qu'il n'y a pas un début, un climax, une fin, et le départ d'une nouvelle aventure. L'ensemble est continu, dans une sorte de ligne droite qui ne s'arrête jamais, et qui invite donc à aller poursuivre le récit dans le prochain tome. Tome qu'il faudra garder en mémoire, puisque tout élément présent à une page peut servir des dizaines de pages plus loin (et ce n'est pas prêt de s'arrêter). C'est une forme de complexité à saluer, qu'à titre personnelle je trouve géniale - et qui a valu une nomination aux Eisner Awards à Priest, on suppose que ce n'est pas pour rien.

Reste pour la partie graphique une alternance principale entre deux artistes, que sont Carlo Pagulayan d'un côté, et Joe Bennett de l'autre. Les deux oeuvrent dans un style mainstream qui garde quelques traces du style façon début années 2000 et qui peut sembler daté par moments. Le dessin de Pagulayan est très solide, à la fois dans le trait et dans la composition des planches, et on saluera la performance à rendre en dessins un script qui ne doit pas être évident. Du côté de Bennett, on se penchera plutôt vers une mention "correct", mais vous aurez compris à cette review que si Deathstroke est si bon, c'est en premier lieu pour ce que Priest a su en faire. Et il mérite donc toute votre attention.

Loin des précédentes séries B, le Rebirth de Deathstroke aura été plus que profitable au personnage. Priest retrace son portrait en allant au fond de ce qui en fait son essence, sous un jour moderne, et avec une forme de narration entraînante, quoique difficile au premier abord. L'un des titres les plus solides de l'écurie DC parmi ses outsiders, et une version du personnage à découvrir absolument pour qui croit que Slade Wilson, c'est juste un mec balèze avec des guns et des sabres.

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