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Critique

Silver - Tome 1, la critique

Comics Le 06 jul
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par Republ33k
Silver - Tome 1, la critique

L’avis de Republ33k8

On a aimé • L'ambiance pulp maîtrisée • L'excellent découpage • La richesse du monde • Les personnages
On a moins aimé • Quelques éléments paraissent anachroniques • Parfois un peu bavard

Si son nom évoque tout de suite les Etats-Unis, Stephan Franck est aussi un artiste bien de chez nous, qui a eu la chance de travailler sur des films comme Le Géant de Fer ou Moi, Moche et Méchant après être tombé dans les comics et l'animation étant petit, comme nous tous ou presque. Et il y a peu, il revenait dans un autre média sur le territoire français, avec la sortie chez Glénat du premier tome de Silver, un comic book qu'il avait d'abord lui-même édité via sa propre maison, Dark Planet, montée aux Etats-Unis, où l'auteur s'est installé.

Mais au juste, de quoi parle ce Silver ? Confortablement installée dans l'univers du Dracula de Bram Stoker, mais 40 années plus tard, l'intrigue nous raconte les péripéties d'un certain James Finnigan, parfait archétype du gentleman cambrioleur qui va se frotter à des vampires dans un dernier casse en forme de mission suicide. Un cocktail qu'on pourrait croire assez simple mais qui est plein de fougue, sans doute grâce à la passion non-dissimulée de l'auteur pour les pulps des années 1930.

Tout, des dialogues aux dessins en passant par l'ambiance, d'une manière plus générale, renvoie en effet à cette littérature aussi riche que réjouissante. On retrouvera donc dans ce premier tome de Silver de vrais morceaux de films Noirs dôpés aux répliques d'une série B mais aussi des reliques mystérieuses à la Indiana Jones ou encore un trait accrocheur, d'un noir et blanc aussi élégant que pertinent. Il suffit donc d'apprécier l'aventure avec un grand "A" et les mystères en tous genres pour plonger dans cet album, qui hélas, est enveloppé dans une couverture assez trompeuse, qui ne rend pas honneur au contexte de la série.

Qu'à cela ne tienne, Stephan Franck nous gâte à l'intérieur des pages de ce premier tome, qui épate par son découpage dynamique et jamais répétitif, comme si l'auteur s'imposait de surprendre ou d'émerveiller à chaque planche, ce qui est toujours particulièrement appréciable. On se sent donc chouchoutés, d'autant que le trait de l'artiste n'est pas sans rappeler le dynamisme de l'animation. Si vous aimez les BD qui ont l'impact visuel d'un grand film, on ne saurait donc que trop vous recommander la lecture de ce premier tome de Silver.

L'album n'est cependant pas dénué de défauts. Certes vont de pair avec le respect et l'amour du Genre, comme un monologue intérieur parfois très bavard, qui nous en dit presque trop sur le monde de Silver. D'autres sont moins visibles, comme le look de certains lieux ou de certains personnages, qui paraissent parfois anachroniques, vis à vis du contexte - encore une fois, on vous renvoie à la couverture. Mais il ne s'agit là que de petits heurts que les lecteurs pardonneront volontiers tant l'aventure proposée par ce premier tome est appréciable.

S'il ne paie pas de mine de prime abord, Silver est un comic book comme on les aime. Fort d'un dynamisme visuel certain et d'une compréhension totale des codes du Pulp, qu'il ne se contente pas d'appliquer bêtement, ce premier tome nous propose un vrai grand-huit qui ravira les fans de films d'aventure et de vampires. Une jolie surprise, qui mérite qu'on lui donne sa chance !

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