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Critique

Alvin tome 1, la critique

Franco-belge Le 17 juin 2015
2
par Republ33k
Alvin tome 1, la critique

L’avis de Republ33k7

On a aimé • La beauté des dessins • Une histoire touchante • Beaucoup d'humour et de mélancolie
On a moins aimé • Pourquoi diviser une histoire pareille en deux tomes ?

Suite du dyptique Abélard, qui est consacré au personnage du même nom, Alvin s'intéresse au destin de l'ours mal léché Gaston, qui hérite de la charge du petit Alvin alors qu'il essaie de se faire au quotidien de la vie New-Yorkaise, ville alors en pleine extension. Mais que vous ayez ou non lu les deux premiers albums, cette nouvelle série - également conçue comme un dyptique - risque bien de vous séduire.

Tout d'abord, par son approche graphique propement envoûtante. La même que sur Abélard, en somme, mais toujours aussi maîtrisée. Avec un coup de crayon unique, Renaud Dillies nous offre des planches de toute beauté, qui rendent honneur à une Grosse Pomme en pleine construction et à ses habitants. On découvre alors à travers sa composition d'un élégant clacissisme - ce qui n'empêche pas le dessinateur de se lâcher par moments - Gaston, un ours plutôt peu loquace et hanté par la disparition de son compagnon Abélard.

Et puisque un problème ne vient jamais seul, notre ursidé ouvrier du bâtiment va récupérer la garde d'Alvin, l'enfant d'une vieille amie. Il se met alors en quête d'une famille d'adoption qui saura accepter l'hyperactif bambin. Et c'est là la seconde force de cet album, proposer une histoire absolument touchante enmennée par une écriture aussi simple - dans le sens noble du terme - que fluide. Régis Hautière est d'ailleurs toujours aussi virtuose dans sa narration et dans ses dialogues, qui sonnent terriblement justes, malgré leur aspect volontairement désuet.

Dès lors, nous voilà emportés dans une intrigue particulièrement touchante, qui prend la forme d'un bon road movie pour faire passer de nombreux messages, de la solidarité à la tolérance en passant par la critique des fanatismes religieux. Un propos dense mais qui colle parfaitement avec l'ambiance de cet univers remplis d'animaux anthropomorphes. Les bestioles de Renaud Dillies - mention spéciale au pingouin barman - cachent donc bien des idées derrière leurs bouilles attachantes.

Me reste à évoquer un écueil que je trouve ici plus dérangeant qu'à l'accoutumée : la division de cette histoire en deux tomes. Mes dernières lectures en termes de franco-belge semblent m'indiquer que de plus en plus d'histoires se voient divisées en deux parties, et c'est bien dommage. Non pas que je sois opposé à l'idée de suite, mais quand on s'attaque à une histoire en forme de voyage initiatique, il est dommage de voir l'aventure s'arrêter, certes temporairement, en plein chemin. Cela donne une impression d'inachevé à l'album, qui serait sans doute bien plus agréable à la lecture dans un seul et bel ouvrage. Qu'à cela ne tienne, l'édition ici proposée par Dargaud fait preuve d'un degré de finition exemplaire.

Enjeux touchants, personnages immédiatement attachants : Régis Hautière et Renaud Dillies ont compris comment raconter une histoire poignante et universelle. Alvin est un premier tome tout simplement beau, philosophiquement et graphiquement, mais souffre de cette mode contre-productive du dyptique. Mais à n'en pas douter, une fois le second album sorti, nous aurons là une excellente série pour compléter le déjà remarquable Abélard.

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