Critique > Un cœur pur : quand les parents ne sont pas là, les enfants dansent
Critique

Un cœur pur : quand les parents ne sont pas là, les enfants dansent

Comics Le 23 avr 2019
0
par LiseF
Un cœur pur : quand les parents ne sont pas là, les enfants dansent

L’avis de LiseF8

On a aimé • Un dénouement inattendu • Des personnages bien développés
On a moins aimé • Un peu long à démarrer

Le 13 mars dernier sortait chez Casterman Un coeur pur, par Liz Suburbia. Une BD qui m'avait tout de suite intriguée, par ses graphismes très accessibles mais aussi son format : un bon gros one-shot de plus de 300 pages. Pourtant, en débutant ma lecture j'avais peiné à accrocher. Un mois après la sortie de l'oeuvre, je me suis replongée dedans, et j'ai bien fait : si Un coeur pur met un peu de temps à démarrer, l'oeuvre est à la fois touchante et fascinante.

Un monde sans parents

On suit l'histoire de Ben, une jeune fille qui mène une vie plutôt surprenante. En effet, du jour au lendemain les enfants et adolescents se sont réveillés... Sans leurs parents ! Ceux-ci avaient tout simplement disparus, du jour au lendemain. Dans l'attente du retour de leur géniteurs, ils se sont donc mis à vivre comme vivent des enfants sans leurs parents : de façon complétement irresponsable.

Il n'y a plus vraiment de cours parce que plus personne pour les forcer à y aller, alors chacun s'occupe comme il en a envie. Certains vont au cinéma trois fois d'affilée parce qu'ils ne payent plus l'entrée, et finissent par cramer accidentellement le bâtiment donc il n'y a plus de cinéma. D'autres vont traîner près de la rivière en sifflant des canettes de bière. Au milieu de tout ça, Ben tente de couler une vie paisible avec son chien et sa frangine. Elle rêve de sortir avec un joli blondinet qu'elle n'intéresse pas, et passe du temps avec son meilleur ami un peu boulet. On aurait pu croire que la découverte du cadavre d'un camarade mettrait tout ce petit monde en alerte. Mais il n'y a personne pour enquêter, donc que faire ? Et quand les cadavres commencent à s'entasser, personne ne panique pour autant...

Lent, mais délicieux

Comme je le disais plus haut, Un coeur pur met un peu de temps à démarrer, ce qui peut risquer de perdre certains lecteurs. La découverte des cadavres, discret fil rouge de l'histoire, démarre assez tardivement. C'est parce que Liz Suburbia prend le temps de présenter ses personnages au lecteur. Chaque protagoniste semble mûrement réfléchi, tant sur le plan graphique que psychologique. Il y a le punk à pics secrètement gay, les deux gamines qui se prennent pour Nostradamus, la chanteuse aucunement complexée par son poids malgré les remarques des autres... Toute cette galerie de personnages n'influe pas spécialement sur l'histoire principale, mais c'est un  vrai plaisir de la voir évoluer.

Il n'y a qu'à la fin de l'album qu'on comprend vraiment pourquoi les parents ont disparu. Pour ma part, je ne m'attendais pas du tout à ce dénouement, et ça fait plaisir d'être surpris. Celui-ci m'a tellement désarçonnée que j'ai eu envie de relire l'album en entier, pour revoir tous les petits signes et les indices que l'autrice a semés au fil de l'histoire.

Agréable surprise que cet album : dans ce chouette pavé de plus de 300 pages, Liz Suburbia nous fait découvrir un univers un peu trash, un peu punk, mais au fond plein d'innocence lié au jeune âge. Un bout de quotidien hors du commun, disponible au prix de 24 euros chez Casterman.

Auteurs & Mots clés
les dernières news les dernières critiques
Vous êtes certain de vouloir supprimer ce commentaire ?