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La Grande Epopée de Picsou Tome 5 : la critique

Comics Le 20 jan
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par Republ33k
La Grande Epopée de Picsou Tome 5 : la critique

L’avis de Republ33k8

On a aimé • De beaux dessins • Une double lecture • L'humour au top
On a moins aimé • Des scénarios parfois indigestes

Cette semaine, j'ai eu l'occasion de replonger en enfance en m'égarant dans les pages du cinquième tome de La Grande Epopée de Picsou, un recueil des meilleures histoires écrites et dessinées par Don Rosa, l'un des dessinateurs cultes ayant travaillé sur le canard, qu'il a ramené sur le devant de la scène dans les années 1990.

Dans cette chouette édition, calquée sur sa maquette américaine, Glénat nous propose pas moins de treize histoires dans l'univers délirant de Picsou, Donald, Fifi, Riri et Loulou. De quoi lire donc, mais aussi de quoi rire, car vous vous en doutez, il n'y a pas d'âge pour répondre à l'humour très cartoonesque de Don Rosa, qui utilise à merveille l'art séquentiel et l'anatomie canardière pour ses gags.

Mais jusque là, pas de grandes surprises : je me souvenais de l'humour inhérent aux aventures des canards. Ce que je ne connaissais pas, en revanche, c'était l'énorme double lecture, si ce n'est triple voire quadruple, des histoires de Don Rosa, qui font justement toute la saveur de ses écrits.

"Vous ne serez jamais heureux car vous cherchez toujours un moyen de compliquer vos vies égoïstes"

Si les récits sont largement inspirés des grands poncifs de la science-fiction, comme le voyage dans le temps ou au centre de la Terre, on découvre dans chacun d'eux des réflexions plus ou moins matures sur notre monde. Don Rosa ayant fréquenté les milieux hippies et leurs idées alternatives, il faudra s'attendre à des critiques sur l'argent en général, et le capitalisme en particulier : Picsou étant la traduction directe de la figure de l'oncle Sam par Disney, rien n'est plus facile pour l'auteur, qui s'amuse à railler le monde qui l'entoure via ses canards.

Pour le coup, le capitalisme en prend pour son grade, mais toujours avec humour et subtilité. Don Rosa fait preuve d'un tact assez exemplaire, et s'intéresse à des déviances pointues plutôt que d'hurler à tout va "les patrons c'est comme les cochons".  A travers ses loufoques aventures, Don Rosa va ainsi traiter de sujets aussi variés qu'avant-gardistes (du moins pour l'époque) comme la responsabilité environnementale des entreprises, l'ingérence géopolitique des Etats-Unis, la condition ouvrière et j'en passe et des meilleures.

Les histoires se révèlent donc particulièrement denses à la lecture, Don Rosa empilant les niveaux d'intrigues et de réflexion les uns sur les autres. Il est le premier à le reconnaître dans cette chouette édition qui le laisse commenter ses propres histoires : ses scénarios sont souvent bien trop compliqués. Entre la critique, l'aventure et la culture, car Don Rosa met un point d'honneur à nous cultiver, on risque l'indigestion. Bien heureusement, les dessins de l'artiste, au demeurant impeccablement beaux, nous maintiennent captivés. Surtout lorsqu'il s'amuse avec l'art séquentiel, comme dans l'épisode "Un Problème sans Gravité" l'un des plus réussis de l'album.

En définitive, ce cinquième receuil des aventures de Picsou est à mettre entre les mains des plus jeunes et de leurs aînés, qui profiteront de superbes dessins, d'un humour savant et de réflexions inspirées. Il est grand temps de se replonger dans ses aventures canardières, certes drôles, mais aussi de plus en plus pertinentes sur notre triste monde.

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