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Critique

Batman - The dark prince charming tome 1, la critique

Franco-belge Le 03 nov
5
par LiseF
Batman - The dark prince charming tome 1, la critique

L’avis de LiseF6

On a aimé • Un dessin sublime • Un postulat de départ intéressant
On a moins aimé • Un scénario un peu léger • Des personnages féminins caricaturaux au possible

Vous le savez si vous lisez régulièrement 9emeArt, on attendait avec beaucoup, BEAUCOUP d'impatience le Batman d'Enrico Marini chez Dargaud. Ce maître de la bande dessinée européenne s'était déjà illustré avec Le Scorpion, Rapaces ou encore Les aigles de Rome. On vous a parlé des premières images, de la preview, de la couverture... Et on l'a enfin eu entre les mains.

Conclusion après l'avoir lu : de très beaux dessins, un scénario un peu léger. Laissez-moi vous détailler tout ça.

Batman, un papa pas comme les autres

Tout commence par un cambriolage du Joker. Le clown diabolique veut offrir un beau cadeau à Harley Quinn pour son anniversaire : un gros collier de perles. Alors qu'il s'enfuit de la bijouterie avec sa clique, Batman rapplique et lui coupe, comme d'habitude, l'herbe sous le pied. Maussade, le Joker rentre chez lui et retrouve une Harley en pétard. 

C'est alors que notre antagoniste préféré apprend une savoureuse nouvelle : Batman aurait une fille ! Une femme inconnue au bataillon a décidé d'attaquer le chevalier noir en justice, pour le forcer à reconnaître ce qu'elle affirme être sa fille. Le Joker y voit une excellente façon de se venger...

Un bon pitch, pour une intrigue qui tombe à plat

L'idée d'inventer une fille à Batman m'a vraiment intriguée, dans le sens positif du terme. Étant peu coutumière des comics, je suis encore surprise par l'idée d'une descendance féminine pour Batman. En plus, la gamine a un chouette caractère, ce qui la rend attachante. On a envie de mieux la connaître, et de voir où ira l'histoire. Sans compter que pour l'instant, on ne sait toujours pas si elle est bien la fille du chevalier noir.

J'étais donc plutôt partante pour le postulat de départ. Malheureusement, j'ai peiné à accrocher à la suite de l'histoire. Certaines ficelles sont trop grosses : le Joker tue ses potes pour que le lecteur comprenne bien qu'il est méchant, Batman tabasse des gens parce qu'il est torturé intérieurement, et Harley Quinn pique des crises.

Parlons-en d'ailleurs, des crises d'Harley Quinn. Et des crises de toutes les femmes par extension : l'album ne gagne pas le premier prix de la représentation féminine. Tous les personnages féminins en âge d'être sexualisés le sont systématiquement. Harley est à moitié nue et fait des caprices, la mère de la fillette se promène en mini short et cuissardes (sans raison particulière), et même Catwoman balance des vases Ming en se promenant en nuisette transparente. Ce n'est pas parce qu'on est à Gotham que les femmes doivent être systématiquement sexuelles et stupides. Vous vous en doutez, pour moi il s'agit d'un sérieux point faible.

Gotham, sublime sous le trait de Marini

Le dessin par contre, est vraiment magnifique. C'est d'ailleurs en partie pour ça qu'on a beaucoup parlé de l'album avant sa sortie. Les previews étaient alléchantes, et Marini n'a d'ailleurs pas hésité à teaser à foison sur son compte twitter. On sent que son trait et l'univers de Batman étaient faits pour se rencontrer : les pages sont sombres, mais toujours très lisibles. L'anatomie des personnages est vraiment jolie, tant dans le côté colossal de Batman, que la souplesse de Catwoman ou encore la maigreur du Joker.

L'ambiance de Gotham City elle aussi, est très travaillée. Là où beaucoup de dessinateurs choisissent des tons de gris pour représenter cette ville, Marini choisit plutôt le orange et le rouge. Loins d'être chauds et rassurants, ces tons inspirent plutôt la pollution extrême, et le malaise. Les expressions des personnages, les visages sont saisissants de réalisme, sans être ennuyeux. L'édition rend de plus totalement honneur au dessin, avec de grandes pages qui permettent de savourer comme il se doit la perfection du trait.

Vous l'aurez compris, entre le scénario et le dessin, il y a un vrai déséquilibre. Cependant, comme le pitch de départ est intéressant, on peut encore espérer une chouette intrigue pour la seconde partie de ce diptyque. Affaire à suivre donc !

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