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Critique

La Cité Sans Nom - Tome 1, la critique

Comics Le 24 avr 2017
4
par AlexLeCoq
La Cité Sans Nom - Tome 1, la critique

L’avis de AlexLeCoq7

On a aimé • Les personnages • La dimension politique
On a moins aimé • Les dessins inégaux • l'attente jusqu'au tome 2

Publié l’année dernière chez First Second, cette maison d’édition indépendante américaine qui réussit toujours à dénicher des titres aux grandes qualités, La Cité Sans Nom de Faith Erin Hicks arrive cette semaine chez nos bouquinistes français avec un premier tome très prometteur qui tombe à pic en ces périodes d’élection.



Intriguant dès ses premières pages, La Cité Sans Nom transporte dans un univers fictif fortement inspiré du Japon féodal dans lequel une énorme cité a été bâtie. Et si cette ville est si importante, c’est qu’elle permet d’accéder à la mer avec, comme seul accès, un énorme gouffre creusé artificiellement à même une montagne par ses premiers habitants. De part sa position hautement stratégique, la cité est le centre névralgique de toutes les guerres du continents et n’a eu de cesse de changer de dirigeants au cours de l’Histoire. Son surnom vient d'ailleurs d'ici car la ville, nommée Daidu au moment du récit, change de nom au fur et à mesure de ses conquêtes successives. Seuls les habitants restent, contraints de vivre leur vie et de s’adapter au fur et à mesure que les dirigeants se succèdent.

C’est dans ce contexte que nous suivons les aventures de Kaidu, un jeune Fils du pays Dao, qui arrive dans la cité alors contrôlée par son peuple pour en devenir l’un des défenseurs. Rapidement, le jeune homme va découvrir toute la beauté de la ville mais aussi tout ce qu’elle recèle de plus noire. En effet, passé le palais, place forte du gouvernement Dao, Kai découvrira bientôt une ville remplie par un peuple abandonné. En effet, pris en otage entre les luttes de pouvoir contre cette cité, ses natifs y sont laissés à l'abandon par les gouvernement successifs qui, prétextant vouloir aider le peuple, oublient rapidement leurs engagements pour entrer en guerre contre leurs ennemis. Laissant ainsi les victimes de leurs conflits vivrent avec les conséquences non-voulues des combats dont ils sont les premières victimes.



Naïf mais intelligent, Kai va découvrir un monde nouveau et fera rapidement une rencontre qui va l’obliger à repenser son rapports aux autres. La finesse de cette œuvre est de créer un point de vue totalement humanisme sur l’aspect politique et d’aborder le concept de symbiose entre les habitants et leur représentant. Ce qui affecte les uns finira par avoir une influence sur les autres et il est primordial de travailler ensemble vers un but commun que pour son intérêt propre. Ce premier tome est pourtant très introductif et permet de poser les bases d’une suite mouvementée avec une nouvelle ère pour la Cité Sans Nom qui ne se fera évidemment pas sans douleur et sans sacrifices.

Si l’œuvre de Faith Erin Hicks est aussi agréable à parcourir, c’est aussi grâce à son coup de crayon très dynamique qui n’est pas sans rappeler le style de Bryan Lee O’Malley. Malheureusement, la canadienne souffre aussi rapidement de la comparaison puisque son style est parfois moins convaincant sur ses personnages et son découpage, finalement assez classiques malgré le dynamisme de son récit. Pour autant et même si les détails manquent parfois, elle arrive à retranscrire à la perfection l’immensité de sa Cité Sans Nom.



Si la Cité Sans Nom - Tome 1 est un immanquable, c’est grâce à la légèreté avec laquelle elle arrive à lier une intrigue d’aventure avec deux jeunes héros qui vont grandir avec le lecteur tout en présentant un contexte politique beaucoup plus profond et intelligent qu’il n’y paraît au premier abord. À mettre entre toutes les mains, ce premier pavé de Faith Erin Hicks permettra à chacun d’y trouver son compte tout en offrant une relecture intéressante. Nous attendons maintenant la suite avec impatience en espérant qu’elle saura continuer d’inspirer un souffle d’espoir sur le monde.

Sortie le 26 avril.

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