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Critique

Roche Limit - Tome 1, la critique

Comics Le 08 fev 2016
2
par Republ33k
Roche Limit - Tome 1, la critique

L’avis de Republ33k6

On a aimé • Un polar spatial bien ficelé • Un rythme bien mené • Des moments vraiment touchants • Les dialogues
On a moins aimé • Trop nébuleux • Une construction qui se répète • Les fonds sont vides

Eldorado créatif des auteurs de comic books, Image Comics est la maison derrière des séries au moins aussi cultes que celles des Big Two, comme Saga ou Descender, et qui les dépassent souvent largement en termes de qualité. Glénat Comics a mis la main sur l'une d'entre-elles, Roche Limit, qui a su faire parler d'elle outre-atlantique. Reste à savoir si cette notoritété est à la hauteur de l'événement ou non.

La réponse à cette question est pour le moins complexe. Même après la lecture des cinq premiers chapitres de cette histoire, compilés dans ce premier tome par Glénat Comics, difficile de trancher sur Roche Limit. Il faut dire que la création de Michael Moreci (Hoax Hunters, Burning Fields) et Vic Malhotra (X-Files) est pour le moins déroutante. Histoire de science-fiction comme il en existe des dizaines chez Image, Roche Limit mélange polar burné et SF un poil technique pour lentement glisser vers quelque chose de plus émotionnel voire onirique.

Il faut reconnaître au scénariste un certain talent pour installer l'ambiance de sa colonie spatiale - qui donne son nom à la série - très éloignée de la Terre, aussi bien géographiquement que culturellement. Lieu anarchique et ravagé par une drogue qu'on appelle le Recall, Roche Limit symbolise parfaitement ces mégalopoles américaines qui étaient jadis synonymes d'espoir et de progrès. Et l'intrigue assez sombre de Moreci, teintée de dialogues très efficaces (et parfaitement rendus par la traduction, ce qui est très important) parvient à nous maintenir en haleine.

Seulement, il y a quantités d'information à digérer dans ces chapitres, comme nous le prouve leur structure elle-même. Tous s'ouvrent sur les derniers mots d'un célèbre explorateur spatial, avant de se poursuivre sur une sorte de diapositive et d'enfin nous offrir l'intrigue principale, qui sera toujours bouclée par un élément en prose, comme une fausse publicité ou une coupure de presse fictive, par exemple. Multiplier les formes de narration est un excellent moyen d'asseoir un univers, c'est certain. Mais force est de constater que Moreci nous laisse à peine le temps de rentrer dans son univers qu'il nous assaille déjà d'images, de symboles et d'indices.

La lecture de Roche Limit en souffre. Et tous les détracteurs d'une science-fiction trop "intellectuelle" pourront passer leur chemin. Pourtant, pour peu qu'on s'accorche, l'intrigue développée par Moreci s'avère toujours plus intéressante. Le rythme est maîtrisé, de même que les références au polar, et on se retrouverait vraiment scotchés s'il n'y avait pas tout cet enrobage autour de l'histoire principale. Ce qui n'empêchera pas cette dernière de toucher le lecteur, d'ailleurs, en témoigne une fin plutôt forte en émotions, et très juste.

Très nébuleux, le concept derrière Roche Limit a donc du mal à être compris par le lecteur, qui sera attaqué par un trop plein d'informations tout au long de cet album. Hélas, les dessins ne lui serviront pas non plus de point de repère. Si Vic Malhotra sert l'ambiance du titre en dépeignant une science-fiction presque trop réaliste, le dessinateur manque de précisions et laisse la grande majorité de ses fonds vides. Ironiquement, cela renforce l'ambiance dépouillée et troublante du titre, mais on ne peut s'empêcher de noter une certaine faiblesse visuelle. Un peu dommage pour une histoire de science-fiction.

Heureusement, Glénat Comics redresse admirablement la barre avec une édition toujours aussi qualitative, en forme d'écrin sur-mesure pour Roche Limit. Le travail de l'éditeur est très appréciable, même s'il ne comblera pas entièrement les faiblesses de cette histoire.

Trop confus pour être accrocheur mais trop intéressant pour être considéré comme un mauvais titre, Roche Limit est sans doute l'un de ces comic books indépendants qui se cherchent, qu'il convient de réserver aux curieux et aux aficionados du genre en attendant d'en savoir plus. Reste une édition toujours impeccable de la part de Glénat et quelques mystères prometteurs.

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