Critique > Superman - Tome 1, la critique
Critique

Superman - Tome 1, la critique

Comics Le 18 jul
4
par AlexLeCoq
Superman - Tome 1, la critique

L’avis de AlexLeCoq8

On a aimé • Jon <3 • Trois dessinateurs au top • La relation Superman & fils
On a moins aimé • L'Eradicator n'est qu'un prétexte • Un manque de rythme parfois

Après une première vague de titres DC Rebirth en France chez Urban Comics, l’éditeur continue évidemment de vous occuper cet été en publiant les titres qui composent la nouvelle ère DC Comics. Et voici donc une nouvelle série de titres tout fraîchement parus dans nos belles contrées dont Superman, le Fils de Superman. Et il est clairement impossible d’échapper à son destin, c’est probablement la première leçon que nous apporte Peter J. Tomasi avec son arrivée sur le titre pour DC Rebirth.



En effet, le Kryptonien a connu des heures sombres avant que la Distinguée Concurrence ne le remette dans la course. Récemment décédé dans Superman Requiem, le héros laissait donc la Terre sans son sauveur le plus puissant mais heureusement pour nous, Convergence nous avait offert une porte de secours en la présence d’un deuxième Clark Kent sur la planète bleue. Bien décidé à profiter de son statut inconnu pour s'offrir une petite retraite au calme, ce dernier est maintenant obligé de prendre en considération le fait de reporter le costume, alors que la Justice League est orpheline de l’un de ses membres fondateurs. Le souci, c’est que ce Clark a un fils à élever avec Lois Lane, Jon, et s'est en partie isolé dans le but de protéger sa famille de tous les dangers qu'engendre une carrière super-héroïque. Et si vous connaissez déjà le duo Peter J. Tomasi et Patrick Gleason, vous savez déjà dans quelle direction tout cela va partir. Pour les autres, l’équipe créative s’est notamment révélée impeccable lors des New 52 (ou DC Renaissance) avec le titre Batman & Robin. Très bien écrite, la série était l’occasion de traiter en profondeur la relation immensément complexe entre un Bruce Wayne taciturne et son fils Damian, envieux de bien faire mais toujours fortement orienté par son éducation musclée par la Ligue des Ombres.

Ici, les deux reprennent donc le rôle de papas spirituels d'un héros en devenir mais il est question cette fois-ci de traiter de la relation avec le Kryptonien et son fils, qui devra notamment apprendre à maîtriser ses pouvoirs dont l’étendue est pour le moment encore inconnue, puisque le petit partage le sang humain de sa mère. Mais ici, Peter J. Tomasi nous offre une relation beaucoup plus en finesse avec des personnages aux caractères beaucoup moins opposés et complexes que ceux de Batman et Robin. Pour autant, le titre ne perd pas en intérêt et en sincérité puisque l’auteur nous offre une nouvelle fois un traitement quasi-impeccable avec un Superman hyper-protecteur et un fils qui cherche à s’émanciper et à trouver sa propre voie sur notre notre planète. En effet, la dynamique entre les personnages est totalement différente et permet de mettre notamment en exergue toute la morale très humaniste de Superman qui sera lui aussi confronté à ses démons, dont son instinct partenel l'obligeant à surprotéger Jon. Malheureusement, le titre perd parfois de sa finesse et notamment à cause d'un premier arc, qui est assez intéressant dans le fond mais pas véritablement dans la forme. En effet, l'intrigue tourne autour d'un combat contre l’Eradicator, ici choisi pour représenter le combat intérieur de Superman, qui reste toujours confronté à ses origines kryptoniennes. Mais Jon reste assez passionnant à découvrir d’autant que la série sert aussi d’ouverture à un autre titre DC Rebirth dont nous vous avons déjà parlé et qui arrivera probablement dans les mois à venir chez Urban Comics, Super Sons, d’autant plus que le sixième numéro sortira dès demain aux USA.



Mais si ce premier tome de Superman est aussi efficace, c’est grâce au trio d’artistes qui se partagent ses six chapitres : Doug Mahnke, Patrick Gleason et Jorge Jimenez. Si le style des trois messieurs est clairement différent, le titre garde tout de même une certaine cohérence grâce aux différents coloristes et il faudra avouer que le favoritisme de l’un ou de l’autre dépendra finalement seulement de vos goûts personnels. Mais, nous profitons tout de même du titre pour glisser un mot sur Jorge Jimenez, dessinateur de Super Sons, et qui s’échauffe donc dans ce premier tome sur Sups, en étalant au passage son talent, et son dessin presque à la croisée des chemins entre le style des deux autres artistes. Avec une inspiration artistique parfois proche du cartoon dans la gestion de certaines proportions, le mexicain offre pourtant des planches incroyablement cinématographiques et dynamiques qui réussissent souvent à transcender les cases pour donner un rendu très organiqueà  toute l’action. Traitement qu'il applique avec la même ingéniosité dans ses scènes de dialogues, jamais dans l’immobilité. On peut d’ailleurs constater le talent du bonhomme rien qu’à la couverture du titre, choisie à la perfection par Urban.

En clair, ce premier tome de Superman est une très bonne pioche d’autant plus si vous voulez découvrir l’un des meilleurs personnages de DC Rebirth, Jon Kent. Cette introduction est d’ailleurs l’occasion parfaite pour appréhender un titre Superman pour les nouveaux lecteurs grâce à un Peter J. Tomasi qui utilise le personnage pour l’écrire via un prisme beaucoup plus privé et personnel, ce qui met finalement en retrait l’image souvent biblique que renvoie le héros par sa présence divine sur Terre. Si vous êtes amoureux de dessin, le titre possède d’ailleurs de très beaux arguments, profitant d’un trio d’artistes incroyablement talentueux, aux styles pourtant assez distingués. On vous conseillera donc de foncer sur le titre qui vous donnera un premier aperçu de ce qui vous attend avec Super Sons.

Auteurs & Mots clés
les dernières news les dernières critiques
Vous êtes certain de vouloir supprimer ce commentaire ?