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Critique

Chevalier Brayard, la critique

Franco-belge Le 11 oct
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par Republ33k
Chevalier Brayard, la critique

L’avis de Republ33k7

On a aimé • Un traitement original de la violence des Croisades • De jolies planches
On a moins aimé • Une intrigue qui flotte un peu • Des enjeux pas toujours forts • À réserver à un certain public

Contrairement à un certain Bayard, Chevalier Brayard est peut-être sans peur, mais il est loin d'être sans reproche. Et c'est ce qui fait toute la saveur de cette bande-dessinée parue aux éditions Dargaud en septembre.

Au scénario, on retrouve Zidrou. L'un des scénaristes que j'admire le plus au sein de cette industrie qu'est la bande-dessinée, puisque l'auteur se montre doué quel que soit le genre. Par ailleurs, il est connu pour une verve assez imparable, un franc parler, s'il ont veut, qui donne une véracité assez incroyable à ses personnages, comme nous l'avait déjà montré l'Adoption.

Le voir s'attaquer à un récit se déroulant au Moyen-Âge, et plus particulièrement en pleines croisades, avait donc piqué ma curiosité. J'avais très envie de voir à quoi ressemblerait son phrasé une fois appliqué à l'époque, et je n'ai pas été déçu du voyage, qui contient son lot de dialogues savoureux et de répliques cultes.

Mais au juste, de quoi ça parle ? Hé bien nous allons ici suivre les aventures de Brayard, qui revient de croisade pour retrouver sa belle France. C'est alors qu'il va tomber sur l'un de ses confrères chevaliers, qui tient prisonnier une jeune femme capturée pendant les croisades. Il entend l'échanger à son père, situé à Alep, contre une rançon non négligeable. Ni une ni deux, notre héros va donc repartir en croisade et se greffer à cette aventure en espérant en récolter quelque fruits. Et surtout parce que sa famille l'ennuie.

Car il ne faut pas se fier à son titre de chevalier. Brayard est un tueur. Un pilleur. Un violeur. Et Zidrou n'entend pas maquiller cet état de fait. Ce qui rend ce one-shot assez étrange, mais fascinant. Car si l'humour est au rendez-vous, toute l'intrigue est construite autour de la brutalité de ce chevalier, l'ignorance des hommes d'église qui l'accompagnent, et j'en passe.

Pourtant, le scénariste parvient à tenir son histoire et à maintenir son ton si particulier : il ne ferme pas les yeux sur les horreurs des croisades et ne perd pas non plus de vue son intrigue, qui même flottante, parvient à dégager un message touchant dans les ultimes pages de l'album.

Cet habile mélange des ambiances doit d'ailleurs beaucoup aux planches de Francis Porcel. Le style du dessinateur se prête d'ailleurs à l'exercice puisque le trait presque animé de Porcel jure avec les mots et l'action écrits par Zidrou, pour un résultat qui choque, mais dans le bon sens du terme. D'autant que le dessinateur n'oublie pas d'amener un humour visuel bienvenue dans ses planches, toujours assez lourdes, d'un point de vue moral ou éthique.

En somme, s'il n'est absolument pas recommandé à tous les publics, Chevalier Brayard propose un traitement original et poignant de l'époque des Croisade, dans des planches qui regorgent de dialogues hilarants, touchants ou savoureux. La verve de Zidrou est décidemment à l'épreuve de tous les genres et de toutes les époques, et on recommande donc l'album à tous les fans de l'auteur. 

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