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Critique

Evil Empire - Tome 1, la critique

Comics Le 09 fev 2016
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par Republ33k
Evil Empire - Tome 1, la critique

L’avis de Republ33k7

On a aimé • Un propos politique bien mené • Verbeux mais poignant • Des rebondissements bien construits
On a moins aimé • Peut-être trop bavard • Les dessins inégaux

Ce n'est pas la première fois que Glénat Comics s'intéresse de près à un titre BOOM! Studios. Après Day Men et Dead Letters, l'éditeur français nous offre la traduction d'Evil Empire, qui comme ses prédécesseurs, nous prouve que cette maison d'édition américaine est pleine de ressources.

Création de Max Bemis (chanteur de Say Anything) Ransom Getty et Andrea Mutti, Evil Empire est une série aux saveurs indépendantes, qui n'est pas sans rappeler les bons titres d'un certain Image Comics. Un parfum qu'avaient déjà Dead Letters et Day Men, mais contrairement à ces deux séries, Evil Empire s'avère assez constitant pour marquer les esprits.

Il faut dire que le titre a pour lui un sujet sans doute plus impactant, lorsqu'il est bien traité : la politique, qui sera ici explorée à travers ceux qui l'exercent et ceux qui la dénoncent. On assistera ainsi à la rencontre inattendue entre Reese Greenwood, star du hip-hop engagée et un jeune candidat à la Maison Blanche. Une idylle qui nous mènera à un complot politique américain des famille, le plus costaud depuis XIII, si on devait le comparer à une série franco-belge.

Partant de cette relation amoureuse pour le moins complexe, l'auteur va développer un propos cynique sur l'état de la démocratie aux Etats-Unis, fait de twists et de rebondissements plutôt bien sentis. D'un point de vue narratif, Evil Empire sera donc intriguant, et pour peu que le sujet vous intéresse, vous finirez vite dans les filets du scénariste, qui développe une réflexion intéressante sur le libre arbitre, qu'il étire sur deux époques.

La première, la nôtre, qu'il saisit dans toute sa perverse complexité, et la seconde, un quart de siècle plus tard : celle d'un empire américain fondé sur une violente anarchie. C'est en jonglant avec les deux aspects de son histoire que Bemis parvient d'ailleurs à maintenir le rythme de son histoire, quelque peu malmené par une intrigue un rien bavarde.

Pouvait-il en être autrement ? Nous parlons de politique après tout. Et Max Bemis, contre toute attente, parvient à préserver le fil de sa pensée dans une quantité assez impressionnante de dialogues et de séquences très verbeux. On notera au passage la qualité de la traduction, qui rend honneur aux mots du scénariste et apporte un soin tout particulier à la fluidité de la lecture. Ca n'a l'air de rien comme ça, mais c'est essentiel pour une histoire comme celle d'Evil Empire, qui sera dirigée par son intrigue et ses personnages plus que par ses scènes d'action, rares mais maîtrisées.

Il sera difficile d'en dire plus sur le scénario sans vous priver de quelques (belles surprises) aussi faut-il embrayer sur les dessins de Ransom Getty et Andrea Mutti. Le premier artiste est à mon sens plus inspiré que le second, mais dans l'ensemble, leur trait assez industriel donne à la série un aspect qualitatif et accessible. Il a néanmoins le défaut de ses qualités dans le sens où le découpage d'Evil Empire reste très, peut-être trop, académique. Mais l'association du scénariste et des dessinateurs donnant naissance à de grandes scènes et de puissants page turners, on peut attendre de belles choses de la série à l'avenir.

S'encanailler avec la politique est un exercice complexe et qui peut trop facilement tourner à la parodie. Seulement, Max Bemis à des choses à dire et travaille pour les faire entendre. Les transitions narratives et les rebondissements sont plutôt bien ficellés, et soutenus par un dessin très correct, qui font de cet Evil Empire la nouvelle belle suprirse du catalogue de Glénat Comics. Un éditeur qui semble avoir trouvé son identité au contact de nombreuses œuvres engagées.

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