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Fugazi Music Club, la critique

Franco-belge Le 04 mai
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par Elsa
Fugazi Music Club, la critique

L’avis de Elsa7

On a aimé • Un témoignage hors-norme • Un regard sur la jeunesse polonaise post-URSS • Le trait poétique et un peu naïf
On a moins aimé • Les références à des groupes un peu pointus qui peuvent parfois être un peu frustrantes

Gallimard nous propose de découvrir Marcin Podolec, jeune auteur de bande dessinée polonais au succès fulgurant.

Quand les rêves un peu fous deviennent réalité.

Début des années 1990, au lendemain de la dislocation de l'URSS. Les temps sont durs en Pologne, et les jeunes s'ennuient. D'idées folles en idées folles, Waldek et deux de ses amis vont ouvrir le Fugazi Music Club, une salle de concert complètement dingue dans un ancien cinéma de Varsovie.

Waldemar Czapski, alias Waldek, nous entraine avec lui dans cette aventure folle et éphémères, où trois rêveurs vont permettre à la jeunesse polonaise de voir se produire en live de nombreux groupes underground mythiques.

Musique underground des 90's et jeune talent de la bd.

Marcin Polodec est un jeune auteur polonais très renommé dans son pays, et remarqué à l'international. Il avait envie d'adapter en bd un entretien-fleuve sur le thème de la musique. Sa rencontre avec Waldek va lui permettre de donner naissance à cette bande dessinée passionnante, trop incroyable pour ne pas être vraie.

L'auteur a rencontré Waldek à plusieurs reprises. De ces entretiens, il a tiré un texte racontant toute l'aventure du trio, et de ce club à part. L'histoire nous est entièrement racontée du point de vue de Waldek, notre narrateur et guide dans ce Varsovie nocturne. Des petites aux grosses galères, des coulisses à l'énergie explosive des concerts, tout y est. Témoignage hors-norme qui raconte pourtant entre les lignes ce qu'était être un jeune dans la Pologne post-URSS. Il y a de l'humour, de l'émotion, une certaine nostalgie mais aussi un ravissement de gamin qui ne réalise toujours pas avoir su oser autant, dans les souvenirs de Waldek. Si on n'y connait pas grand chose en musique underground polonaise (une chose possible) ou même internationale, on ressentira quand même une petite frustration de ne pas vraiment pouvoir partager l'excitation du narrateur au sujet des groupes qui ont foulé la scène du Fugazi. Mais son enthousiasme reste contagieux.

Le dessin de Marcin Podolec est doux, un peu naïf. Il colle finalement vraiment bien avec le côté doux-rêveurs des héros de l'histoire, pas complètement sortis de l'adolescence alors qu'ils se retrouvent confrontés à des responsabilités d'adultes, qu'ils ne maitrisent pas totalement. Uniquement noir, blanc et bleue, la colorisation donne une ambiance nocturne, entre pénombre et éclairage blafard des néons trop blancs. La narration graphique est dynamique, inventive. On s'immerge complètement dans le récit, qui propose des petits interludes souvent silencieux, plus symboliques, qui renforcent les émotions et racontent les sentiments et les émotions que Waldek tait parfois, ou que les mots ne sauraient retranscrire.

Fugazi Music Club, c'est l'histoire d'un club éphémère et mythique raconté par un de ses fondateurs, et entre les lignes celle d'une jeunesse polonaise décidée à croire en ses rêves malgré les temps difficiles. Un témoignage passionnant sous forme de jolie bande dessinée.

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