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Critique

Block 109 - Maruta, la critique

Franco-belge Le 15 juin 2016
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par Republ33k
Block 109 - Maruta, la critique

L’avis de Republ33k7

On a aimé • Des concepts uchroniques intéressants • Toujours beaucoup d'action • Un rythme assez savant
On a moins aimé • Une fin un peu abrupte • Quelques planches en reste • Une histoire un peu trop anecdotique ?

Après un excellent roman graphique qui a révélé le scénariste Vincent Brugeas et le dessinateur Ronan Toulhoat dans le petit milieu de la bande-dessinée française, et déjà cinq one-shots étendant son univers, Block 109 revient dans un nouveau et dernier spin-off, qui conclue le cycle de la saga dans les librairies, six ans après les débuts de l'aventure uchronique des deux auteurs.

• Lire aussi : notre interview des auteurs !

Dans ce nouvel album, on retrouve d'ailleurs les eaux du Pacifique, après S.H.A.R.K., puisque nous suivrons les aventures d'une troupe alliée forcée à la piraterie, alors que la flotte japonaise essaie tant bien que mal de maintenir son influence sur l'océan. Un contexte qui ramène le personnage de Worth, introduit dans le précédent spin-off, sur le devant de la scène, mais dans un milieu différent et une ambiance plus desespérée qui donne d'emblée un intérêt thématique à ce Maruta.

Les fans de la série Block 109 profiteront donc d'un nouvel angle de vue inédit, très désabusé, sur le monde imaginé par Brugeas et Toulhoat, qui comme toujours, va s'inspirer d'événements historiques pour offrir un carburant à son histoire. Et en l'occurrence, se sont les exactions japonaises sur le peuple chinois qui sont au cœur de ce récit, qui n'est pas sans rappeler, parfois, l'ambiance malsaine d'un Wolfenstein.

Plutôt une qualité pour ce nouvel album uchronique, qui peut compter sur un Vincent Brugeas toujours aussi inspiré dans son écriture de l'action. Saisissant les troupes désespérées et hautes en couleurs comme personne - ou presque - le scénariste nous replonge très rapidement dans son univers, et se montre une nouvelle fois efficace lorsqu'il s'agit de donner des personnalités et des enjeux à tous les personnages, même les plus secondaires.

On ne sera pas forcément aussi convaincus par les dessins de Ryan Lovekock, qui remplace pour la seconde fois Ronan Toulhoat, sans s'extraire de son ombre, et encore moins après un second livre du Roy des Ribauds excellent. Malgré tout, le dessinateur s'améliore et plusieurs scènes d'actions renouent avec le dynamisme caractéristique de la série.

Le vrai reproche que nous aurions à faire sur ce dernier spin-off touche plutôt à sa nature intime : il est l'ultime - pour l'intstant ? - pierre à l'univers Block 109, et en ce sens, on s'attendait peut-être à un peu plus de spectacle et d'épique. Or, ce nouvel album penche plutôt du côté du desespoir, de la panique et de la brutalité. En conséquence, il sera très difficile de tourner la dernière page, et d'accepter une fin et un rythme assez durs.  Le constat peut toutefois être renversé, et certains lecteurs verront ainsi, dans ce récit désabusé et plus que jamais uchronique, le parfait reflet d'une saga construite sur "un monde en guerre".

Si Maruta est un spin-off plein de bonnes idées et bien conçu, ses thématiques et son ton rendent la fin de la saga Block 109 - dans les librairies seulement, puisque l'histoire se concluait dans l'œuvre originale - douce-amère. Resteront une aventure pleine d'action et de jolis concepts, qui sauront réjouir les fans de la série.

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