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Critique

Lazarus - Tome 1, la critique

Comics Le 17 avr
2
par Sullivan
Lazarus - Tome 1, la critique

L’avis de Sullivan7

On a aimé • Rucka et Lark au niveau... • Une édition de qualité et un prix correct
On a moins aimé • ... Mais en mode automatique • Trop court pour devenir suffisamment riche

Bien décidé à relancer sa ligne Comics après "l'ère Rivière", Olivier Jalabert a mis les petits plats dans les grands pour son arrivée chez Glénat Comics et propose aujourd'hui en lancement en grandes pompes et en trois temps, avec d'abord l'excellent Sex Criminals, suivi par la très bonne surprise Drifter et, dans son sillage, une valeur sûre signée Greg Rucka et Michael Lark. Suffisamment solide pour faire du transfuge d'Ankama le sauveur attendu par la BD américaine chez Glénat ? C'est ce que nous verrons, malgré une première petite déception

Lazarus, c'est cette (énième) série Image Comics forte d'un casting All-Star dont Alfro était tombé amoureux il y a de longs mois. Proposant une (énième) lecture post-apocalyptique des USA, le titre nous présente l'histoire de deux familles qui règnent en maîtres sur ce qui reste du continent Nord-Américain, fortes de leurs armes les plus fatales : les Lazares. Fabriqués de toutes pièces (sans que leur origine ne soit pour l'instant totalement développée), ces êtres anthropomorphes vivent une vie en apparence normale, malgré leur condition de pièce violente sur un échiquier qui ne l'est pas moins. C'est ainsi que nous découvrons notre héroïne, monitorée par sa "famille" et experte en destruction massive. Celle-ci va être amenée à servir les intérêts des uns et des autres au sein de sa propre organisation, mais peut-être même au-delà. C'est d'ailleurs ici que Greg Rucka pêche une première fois : avec son talent, le titre est évidemment excitant. En revanche, le scénariste se contente du strict minimum au-delà de son premier numéro bourré de finesse(s) et qui contient parfaitement la richesse supposée de son univers, avant de se perdre dans une décompression malvenue, des twists déjà vus et une action loin de nous embarquer par manque d'empathie pour les personnages. On mettra tout de même à son crédit l'envie et l'ambition de relire une nouvelle fois Roméo et Juliette dans un monde post-apocalyptique sous la forme de Cyborgs invincibles, mais c'est malheureusement trop maigre et trop convenu pour faire de Lazarus un titre à mettre sur la même marche que Saga, Descender, Black Science, Sex Criminals et les autres chefs d'oeuvres Image d'ex-auteurs stars de Marvel et DC.

Du côté du dessin, Michael Lark semble marcher dans les traces de son collègue. Puissant, précis et passionné au départ, l'artiste perd de sa superbe à mesure que le titre avance / pâtine, et c'est presque un Lark méconnaissable qui termine ce premier recueil, qui gagnerait à se découvrir avec sa suite. C'est carré, c'est pas mal du tout, mais est-ce vraiment suffisant ? Clairement pas, surtout vu la pléthore d'offres indépendantes ces derniers temps.

Enfin, du côté de l'édition, on applaudit évidemment le soin apporté par Glénat à son titre, eux qui prouvent être l'un des éditeurs qui soigne le plus ses bébés malgré ses volumes conséquents. Petit bémol : les premiers numéros reliés de titres images sont d'ordinaires vendus 10$ aux USA, une politique reprise ici par Urban Comics et ses 10€, sans faire d'émule au delà de la maison Média Participations. C'est un détail, mais un détail qui vous coûte le prix d'un Kebab en fin de soirée. 

Sans être décevant grâce au talent inné de ses deux auteurs, Lazarus se révèle être une jolie coquille vide, une fois son introduction passée. Greg Rucka n'y semble pas plus inspiré que Michael Lark, et les deux artistes se contentent de nous dérouler une histoire aussi efficace que convenue. La bonne nouvelle, c'est que l'offre est désormais assez grande pour faire de Lazarus un petit titre d'appoint, à ranger entre les autres chefs d'oeuvres venus d'Image Comics. Tel que Sex Criminals, par exemple. 

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