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Ama, promenade dans un Japon méconnu

Franco-belge Le 27 mai 2020
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par Elsa
Ama, promenade dans un Japon méconnu

L’avis de Elsa7

On a aimé • Un quotidien méconnu et touchant • Un dessin élégant et sensible • Une atmosphère très apaisante
On a moins aimé • Un récit qui reste un peu à distance de son héroïne

Pour cette reprise, Sarbacane nous propose un one-shot sensible intitulé Ama : le souffle des femmes, au coeur de la communauté des ama, ces femmes qui vivent sur de petites îles japonaises et plongent en apnée pour pêcher des coquillages.

Rentrer auprès des siens.

Quand Nagisa arrive à Hegura, une petite île de pêcheurs, elle est accueillie avec autant de défiance que de curiosité. Elle est la fille de celle qui est partie. Sa mère a brusquement quitté la communauté des ama pour se marier et emménager à Tokyo. Elle n'est jamais revenue.

Malgré les blessures du passé, Isoé, la tante de Nagisa, l'héberge et la forme à ce métier rude et atypique. Peu à peu, Nagisa trouve sa place au sein de ce petit monde si éloigné de sa vie tokyoïte.

Un quotidien hors du temps.

Voici une jolie bande dessinée qui nous raconte un destin de femme dans le Japon des années 60 mais nous permet aussi de découvrir le mode de vie des ama. On entre ici dans l'intimité de ces pêcheuses qui travaillent presque nues, dans les profondeurs sous-marines, dans des conditions difficiles. Les femmes que rencontre Nagisa se battent pour préserver leur mode de vie, leur manière de pêcher, respectueuse de la mer, dans un Japon qui s'industrialise.

Si Ama retranscrit parfaitement l'atmosphère hors du temps, pleine de sororité, de cette vie insulaire, le récit reste un peu en surface concernant Nagisa. On aurait aimé mieux faire sa connaissance, voir à travers ses yeux le choc de cette nouvelle vie, comment elle trouve sa place dans ce petit monde. Comment son rapport au corps et au monde ont progressivement évolué.

Le dessin de Cécile Becq, illustratrice dont Ama est la première bd, est doux, délicat, vivant. Ses planches retranscrivent à merveille cette vie à l'écart du reste du monde. Son dessin célèbre autant la beauté des ama, ces femmes solides et courageuses, que celle de la mer, si apaisante.

Le scénario de Franck Manguin comme les planches de Cécile Becq entremêlent franco-belge et manga. Le résultat est élégant, joliment contemplatif. Il se dégage d'Ama une sensation de paix contagieuse et un profond respect pour ces femmes courageuses qui voient leur monde s'éluder en même temps que les traditions qu'elles perpétuent. La colorisation en nuances de bleu raconte autant la mer que la force toute en sérénité des ama.

Une jolie bd à l'image de la vie des femmes qu'elle raconte, paisible et hors du temps.

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