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Plongez dans les entrailles de New York avec Julia Wertz

Comics Le 27 juin 2019
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par LiseF
Plongez dans les entrailles de New York avec Julia Wertz

L’avis de LiseF7

On a aimé • De très belles façades • Des anecdotes croustillantes et improbables
On a moins aimé • Peu de pages de BD • Un peu redondant à la longue

En avril dernier on apprenait que les éditions L'Agrume publieraient un nouvel album de l'autrice américaine Julia Wertz : Les entrailles de New York. Cette nouvelle m'a particulièrement enthousiasmée, puisque je suis une grande fan de l'autrice : j'ai dévoré plusieurs fois L'Attente infinie et Whiskey & New York. C'est pourquoi j'attendais avec impatience ce nouvel album. Après lecture, je l'avoue, parmi tous ses albums que j'ai lus, c'est celui que j'ai le moins aimé. Mais ça reste un livre passionnant !

Des potins et des enquêtes improbables

Si L'Attente infinie et Whiskey & New York étaient des oeuvres autobiographiques, il n'en est rien pour Les entrailles de New York. Certes, l'autrice se met en scène mais c'est surtout l'histoire de New York que nous suivrons. Oubliez de Guide du Routard, ici ce sont les entrailles, pratiquement au sens figuré, de la ville que nous allons explorer...

Les anecdotes contenues dans cet album sont totalement improbables, parfois drôles, parfois surprenantes, toujours inattendues. Julia Wertz s'est par exemple lancée dans une histoire des logements les plus chers de la ville, entre penthouses aux fenêtres immenses et anciennes casernes de pompiers rénovées en maisons. À l'inverse, elle a aussi exploré les appartements miteux et minuscules où les nouveaux arrivants, lors de la création de la ville, s'entassaient par dizaines. Mais ce sont aussi des histoires de personnes : sur plusieurs pages, elle nous propose une liste ainsi qu'une courte histoire des choses inventées dans la grosse pomme. Et toute une double-page est consacrée à Madame Restell, l'avorteuse méprisée de la cinquième avenue...

Une autrice hors-normes

Si j'adore le travail de Julia Wertz, je trouve rarement quelqu'un avec qui en parler en France. Peut-être que c'est son trait un peu simple parfois, ou alors son ton extrêmement cynique, qui la rend moins accessible. De mon côté, c'est précisément ce que j'aime dans son travail. Du cynisme, Les entrailles de New York n'en manque pas. Il n'y a que Julia Wertz pour nous raconter l'histoire de Bottle Beach, la plage où on trouve les déchets les plus anciens de la ville, ou pour consacrer toute une enquête à l'histoire de l'entretien de la voirie à New York.

Au fil de notre lecture on engrange les savoirs incongrus, et on rit parfois aussi. Même si le ton et les anecdotes m'ont plu, j'ai trouvé la lecture un peu longue : les pages de BD laissent trop souvent la place aux très gros pavés de textes, avec parfois malheureusement les fautes de frappe et d'orthographe. Les dessins de façade, déjà très beaux dans Whiskey & New York, sont captivants mais extrêmement nombreux et parfois un peu redondants.

En tant que fan de Julia Wertz, j'ai donc une pointe de déception en découvrant cet album. Pour autant, j'ai adoré découvrir une foule d'anecdotes croustillantes sur New York, mettant en lumière une facette qu'on montre très peu généralement. Les entrailles de New York est disponible chez L'Agrume au prix de 29 euros.

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