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Critique

Dimension W - Tome 1, la critique

Comics Le 19 fev 2014
3
par Alfro
Dimension W - Tome 1, la critique

L’avis de Alfro7

On a aimé • Un récit dynamique • Des personnages convaincants • De belles promesses pour la suite
On a moins aimé • Trop tributaire envers ses influences • Un début trop didactique

Ki-oon est bien décidé à fêter dignement ses dix ans. Parmi toutes les opérations exceptionnelles qu'ils ont préparé pour cette année, comme le tremplin manga, ils avaient aussi annoncé l'arrivée en grandes pompes de nouvelles séries, comme ce Dimension W. Est-ce que ce titre fera honneur à cette décade passée dans le monde de l'édition ?

"On ne peut plus distinguer un androïde d'un humain à l'œil nu !"

Dans l'histoire qu'installe Yuji Iwahara dans son premier volume, on retrouve énormément de thèmes chers à la science-fiction et aux mangas d'anticipation. On sent que l'auteur est allé glaner dans les œuvres qu'il aime pour les retranscire dans cette série. Son précédent titre à succès, Le Roi des Ronces, étant un manga d'horreur, il fait ici une volte-face et s'attaque à un nouveau genre. En description, Ki-oon avait comparé ce manga à Cowboy Bebop. Ils ne pouvaient guère avoir plus raison tant l'influence est perceptible à chaque page. Par l'ambiance déjà, ce futur qui ressemble à notre époque avec des différences notables, comme les coils, une source d'énergie inépuisable et propre qui a radicalement changée la face du monde. On retrouve aussi un personnage anachronique, à la manière Spike Spiegel, forcément très doué en arts martiaux. Même le personnage secondaire du Grillon semble copié trait sur trait sur Edward. La référence à l'œuvre de Shin'ichirô Watanabe est appuyée, parfois trop. Ce n'est d'ailleurs pas la seule œuvre convoquée ici, on retrouve ainsi plusieurs pistes vers Gunnm ou Ghost in the Shell, voire même Lupin (le bonhomme est vraiment fan de Watanabe visiblement).

Heureusement, il a autre chose à nous proposer qu'un tour guidé de ses influences, et arrive peu à peu à s'en éloigner pour proposer une histoire originale. Il installe un univers cohérent à l'aide d'une narration dynamique. Il se balance ainsi entre explications un peu lénifiantes et parfois anti-climatiques au possible, on aurait aimé qu'il glisse discrètement les informations sur les coils ou les androïdes au lieu d'en faire des pavés de monologues absolument pas vraisemblables, et un scénario qui avance pied au plancher, alternant combats stylisés et moments de tension. Il n'en oublie pas d'installer une relation entre ses personnages, et même celle qui lie le héros Kyoma à celle qui va changer sa vie, Mira, est plus travaillée et profonde qu'il n'y parait. Nous ne sommes pas dupes et nous savons très bien que le premier développe un sentiment protecteur envers la seconde, qu'il déclare pourtant détester. C'est classique, mais cache une blessure qui rend le tout intrigant et intéressant.

"Le moment est mal choisi pour réagir comme une humaine !"

À vrai dire, il est bon que le premier volume ne se résume pas à son seul arc d'introduction. Trop classique et allourdi par des explications sur un univers qui aurait pu se découvrir progressivement et de façon plus naturelle, il n'est qu'un amoncellement d'intrigues qui sont amenées à être développées par la suite. Pourtant, le second arc démarre, avec son histoire de voleur spectaculaire et maudit, le bien-nommé Loser, sortant tout droit d'un film de cape et d'épée, la technologie en plus. Iwahara nous dévoile la folie et l'originalité dont il est capable en prenant le contrepied de l'atmosphère tragique qui ne faisait que monter auparavant. Ici, c'est une mission presque aberrante dans laquelle se lancent les deux récupérateurs de coils. En plus de cette bouffée d'air frais, l'auteur fait avancer son fil rouge de façon plus subtile et se permet le luxe d'introduire un antagoniste qui va lui permettre de se lâcher dans le grand spectacle.

Car graphiquement, à défaut d'avoir une patte très originale, il a un trait solide. Surtout, il excelle dans la mise en page et les cadrages. Le rendu de ses scènes est toujours bien pensé, et quand le moment vient d'être dynamique, il sait se lâcher et avec un sens aigu du mouvement, il délivre un spectacle foisonnant tout en restant clair, comme s'il avait digéré les meilleurs cadrages de l'animation pour les restituer sur papier. D'ailleurs, les dernières pages de ce premier volume sont intensément frustrantes, on arrive à un moment qui est purement jouissif, qui promet un prochain chapitre tout en fun et énergie, et on est prêt à se jeter sur le second volume de suite. Il faudra pourtant attendre la suite (qui sort le 10 avril) qui promet beaucoup et s'annonce comme étant le vértiable commencement pour vraiment déterminer si l'on tient là une série à la hauteur de ses intentions et des influences dont elle est parsemée.

Dans un premier temps, on sent donc que l'auteur est englué par l'univers qu'il souhaite présenter et les influences qui le composent. Il arrive cependant petit à petit à s'en détacher et aborde un univers de SF original et pas dénué de fantasies. Il réussit à délivrer une histoire d'anticipation avec du fond mais qui n'oublie cependant pas le fun sur le chemin de ses ambitions. Un vrai bon point tant cela semble rare aujourd'hui. Tellement qu'on est curieux de voir le deuxième volume pour achever de se faire un avis.

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