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Critique

Bug par Enki Bilal, la critique

Franco-belge Le 10 dec
1
par LiseF
Bug par Enki Bilal, la critique

L’avis de LiseF6

On a aimé • Un postulat de départ intéressant • Des rebondissements bien trouvés
On a moins aimé • Un style graphique plutôt figé • Une triste vision du genre humain

En octobre dernier Casterman annoncait la parution prochaine de Bug, la nouvelle série d'Enki Bilal. L'album de ce maître de la bande dessinée franco-belge est sorti le 22 novembre dernier, et vous l'aurez deviné en découvrant ma note : je n'ai pas trouvé ça ouf. Il y a de l'idée, mais ça retombe un peu comme un soufflé. Je vous explique pourquoi de ce pas.

On est en 2041 : une tragédie frappe d'un coup et sans explication le monde entier : toutes les données numériques disparaissent. Les ordinateurs et smartphones fonctionnent encore, mais tous les appareils se sont vidés de leurs informations : plus de numéros de téléphone enregistrés, plus de sites web, plus de logiciels. La moindre petite clef USB est touchée.

Notre héros c'est Kameron Obb, et il est en fort mauvaise posture puisqu'au moment du bug général, il est dans un vaisseau spatial au retour de la planète mars. Dans son vaisseau, tout le monde est mort sans qu'il sache pourquoi. Lui-même a une étrange tache bleue au niveau de la tempe, et il semble qu'il détienne dans son cerveau... Toutes les données du monde qui ont été perdues.

C'est l'apocalypse numérique

Ainsi débute ce premier tome de Bug. Comme vous l'aurez compris la thématique est sombre, dans une ambiance assez propre aux univers de Bilal. L'idée de départ est intéressante : ce ne sont pas les appareils qui disparaissent, mais simplement les données. Au premier abord, on pourrait croire que les conséquences ne sont pas si graves, en fait elles sont nombreuses et terribles. Les banques sont braquées parce que leurs programmes de protection ne fonctionnent plus, les applications pour communiquer ont disparu, les véhicules auto-guidés se sont subitement arrêtés...

Et au milieu de tout ça, Kameron est mal barré. C'est déjà difficile d'être emmené jusqu'à la station spatiale internationale alors que plus aucun programme ne fonctionne. Mais quand les différentes nations apprennent peu à peu qu'il a en lui toutes les données numériques de l'humanité, il devient une cible de choix.

L'humanité est un troupeau de vaches

Je vais vous faire une confidence : je suis un peu fatiguée des récits d'anticipation pessimistes. Sérum ne m'avait vraiment pas convaincue, alors que je suis une grande fan de Pedrosa. Je suis lasse des tons gris, des personnages tristes et de l'humanité réduite à l'état de troupeau sans individualité. Et on retrouve un peu toutes ces choses dans Bug. Enki Bilal imagine un futur où les jeunes en particulier, privés de numérique, sont devenus complétement débiles ou font même le choix du suicide.

Je trouve ça dommage de penser que l'humanité est dépendante au point de devenir à ce point stupide. Les complications seraient nombreuses certes, mais je trouve que le postulat de Bug suggère un certain mépris vis-à-vis du genre humain et spécialement des plus jeunes générations.

Quant au trait, même s'il est très beau à l'image de toutes les oeuvres de Bilal, il est un peu trop figé pour cette histoire qui mériterait plus de dynamisme. Pour autant, le scénario lui est intéressant : on a envie de connaître la suite, qu'on adhère ou pas aux comportements des personnages. La BD est disponible chez Casterman au prix de 18 euros.

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