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Critique

Geis tome 1, la critique

Franco-belge Le 06 mars
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par Elsa
Geis tome 1, la critique

L’avis de Elsa7

On a aimé • Un univers graphique très beau • Un mélange des genres réussi • Les personnages
On a moins aimé • Une histoire qui manque un peu profondeur • Une colorisation un peu inégale

Gallimard pioche à nouveau dans le catalogue de l'éditeur anglais Nobrow, qui recèle bien des pépites, pour nous proposer Geis.

Geis : mot gaélique désignant un interdit ou une malédiction.

Matarka, la matriarche, est à l'articlel de la mort. Cinquante personnes sont appelées au milieu de la nuit pour venir à son chevet. Ils se sont tous inscrits, ou presque, pour avoir une chance de lui succéder. Ce qu'ils ignorent encore, c'est que leur présence scelle leur destin et qu'ils sont les participants d'un funeste concours.

Première épreuve : la sorcière Niope les envoie chacun dans un endroit reculé du pays. Ils devront être de retour avant l'aube ou sinon...

"A l'aide !"

Que l'on ne s'y trompe pas, si l'on connait surtout en France les parutions Nobrow pour ses titres jeunesses, et si la couverture pourrait nous faire croire que nous sommes là encore face à une bande dessinée pour le jeune public, il n'en est rien. Geis est un titre sombre, mystérieux, où la mort rôde à chaque coin de page. A réserver à un lectorat adolescent et adulte.

Cette bande dessinée est une sorte de survival game à la sauce médiévale, un mélange surprenant mais réussi, riche de personnages hauts en couleurs, pris malgré eux dans un piège qui les dépassent. Pendant quatre-vingt pages, chacun d'entre eux va tenter de démêler les fils de son destin pour mieux s'y empétrer. Parmi eux, la fille du seigneur Cerf-Volant, qui ne souhaitait pas le moins du monde succéder à Matarka, va déployer des trésor d'inventivité pour survivre.

Geis est un titre surprenant, une aventure toute en tension, très sombre et parfois violente, mais parsemée de rêveries qui lui confèrent une certaine poésie. C'est dans ce mélange et dans ses personnages que réside beaucoup du charme de ce titre. Un regret cependant, le nombre très important de personnages, le rythme effréné auquel se déroule l'histoire, empêchent l'auteur d'y inclure une certaine densité. On a l'impression de survoler plus que de vivre réellement l'histoire, car l'auteur ne nous laisse pas le temps d'y prendre nos marques ni d'en saisir véritablement les enjeux. On ne s'attache pas aux personnages, si bien que le tragique de la situation nous laisse un peu de marbre.

Côté dessin, le trait d'Alexis Deacan est très beau. Admirateur de Winsor McCay et Quentin Blake, on sent dans son trait ces influences, offrant un univers graphique délicat, vibrant, qui évoque avec finesse des livres pour enfants anciens et leur univers riche et sensible. On se régale en découvrant les personnages, qui ont tous, visuellement, une personnalité bien à eux. On apprécie tout autant de se plonger dans l'univers entre réalisme et onirisme, sombre mais saupoudré d'une touche de merveilleux fascinant. La colorisation est cependant à double tranchant. Parfois, elle sublime les planches et les ambiances, appuyant encore ce côté rétro particulièrement plaisant. D'autres fois par contre, elle affadit le dessin et l'action, diminuant nettement l'intensité du récit. La palette, un peu passée, nous entraine dans un univers médiéval fantasmé mais familier.

On aurait aimé que Geis gagne en profondeur, tant ce qu'on lit ici avait le potentiel pour être un petit bijou. Cette bande dessinée n'en reste pas moins très agréable, riche d'un univers fascinant. On a hâte de voir où l'auteur nous entrainera pendant les deux tomes qui suivront.

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