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Critique

Southern Bastards tome 1, la critique

Comics Le 30 mars 2015
2
par Republ33k
Southern Bastards tome 1, la critique

L’avis de Republ33k7

On a aimé • Le sud plus vrai que nature • Des dialogues percutants • Une symbolique inspirée • Le petit prix des Urban Indies
On a moins aimé • Un certain manque d'enjeux • Un peu commun

Dans le sud des Etats-Unis, on crache du tabac à chiquer, on fume clopes sur clopes, on allume les barbecues dès que possible et on aime matter le football avec une bonne bière entre les mains. Du moins, c'est un peu la représenation faite de cette région si particulière par la culture populaire. Une vision que Southern Bastards va s'employer à corriger ou à valider dans la centaine de pages qui composent ce tome un.

Pour le coup, la lecture de cet album se vit comme un saut sans filet dans les Etats-Unis des rednecks et de leurs habitudes. Originaire du sud du pays, Jason Aaron, scénariste, restitue ici tous les archétypes de cette région à la réputation crasse, où on se bat pour un rien entre deux matchs. Tout y est, tout y passe, et rien ne nous est épargné, de la violence gratuite à la poussière des rues en passant par l'équipe de football locale, pleine de brutes sans cervelles. Parfaitement rendue par les écrits et les dialogues de l'auteur, cette ambiance choque autant qu'elle séduit, et nous pousse à dévorer cet album en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. Dans la veine de Scalped, la côté perché en moins, l'auteur nous livre donc une galerie de personnages hauts en couleurs.

De véritables gueules qui sont parfaitement interprétées par les dessins de Jason Latour, qui donne vie à ces rednecks typiques, qui vont de la serveuse de diner au sheriff en passant par le jeune paumé du coin. Avec un certain talent, l'artiste qui a travaillé sur Wolverine et l'adaptation en comic book de Django Unchained sert parfaitement le récit mystérieux mais accrocheur de Jason Aaron, dans une atmosphère de western moderne, particulièrement appréciable pour les fans du genre.

A quatre mains, les auteurs revisitent donc le sud des Etats-Unis, mais aussi les liens qui nous attachent à nos terres natales, un thème plus général qui parlera à une plus large majorité des lecteurs. Peut-on vraiment se débarasser de ses origines ? Une question à laquelle Southern Bastards entend répondre, et pas forcément par la positive, comme nous le montre le destin semé d'embûches de notre héros.

Seulement voilà, pour quiconque aura mangé beaucoup de culture populaire à l'américaine, cet album sera un peu commun. On y reconnaît fatalement du Tarantino, du Eastwood, des western, des comics et des films indépendants, tous fascinés par les terres du sud des Etats-Unis. Ajoutez à cela une histoire de retour aux sources teintée de vengeance, et vous obtenez une intrigue séduisante mais un peu banale.

D'autant plus que les enjeux sont plutôt limités dans ce premier tome : il faudra attendre les dernières pages de l'album pour comprendre où va l'histoire et mettre en perspective ses événements. Un twist assez audacieux, mais qui oblige l'histoire à être un peu creuse.  On se rattrapera heureusement sur les différents sujets abordés par l'auteur, dont l'un des plus vieux de la fiction, le rapport au père, qui fait toujours son petit effet, quelque soit votre background en termes de culture populaire.

En somme, Southern Bastards est une histoire bien construite dans sa narration, écrite comme visuelle, et qui se laisse prendre en main facilement, mais qui manque sans doute d'un peu de challenge et d'originalité. A défaut, cet album propose une plongée totale dans le sud des Etats-Unis qui ne laissera personne indifférent.

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