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Critique

Warren Ellis présente Hellblazer, la critique

Comics Le 27 oct
10
par Strafeur
Warren Ellis présente Hellblazer, la critique

L’avis de Strafeur8

On a aimé • Warren Ellis en grande forme • Les différents dessinateurs • La présence de "Shoot"
On a moins aimé • Un manque d'engagement • Certains dessinateurs pourraient vous refroidir • À ne pas mettre entre toutes les mains

Urban Comics avait sans doute calé le retour d'Hellbalzer en librairie avec celui  de la série Constantine à la télévision, annulée depuis  juin dernier. Si l'annulation de la série par NBC nous sauvera sans doute d'un désastre annoncé, Urban nous permet tout de même de retrouver les sombres ruelles anglaises en compagnie du magicien le plus amical créé, entre autres, par Alan Moore.

Ainsi, après la publication du second tome du run de Garth Ennis (Punisher) , dont la partie finale devrait voir le jour en début d'année prochaine, c'est au tour de celui de Warren Ellis (Transmetropolitan, Tree, Fell) d'être publié  dans un seul et même ouvrage. C'est en 1998 que le scénariste anglais prend les commandes de John Constantine avec un premier arc répondant au doux nom d'Hanté, accompagné au dessin par John Higgins (coloriste de Watchmen et de Killing Joke, dessinateur sur Judge Dredd), durant lequel il s'attachera à donner de la profondeur au sorcier de Liverpool en n'hésitant pas à aborder des thèmes comme la solitude, la destruction de soi ou encore sa notion assez particulière de l'amitié.

Ce beau recueil renferme également d'autres récits durant lesquels Warren Ellis va laisser parler tout son talent pour vous plonger dans la noirceur de l'être humain, car, pour lui, et tout au long de ses différentes oeuvres, les pires monstres restent de simples personnes. Ainsi, il vous séquestrera  avec un psychopathe (Enfermé) avant de vous en sortir comme seul John Constantine sait faire,  pour aller exploiter la folie humaine (Le Berceau) ou encore reviendra sur les expérimentations de l'unité 731 japonaise (Soleil couchant). L'ouvrage renferme également quelques autres petites pépites durant lesquelles Constantine devra, par exemple, affronter ses conquêtes amoureuses passées.

Les dessinateurs se succèdent sur le run de l'anglais avec, entre autre, Frank Teran (Batman : No Man's Land, Punisher) et Phil Jimenez (Wonder Woman, The Amazing Spider-Man), offrant au passage un peu de fraîcheur à la série.  C'est d'ailleurs ce dernier qui fut aux cotés de Warren Ellis quand il décida de claquer la porte de Vertigo suite au refus de la publication du numéro Shoot.

Pour replacer le contexte, John Constantine se retrouve à enquêter sur des fusillades dans des lycées américains. Le numéro en question avait été écrit et dessiné quelques semaines avant les évènements de Columbine mais restait à publier. Au moment de la mise en production Vertigo annula purement et simplement la sortie du titre, déclanchant au passage une colère noire de l'auteur britanique qui finira par quitter la série. Ce numéro fut publié en 2014 suite à des changements de direction et se retrouve aujourd'hui dans ce gros livre de deux cents soixante dix pages proposées au prix de 22,5 €, renfermant pas moins de onze numéros, et donc onze couvertures de Timothy Badstreet (également dessinateur du Berceau).

Finalement, ce Warren Ellis Présente Hellblazer représente un très bon ouvrage, parfaitement exécuté par l'auteur anglais en pleine forme. Bien que l'on pourra lui reprocher un certain manque d'engagement dans l'écriture du sorcier de Liverpool, on ne peut que trop vous conseiller de vous y lancer à corps perdu. Tout le talent de Warren Ellis explose et sert le propos de l'auteur : les pires monstres restent avant tout les êtres humains.

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