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Critique

Green Lantern Rebirth Tome 1, la critique

Comics Le 07 jan
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Green Lantern Rebirth Tome 1, la critique

L’avis de Arno Kikoo7

On a aimé • Le retour aux sources bien opéré • Venditti arrive à créer une porte d'entrée... • Visuellement solide et imaginatif
On a moins aimé • L'action au détriment du fond • ... mais on sent qu'il y a plein de non-dits

Pour attaquer le début d'année Urban Comics continue de proposer en librairie les titres Rebirth de DC Comics, certains inédits, d'autres pré-publiés dans les différents kiosques de l'éditeur. Il s'agit de cette seconde catégorie pour ce premier tome de Green Lantern, qui reprend les sept premiers numéros du titre Hal Jordan and the Green Lantern Corps ainsi que le one-shot estampillé Rebirth censé présenter l'univers aux nouveaux lecteurs. Si les ventes n'en sont pas toujours le témoin, les Green Lanterns ont une certaine fanbase en France, et ce premier tome devrait satisfaire ceux qui ont longtemps attendu d'avoir des publications régulières depuis la fin de l'ère Geoff Johns - et l'annulation du kiosque Green Lantern Saga.

Un retour aux sources classique et (plutôt) efficace

Ne nous étendons pas sur l'historique de publication de Green Lantern en France ces dernières années pour faire face à un autre problème, lié à la longue histoire du personnage, et le développement de l'univers qu'a connu ses personnages pendant de longs numéros sous la plume du scénariste Geoff Johns. Le run du scénariste n'avait pas été remis à zéro même lors du passage aux New 52 (DC Renaissance) et après avoir quitté le titre, c'est Robert Venditti qui en a pris les commandes, tentant de continuer avec plus ou moins de succès de développer l'univers des Lanterns et des différents anneaux existants, avec dans les dernières phases des propositions surprenantes.

Hal Jordan devient un renégat pour sauver l'honneur du Corps et utilise un gant plutôt qu'un anneau pour son pouvoir ; le Green Lantern Corps disparaît dans d'autres pans de l'univers, laissant vacante la place de police spatiale dans le DC Universe. Comment faire alors pour aborder simplement les personnages sans perdre de temps à tout remettre en contexte ?

La réponse est dans la simplicité. Tout comme l'ensemble de l'initiative Rebirth, l'idée est de faire une sorte de retour aux sources. Venditti va au plus direct en proposant d'emblée une opposition entre Hal Jordan et son plus grand ennemi, Sinestro. Mais aussi en ramenant le reste du Corps dans l'univers actuel, en faisant fi - ou presque - de tout ce qu'il s'est passé auparavant. La technique reste assez efficace, la portée de l'affrontement permettant de faire oublier de nombreuses questions que les nouveaux arrivants pourraient se poser, mais il faut aussi se laisser aller à la lecture de cet ouvrage en acceptant que de nombreuses choses se sont passées sans qu'on soit au courant. 

Robert Venditti propose alors de se concentrer sur les principaux membres du Corps : Hal Jordan et sa fougue, ce dernier devenant encore plus puissant qu'auparavant ; John Stewart, nouveau chef de bande et tacticien hors-pair ; Guy Gardner, tête brûlée et beauf assumé... et ceux du clan d'en face : Sinestro et sa fille Soranik Natu, principalement. Les présentations sont faites, et on pourra aller de l'avant par la suite. Et pour l'histoire, on a un combat du bien contre le mal, pas extra-ordinairement original, mais qui sait rester efficace.

Le scénario a en effet quelques nouveautés pour les lecteurs habitués de l'univers ; le fait d'avoir un Sinestro vieillissant (pour un moment, du moins) ; ou l'idée que le Sinestro Corps soit devenu la nouvelle force spatiale après la disparition des Green Lanterns. C'est d'ailleurs une idée qui est laissée trop en retrait au final, le discours totalitaire de Sinestro n'étant pas forcément tourné autrement qu'une simple démonstration de force, sans les idées pourtant intéressantes qui s'en dégagent. Malgré huit numéros, on opère plutôt dans une succession de grosses scènes d'action qui empêche l'histoire et de se poser, et d'aller au-delà de son côté blockbuster divertissant. Mais pour ramener les lecteurs à cet univers, ça n'en reste pas moins convaincant, Venditti ayant déjà montré ailleurs qu'il sait se débrouiller dans le cosmique un peu bas du front. Certains pourront en revanche ne pas apprécier la conclusion en multiples cliffhangers, qui met l'emphase sur le côté "à rallonge" de cette intrigue.

Un duo artistique au taquet

Comme pour beaucoup de titres RebirthDC Comics a su mettre des artistes efficaces sur le lancement de ses séries. Et c'est aussi le cas pour Green Lantern, qui écope de dessinateurs non seulement reconnus dans leur style mainstream, mais également habitués à cet univers. Ethan Van Sciver ayant imprimé sa marque lors du run de Geoff Johns et ne s'étant jamais éloigné de ces personnages depuis. Personnellement, la préférence ira à son compère, Rafa Sandoval, qui a un trait présentant les personnages de façon moins longiligne, mais on reconnaîtra que les deux sont une belle force de proposition pour les scènes d'action spatiales.

Que ce soit dans les différents membres des Corps de Green Lanterns ou de Sinestro, dans l'utilisation de la volonté ou la peur pour créer toutes sortes d'objets et de créatures via les anneaux, Van Sciver et Sandoval font preuve d'une certaine imagination. Ils laissent souvent la place à des pages pleines ou des double-pages pour illustrer la puissance des protagonistes. Comme dans un blockbuster, il y a de quoi en prendre plein les mirettes, d'autant que les couleurs très vives, propres à ce genre de titre, alimentent cette impression de grand spectacle. Comme on l'exprimait auparavant, ceux qui recherchent un peu plus de subtilité seront moins à l'aise, mais le travail graphique est là. Tout dépendra donc de ce que vous recherchez.

Green Lantern Rebirth Tome 1 se présente comme une bonne entrée en matière, Robert Venditti épargnant la longue continuité du personnage (sans l'éliminer) pour aller à l'essentiel. On présente les personnages principaux, on fait un gros affrontement contre l'ennemi principal, tout en instaurant quelques petites nouveautés. L'ensemble se laisse suivre comme un gros film d'action, peut-être un peu longuet pour ce qu'il raconte, mais dont le spectacle reste plaisant pour les yeux grâce aux travaux des artistes en place. Pour un début, ça reste honnête dans le registre, il faudra attendre un peu plus de finesse pour la suite. Green lantern rebirth tome 1 est à retrouver chez Urban Comics au prix de 17,50 euros

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