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Critique

Isola, la nouvelle claque graphique et onirique de Brenden Fletcher et Karl Kerschl

Comics Le 03 mars
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par LiseF
Isola, la nouvelle claque graphique et onirique de Brenden Fletcher et Karl Kerschl

L’avis de LiseF8

On a aimé • De magnifiques ambiances • Deux héroïnes qui pètent la classe • Des dessins d'animaux splendides
On a moins aimé • Un rythme un peu trop rapide et pas toujours clair

La semaine dernière est sorti le premier tome d'Isola, un comics indépendant de Brenden Fletcher et Karl Kerschl publié aux États-Unis chez Image. J'attendais la série avec impatience, ayant beaucoup apprécié Gotham Academy sur lequel on retrouvait le duo, mais aussi L'abominable Charles Christopher de Karl Kerschl, Prix Eisner de la meilleure bande dessinée en ligne en 2011. Et l'attente n'a pas été vaine puisque ce premier tome est une belle réussite.

Une guerrière et une tigresse

L'histoire s'ouvre sur un duo pour le moins atypique : une guerrière et un tigre noir aux rayures bleues translucides cheminent au coeur d'une forêt. La guerrière est aux petits soins pour le tigre, lui parle en le vouvoyant, et fait bien attention à ne pas lui manquer de respect. C'est normal, puisque ce n'est pas un tigre mais la reine Olwyn. Victime d'un maléfice, cette dernière cherche un moyen de se libérer de cette forme animale qui la rend muette, et la met en danger face aux braconniers. Rook, sa protectrice, est son seul espoir pour trouver une solution.

Ensemble, elles ont décidé de se rendre à Isola, là où vont toutes les âmes. Elles sont persuadées que dans ce lieu magique, elles trouveront un moyen de soigner Olwyn afin qu'elle puisse remonter sur le trône. Mais leur voyage ne sera pas de tout repos : elles devront éviter les chasseurs, prendre garde aux amis qui deviennent des ennemis, et se confronter aux Moro, un peuple très étrange qui parle aux animaux. Sans compter qu'Isola est un lieu bien mystérieux, que certains considèrent comme un mirage...

Une histoire de légende

Sur la quatrième de couverture, Urban Comics évoque les légendes arthuriennes ou encore Princesse Monoké du studio Ghibli, comme références aux auteurs. C'est vrai qu'il y a de ça dans Isola : l'histoire se lit comme une légende, où l'on peine parfois à distinguer le rêve de la réalité. Rook elle-même, l'héroïne de l'histoire, fait des rêves traumatisants et voit un renard qui la guide lorqu'elle est dans le doute. Quant à Olwyn, elle fait face à de nouvelles sensations, se découvre un nouvel instinct sous son apparence de tigresse. Des sentiments qu'elle ne peut pas partager avec Rook...

Pour retranscrire cet univers parfois complétement onirique, Karl Kerschl est tout indiqué. Les animaux en particulier, sont à la fois très expressif et très mystérieux : il l'avait déjà prouvé de Charles Christopher, mais on sent que c'est sa spécialité. La tigresse est tout simplement magnifique, conservant des attitudes et des postures de reine malgré la malédiction dont elle est affligée. Les couleurs ne sont pas en reste, avec des ambiances très travaillées qui donnent l'impression de contempler les concept arts d'un film d'animation. Une frustration quand même : dans les bonus à la fin de l'ouvrage, on découvre un design de Rook colorisé à l'aquarelle, et c'est TRÈS beau. Ça donne envie de voir un album entier ainsi, mais c'était probablement beaucoup trop chronophage.

Côté scénario, Brenden Fletcher envoie du lourd. Les deux héroïnes sont attachantes, et plausibles dans leurs imperfections. Rook est terriblement humaine, persuadée d'être responsable du drame qui est en train de se produire. Elle est constamment en train de se remettre en question, et ça la bloque dans son évolution. Difficile d'en dire plus sans spoiler, mais le scénariste a réalisé un beau travail côté représentation, avec notamment deux héroïnes qui ne sont pas blanches. Pour ma part, j'ai simplement été perdue dans certaines cases où l'action se déroule un peu trop vite, mais ça ne m'a pas empêchée de savourer la beauté de l'oeuvre dans son ensemble.

Pas de doute, Isola démarre fort ! C'est magnifique, palpitant, et bourré de mystères. Quel plaisir de retrouver le duo Brenden Fletcher/Karl Kerschl : ces deux-là forment un binôme hyper efficace. Le premier tome est disponible chez Urban Comics au prix de 10 euros.

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