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Critique

Green Arrow - Tome 1, la critique

Comics Le 12 jul 2014
3
par AlexLeCoq
Green Arrow - Tome 1, la critique

L’avis de AlexLeCoq7

On a aimé • Une narration décomplexée • Andrea Sorrentino au top • Quelques bonus dans l'édition
On a moins aimé • On sent (déjà) le rapprochement avec Arrow

Après un lancement plutôt discret au sein des New 52 lors du relaunch de 2011 fomenté par DC Comics, Green Arrow a eu le droit à un nouveau départ en février 2013 en changeant son équipe créative au profit de Jeff Lemire et Andrea Sorrentino au 17ème numéro. Aujourd'hui, sans passer par la case Krul/Jurgens (dieu merci), Urban Comics permet de découvrir le premier arc des deux artistes dans Green Arrow - Tome 1.



Avec l'arrivée de la série Arrow sur la chaîne CW, DC Comics voyant le vent tourner pour le héros vert a décidé de lui donner un souffle nouveau. Ainsi, le scénariste Jeff Lemire s'est vu confié la lourde de tâche de relancer le titre sans véritablement repartir de ses origines. Le Canadien décide donc d'utiliser un ressort de scénariste simple mais efficace puisqu'il détruit Oliver Queen pour le reconstruire. Celui-ci perd sa société Queen Industries et, pour en rajouter une couche, se retrouve accusé du meurtre du dirigeant de l'entreprise portant son nom. Devenu un véritable paria en moins de temps qu'il ne faut pour l'écrire, Ollie doit alors enfiler son costume de Green Arrow dans le but de découvrir qui est derrière ce sale complot.

Encore un petit jeune de DC Comics lors de son arrivée sur le titre, Jeff Lemire démontre tout son talent de story-telling sur la série et décide de ne pas s'encombrer de superflu pour donner à son histoire un rythme frénétique. Le tout appuyé par des dialogues écrits avec justesse et qui vont toujours droit au but sans se perdre dans un surplus verbeux inutile. Et ça tombe bien, puisqu'une narration aussi nerveuse colle parfaitement avec la fuite d'Oliver Queen. L'Archer n'a pas le temps de s'arrêter sur les détails et on le ressent. Pour autant, la deuxième partie de ce tome de Green Arrow permet, après une introduction dans les règles, de poser les bases d'une intrigue beaucoup plus complexe qui mélange ésotérisme et histoire ancienne de la famille Queen. Très urbain dans son approche, le titre permettra tout de même de voir du pays et notamment de se rendre en Vlatava pour découvrir la version New 52 du Comte Vertigo. Ses origines sont d'ailleurs elles aussi traités dans l'un des meilleurs numéros du Villains' Month (l'événement DC de septembre 2013 consacré aux méchants de son univers) présent sur tome, Green Arrow #23.1.



Mais si cette mouture de Green Arrow est aussi agréable à parcourir, c'est grâce au talent de l'artiste italien Andrea Sorrentino. Dans un style sombre qui rappelera parfois les traits de Jock ou de son voisin David Aja, le dessinateur réussit à accorder ses crayons au rythme soutenu mis en place par Jeff Lemire, notamment grâce à un travail de mise en page très précis. Ses planches sont toujours découpées de la manière la plus dynamique possible, permettant de toujours avoir l'œil sur l'élément majeur de chaque case. L'homme excelle d'ailleurs dans l'art de mettre en scène les combats et on sent qu'il prend un malin plaisir à dessiner l'arme fétiche de son héros, l'arc et ses flêches qui fusent. Certaines splash pages sont incroyablement cinématographiques et rendent la lecture du titre jouissive. Mais ce n'est pas seulement dans l'action que l'Italien est maître puisqu'il offre un travail sans faute lors d'un chapitre psychédélique dans lequel Oliver Queen se retrouve drogué malgré lui (et après, on vient faire la leçon à Speedy !). Malheureusement, si Andrea Sorrentino est irréprochable sur la majeure partie de l'œuvre, les baisses de forme sautent tout de suite aux yeux sur de rares pages.

Clairement, Green Arrow est un titre calqué pour avoir l'originalité du Hawkeye de la maison d'édition d'en face, qui brille depuis le début de sa parution. Mais l'équipe créative à l'œuvre sur la série du héros de Star City réussit tout de même à faire de cette première partie de run une œuvre beaucoup plus sombre et plus urbaine que celle de son double violet de chez Marvel. Plus basique dans sa narration, Green Arrow se lit aussi facilement qu'on regarde un écran et ce n'est pas plus mal. Si Jeff Lemire est un excellent scénariste, le titre calque souvent sa narration sur le schéma d'une série TV : un flashforward en début d'épisode suivi d'un retour en arrière pour arriver à la situation de départ. Green Arrow semble d'ailleurs vouloir se rapprocher du show de la CW puisqu'un certain personnage d'Arrow viendra pointer le bout de son nez. En VO, le comic-book sur l'Archer Vert sera d'ailleurs écrit dès le mois d'octobre par Andrew Kriesberg et Ben Sokolowski, respectivement producteur et scénariste de la série TV. Un choix visiblement pas anodin de la part de DC Comics.



Green Arrow - Tome 1 est un excellent point de départ pour suivre les aventures du héros à la capuche vert, même pour les néophytes. Jeff Lemire livre une narration décomplexée mise en images avec brio par le talentueux Andrea Sorrentino. Si ce n'est pas encore le cas, je vous invite d'ailleurs à foncer sur Green Arrow: Année Un d'Andy Diggle et Jock déjà sorti chez Urban Comics qui vous permettra de découvrir les origines du personnage qui décoche plus vite que son ombre !

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