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Critique

40 Eléphants, la critique

Franco-belge Le 20 nov 2017
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par Elsa
40 Eléphants, la critique

L’avis de Elsa7

On a aimé • Un récit prenant • Des personnages attachants • Un contexte particulièrement intéressant
On a moins aimé • On regrette un peu l'absence d'un dossier sur le gang qui a inspiré l'histoire

Kid Toussaint et Virginie Augustin nous font visiter le Londres des années 20. Nos guides ? Des criminels un rien surprenants...

Double vie.

La jeune Florrie vient d'arriver à Londres. Elle a beau être une pickpocket de talent, elle se fait très vite pincer par une femme qui a repéré son potentiel. Esther lui propose d'intégrer les 40 éléphants, une organisation criminelle dont tous les membres sont des femmes...

En même temps que la jeune femme découvre ce monde de l'ombre où des femmes de tous milieux sociaux associent leur talent pour la fauche ou pour le meurtre, tout semble se dérégler. Et forcément, la nouvelle attire sur elle tous les soupçons.

Quand tout se dérègle.

40 éléphants - Florrie, Doigts de Fée est une première incursion dans l'univers qu'ont imaginé Kid Toussaint au scénario et Virginie Augustin au dessin. L'organisation criminelle en question a véritablement existé. Avec la guerre, les hommes n'étant plus là, les femmes montèrent leur propre clan, qui perdura une fois la paix revenue. Le duo d'auteurs s'est inspiré de ces femmes. Si Florrie, Doigt de Fée est un one-shot, on découvrira par la suite le parcours d'autres héroïnes.

C'est un récit bien mené qui, bien que s'inspirant de faits réels, choisit de s'en éloigner pour donner vie à des personnages fictionnels. On plonge dans le Londres de l'après-guerre à la suite de ces femmes toutes plus fascinantes les unes que les autres. Gentilles mères de famille accro au frisson de l'illégalité, adolescentes des bas quartiers, kleptomanes, tueuses, elles s'arrangent des particularité de chacune pour former une équipe soudée et atypique. On les rencontre à travers les yeux de Florrie, mais on suit également son histoire personnelle, à la manière d'un puzzle que le lecteur recompose. Son arrivée au moment où tout commence à aller mal est-elle vraiment due au hasard ? Fait-elle partie des gentils ou des méchants ? Et comment, d'ailleurs, discerner le bien du mal quand l'action se déroule au sein d'un regroupement de criminelles ? L'histoire se lit avec plaisir, entre récit historique et enquête. On pourra peut-être regretter l'absence de bonus, un petit dossier de quelques pages sur le clan qui a inspiré le récit apporterait un éclairage intéressant. Car même si la BD se suffit à elle-même, cette histoire méconnue de gang féminin pique la curiosité.

Virginie Augustin apporte son trait à la fois élégant et très vivant à cette histoire. Donner de la personnalité à autant de personnages est un défi que la dessinatrice relève haut la main. Ces femmes sont tour à tour fascinantes ou attachantes, toujours imprévisibles. Les planches laissent une large place au noir, comme la pénombre qui occupe le quotidien de ces femmes d'apparence insoupçonnables. Chaque case accorde autant d'importance à ces criminelles et à leurs agissements qu'au décor, le Londres des années 20, lui aussi tout en contradictions. Le luxe des jolies boutiques ne dissimule qu'à moitié les ruelles mal fréquentées, la nuit. On appréciera le voyage.

Ce premier tome au sein du clan des 40 éléphants est à la fois un récit bien mené et un voyage dans le Londres de l'après-guerre. Une jolie surprise à découvrir chez Grand Angle.

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