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Motor Girl : quand les extraterrestres débarquent, faites confiance à Samantha

Comics Le 29 aout 2018
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par LiseF
Motor Girl : quand les extraterrestres débarquent, faites confiance à Samantha

L’avis de LiseF8

On a aimé • Une héroïne très bien construite • Un récit captivant
On a moins aimé • Les décors sont assez peu travaillés

Terry Moore est un habitué de la maison Delcourt : on l'y retrouvait pour Strangers in Paradise, Echo ou encore Rachel Rising, et c'est une nouvelle BD scénarisée et dessinée par l'auteur qui a débarqué la semaine dernière : Motor Girl ! Il s'agit là d'une belle intégrale de 200 pages où on découvre le personnage de Samantha, et son pote... Un gros gorille humanoïde.

Le soleil tape dans le désert américain

Samantha a vécu bien des épreuves : la jeune femme est allée combattre au front, ce qui est en soi une expérience traumatisante. Mais en plus, lors de sa dernière mission elle a été capturée par l'ennemi, prise en otage et torturée pendant plusieurs mois. Brisée, elle vit désormais dans une casse auto où elle travaille, au fin fond du désert. Elle ne voit pratiquement personne mis à part son meilleur ami, un gros gorille du nom de Mike.

Mais quelque chose cloche avec Mike : dans un monde qui semble à peu près logique, où la guerre existe et les gens ont besoin de faire réparer leur voiture, il ne devrait pas y avoir de gorille humanoïde qui porte un tee-shirt et qui boit du coca zéro. D'autant plus que Libby, la propriétaire de la casse est peut-être la seule personne qui se soucie de Sam, ne voit pas Mike. Les choses se compliquent encore plus lorsqu'une soucoupe volante s'écrase dans le désert et que deux extraterrestres en sortent, bien embêtés par leur panne de vaisseau...

Sam, une héroïne si réelle

Terry Moore est donc de retour avec une nouvelle héroïne badass : les personnages féminins forts, on l'a vu précédemment dans sa bibliographie, il adore ça. Le problème qui peut parfois se présenter lorsqu'on tente de créer un personnage féminin fort, c'est de lui attribuer les codes de la virilité : le protagoniste est fort, ne fait pas dans la dentelle et manque de sensibilité. Typiquement, Brienne dans Game of Thrones est un bon exemple (même si j'adore ce personnage). Mirion Malle l'explique d'ailleurs très bien dans son blog. Ici à mon sens, le travers est complétement évité.

Samantha est forte et téméraire. Elle se défend très bien toute seule, est capable de réparer des voitures et a servi dans l'armée. Mais elle présente aussi des faiblesses : depuis son retour aux États-Unis, elle souffre d'un syndrome de stress post-traumatique qui a fait de sa vie un cauchemar et lui cause de violentes migraines. Bref, c'est une héroïne bien écrite, ET bien dessinée pour couronner le tout. On s'attache très vite à elle, mais elle reste plausible.

Quant au récit, il est si fluide qu'on dévore tout d'un coup : les extraterrestres débarquent, suivis de près par de curieux hommes en noir qui tiennent absolument à acheter le terrain de la casse. Tous les éléments sont réunis pour une de ces fameuses intrigues à l'américaine à base d'objets volants non identifiés et de zone 51. Il faut juste s'habituer au trait de Terry Moore, où les aplats et les décors sont peu nombreux pour donner la priorité aux personnages et à leurs mouvements.

Après lecture de la preview, je croyais bêtement que Motor Girl serait un one shot humoristique. On en est loin : même si les traits d'humour ne manquent pas, l'album est avant tout une histoire touchante et même triste sur le syndrome de stress post-traumatique et l'importance de s'écouter. On en ressort bouleversé. L'album est disponible chez Delcourt au prix de 20 euros.

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