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Critique

Spider-Man : Retour au Noir, la critique

Comics Le 30 avr 2014
1
par Alfro
Spider-Man : Retour au Noir, la critique

L’avis de Alfro6

On a aimé • Un Spider-Man plus sombre • L'histoire avec Eddie Brock • Clayton Crain
On a moins aimé • Il manque le début de l'histoire • Tout ne se vaut pas • Todd Nauck

Puisque The Amazing Spider-Man 2 sort aujourd'hui au cinéma, il aurait été dommage de ne pas aller voir directement à la source : les comics. Surtout que Panini a eu la bonne idée de republier quelques histoires importantes du Tisseur, dont ce Retour au Noir.

"Si la guerre est finie, il reste des batailles à disputer."

Pour bien comprendre ce volume, il faut replacer les événements dans leur contexte (ce que Panini n'a malheureusement pas fait). Ainsi, ces épisodes se déroulent juste après Civil War, qui n'aura pas été tendre avec Peter Parker. Il a révélé son identité au monde entier et est désormais pourchassé comme un criminel à cause de sa prise de position, et un sniper a tiré sur Tante May qui est depuis entre la vie et la mort. Un sale temps pour le Tisseur, qui dans sa déprime récupère son costume noir. D'où le nom ce la période. Mais attention à ne pas se tromper, ici il ne s'agit pas de la série principale de J. Michael Straczynski mais des titres parallèles Friendly Neighborhood Spider-Man et Sensational Spider-Man.

De plus, il manque un gros bout de l'histoire et il faudra du temps pour raccrocher les wagons et comprendre ce que c'est que cette histoire de Spider-Man de l'an 2211. D'ailleurs, tout le run de Peter David est assez anecdotique, par rapport au reste de ce qu'il a pu faire sur le personnage s'entend. On peut facilement résumer cela par : Spider-Man broie du noir, il s'en veut, il culpabilise et tout le champ lexical du martyr peut y passer. Ce n'est pas mauvais, loin de là, David étant quand même un fin observateur de ses contemporains, ses dialogues sont souvent justes et les relations entre ses personnages assez complexes pour être crédibles. En témoigne ce duo improbable entre Spider-Man et L'Homme-Sable, ou la relation tumultueuse faite de non-dits qui unit l'Araignée à J.Jonah Jameson. La série de David est dessinée par Todd Nauck, qui, s'il est un très bon portraitiste, n'a pas une grande virtuosité dans le découpage de ses planches. Ce qui n'aide pas.

"La souffrance humaine est un des mystères."

Là où ce volume prend tout son sens c'est dans la série écrite par Roberto Aguirre-Sacasa. Assez ironiquement d'ailleurs, puisqu'à l'origine, il s'agissait d'une série créée pour les plus jeunes qui a soudainement changé de public (mais pas de numérotation) pour montrer un Peter Parker en proie au doute. Là encore, il est sous le coup d'une profonde déprime, mais il va découvrir que certains sont encore plus bas que lui. Ainsi, nous avons le droit à une histoire avec Eddie Brock qui est de haute volée. Ce dernier est atteint d'un concert dû à Venom qu'il a porté trop longtemps. Comble du malheur, il entend toujours la voix du symbiote. Voix qui le pousse dans des retranchements toujours plus sombres. Ce qui va permettre à celui qui a aussi été scénariste pour la télé de réfléchir à la différence qui existe entre faire le mal et être le Mal. Forcément la question de la rédemption n'est jamais loin.

Pour Eddie Brock certes, mais aussi pour Peter Parker qui va, dans un épisode magistralement illustré par Clayton Crain (qui n'avait alors pas encore décidé d'assombrir à l'extrême ses dessins), rencontrer Dieu. Ou un mec dans le genre. Surtout que celui-ci ressemble à l'un des punks qui squattaient le CBGB dans les années 70-80. On est loin du doyen barbu. Là, il va se confronter à sa culpabilité, sa quête de rédemption et sa responsabilité. Le point fort de cet épisode, c'est qu'il permet à Peter d'embrayer de ses réminiscences du passé vers un futur qu'il peut enfin envisager, à partir de cette prise de conscience : "On est comme du plancton, flottant sur l'océan à la merci de forces qu'on ne peut pas contrôler".

Ce Marvel Select permet de retrouver une période de Spider-Man qui n'est pas forcément l'une des plus classiques, mais reste intéressante, surtout qu'elle précède tout juste One More Day. De plus, le run de Roberto Aguirre-Sacasa recèle quelques instants de grâce et confirme qu'il a toujours été trop sous-estimé par l'industrie des comics.

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