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Critique

Elric, Le Loup Blanc - Tome 3, la critique

Franco-belge Le 27 sept 2017
3
par AlexLeCoq
Elric, Le Loup Blanc - Tome 3, la critique

L’avis de AlexLeCoq8

On a aimé • Magnifique • Un univers fou • L'écriture à plusieurs niveaux • Un bon rythme
On a moins aimé • Attendre la suite

Parmi les œuvres de fantasy, il y a forcément des grands classiques et à moins d'être un lecteur/trice de romans assidu(e), il n'est pas facile de tous les découvrir par manque de temps. Heureusement pour nous, cela fait maintenant quatre ans que l'équipe composée de Jullien Blondel, Jean-Luc Cano, Robin Recht et Julien Telo se sont alliés pour nous offrir une relecture en bande-dessinée de l'œuvre de Michael Moorcock, Elric. Cette semaine, et trois ans après le deuxième tome, le dernier Empereur de Melniboné est de retour dans le troisième et avant-dernier album du premier cycle de la série.

D'entrée de jeu et une nouvelle fois, Glénat met les grands plats dans les grands (oui) avec cet ouvrage qui démarre par une préface assez édifiante de Neil Gaiman. Il explique ses liens avec l'œuvre du scénariste qui a forgé son imaginaire étant plus jeune. Mais il pointe aussi du doigt l'impressionnant charisme et la complexité du héros de la série, Elric. Empereur déchu au teint blafard, sentimentalement tortué et maintenant exilé, nous retrouvons le héros, un an après le tome 2, en voyageur errant. Ses exploits lui ont déjà offert un surnom, qui donne le titre à ce tome, Le Loup Blanc.

Elric, le héros qui erre

Mais il n'est pas seul dans sa quête de découverte du monde puisqu'il est armé de son épée sombre dotée d'une conscience propre, Stormbringer. Malédiction et bienfaitrice, l'arme renferme une force du Chaos et a toujours soif de sang. Mais elle lui permet de pouvoir (sur)vivre, puisque sa couleur de peau morbide est la conséquence d'une faible constitution physique l'obligeant à prendre de nombreuses drogues pour rester sur pied. Cet aspect notable du personnage permet de mettre en scène une dualité perpétuelle entre sa morale et sa dépendance à l'arme, travaillée finement dans ce troisième album.

La saga Elric a tout de l'aventure épique avec son héros charismatique armé de son épée légendaire. Et après deux numéros très introductifs (mais déjà puissants), ce tome 3 permet enfin de nous lancer dans le monde vaste qu'offre l'univers de Michael Moorcock. Une année s'est donc écoulée depuis que le Champion Éternel s'est lui-même bani de Melniboné et nous le retrouvons à errer dans un magnifique panorama enneigé qui permet d'appuyer encore plus sur la mélancolie du personnage, qui fuit son destin. Ce tome offre une nouvelle fois une lecture à plusieurs niveaux qui permet de jouer sur de nombreux thèmes autour d'Elric, qui oscille toujours entre noblesse et ténèbres à travers plusieurs tableaux tous magnifiques. Mais la bande-dessinée permet enfin d'avoir un regard nouveau sur le personnage qui interagit maintenant avec le monde extérieur, ce qui donne à lui et à son univers beaucoup plus de consistence.

Un régal pour les yeux

Difficile de ne pas plus apprécier le héros, maintenant lancé dans une nouvelle dynamique qui permet de découvrir de nombreux personnages et environnements, toujours avec un style graphique somptueux. Robin Recht et Julien Telo se partagent le boulot pour un résultat à couper le souffle, dès les premières pages. La performance est d'autant plus appréciable qu'il est véritablement difficile de cerner où commence le travail de l'un et s'arrête celui de l'autre, ce qui participe grandement à la cohésion générale de ce troisième Elric.

La composition globale du titre est une nouvelle fois magnifique que ce soit au niveau des décors, des personnages ou de la mise en scène, et le rythme est mené tambour battant. Pour les plus gourmands, il sera d'ailleurs aussi possible d'approfondir et de s'approprier un peu plus l'univers du titre avec plusieurs pages de recherches graphiques sur les différents personnages. Je ne vais pas vous mentir, Elric est un univers qui demandera de l'implication afin d'en embrasser sereinement la complexité. Mais rien d'insurmontable et on se trouve d'ailleurs assez surpris de ne pas être perdu en ouvrant ce tome, deux ans après l'arrivée de son grand frère. 

Une réécriture à la hauteur de l'oeuvre d'origine

Pour les amoureux de l'œuvre, cette version est évidemment retravaillée pour pouvoir y insérer plus facilement les différentes aventures d'Elric, Michael Moorcock ayant principalement écrit son histoire autour de nouvelles. Pourtant, et c'est probablement l'un des points forts du titre, il se permet même d'aller sur des sentiers inconnus. Au grand plaisir de son auteur original qui cite cette BD comme la meilleure adaptation des aventures du Loup Blanc. En effet, le cliffhanger final vous réservera une petite surprise, si vous connaissez un peu l'histoire de notre ami au visage blanc.



Une nouvelle fois, Elric est probablement une lecture indispensable. Cette œuvre de fantasy est toujours aussi bien maîtrisée dans sa version bande-dessinée, avec des personnages et des histoires fortes qui offrent plusieurs niveaux de lecture et de réflexion. Mais le titre est aussi un voyage pour les yeux alors qu'on découvre le vaste monde des Jeunes Royaumes grâce au talent habile de Julien Telo et Robin Recht. Je vous invite chaudement à vous lancer dans l'aventure, si vous voulez découvrir ou redécouvrir un classique en devenir.

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