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Critique

Grand Prix ACBD 2016 : Zaï Zaï Zaï Zaï, la critique

Franco-belge Le 28 jan 2016
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par Sullivan
Grand Prix ACBD 2016 : Zaï Zaï Zaï Zaï, la critique

L’avis de Sullivan10

On a aimé • Une merveille d'humour • Un propos fort distillé comme il faut • La BD indé' comme on l'aime
On a moins aimé • C'est non.

Alors que l'ACBD se réunit lors du FIBD d'Angoulême pour consacrer Zaï Zaï Zaï Zaï de son grand prix 2016, nous profitons de l'occasion pour vous livrer la critique de l'un des meilleurs albums de 2015, à côté duquel j'étais malheureusement passé.

Publié par les excellents Six Pieds sous Terre (sur qui on va essayer de mettre la main ce soir à l'heure de l'apéro pour honorer leur amour du pastis), le titre de FabCaro est l'une des BDs les plus drôles de l'année passée, et se paye le luxe d'être en plus l'une des plus engagées.

Vendu (13€ bien dépensés) comme un Road Trip, Zaï Zaï Zaï Zaï est d'abord un OVNI comme on en trouve des caisses dans la BD indé'. S'appuyant sur une intro' bourrée de double-sens où notre héros est incapable de remettre la main sur sa carte de fidélité, le titre se développe ensuite effectivement comme une fuite en avant, où en plus d'être un piètre citoyen / consommateur au regard du système, notre tête-à-l'air cumule le statut d'auteur BD. Rapport aux autres, à la société ultra-libérale, à son passé et à sa famille, tout y passe dans un déluge de saynètes à s'en tordre dans les boyaux pour peu que l'on aime l'humour "méta"/absurde, appelez-ça comme vous voulez. 

Jamais misanthrophe gratuitement mais super remonté à juste titre et avec les bon arguments contre le monde qui l'entoure, FabCaro préfère le rire (jaune) à la violence verbale et aux grands éclats, Zaï Zaï Zaï Zaï ayant la bonne idée de se dérouler sur un rythme haletant (avec ses innombrables situations absurdes et acerbes) mais aussi spectaculaire qu'un Ken Loach sous acides.

Méchant mais juste, l'auteur dresse un portrait assez fascinant et que l'on a aucun mal à partager de la société moderne, elle qui juge, ostracise, affaiblit et aliène au gré d'un quotidien débilitant, auquel essayent d'échapper l'auteur et son personnage. Mais plus qu'un caprice d'artiste face au (triste) "monde des adultes", Zaï Zaï x2 est surtout une ode au véritable vivre ensemble, celui qui ne semble être qu'une chimère bonne à contenter les hippies et les gauchos pour les succubes du système. 

Noir dans son humour mais jamais dans son propos, le titre fera rire (à en pleurer) les gens conscients, sans manquer de leur faire grincer les dents. Mais que peut-on attendre de mieux et de plus beau d'un roadtrip dans la france des supermarchés, des couples autocentrés et des inégalités ?

Si Zaï Zaï Zaï Zaï fait coup double en étant le meilleur album indé' de l'année passée et le grand prix ACBD 2016, il n'en reste pas moins que derrière les honneurs se cachent surtout un album intemporel et universel pour qui aime le rire, l'auto-critique et regarder vivre ses congénères. Véritable bijou d'humour absurde et fronde violente contre le système, c'est un album qui, ici, nous a tous retournés, et au dessus duquel on avait tous envie de pleurer. De rire, évidemment. 

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