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Critique

Gunblast Girls - Tome 1, la critique

Franco-belge Le 17 sept 2017
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Gunblast Girls - Tome 1, la critique

L’avis de -- David --5

On a aimé • Le retour de Crisse dans une série de science-fiction • Un plaisir de retrouver ce dessin reconnaissable entre tous • La promesse faite par l'histoire
On a moins aimé • Le mélange des genres et des références qui fonctionne mal • L'humour qui tombe parfois à plat • L'histoire ne fait qu'effleurer sa potentialité • Des personnages sans réelle épaisseur

Zdenka, criminelle de l’espace, réunit son gang de filles pour réaliser un coup sans risque. Elles ont été engagées simplement pour conduire une jeune cliente au-delà des lignes de l’alliance.

Malheureusement l’univers semble se liguer contre leur entreprise. L’adolescente se révèle plus retorse et surtout plus dangereuse qu’elle n’y paraît. Pour combler le tout, des consortiums très puissants sont aussi à la recherche de la jeune fille.

Quelle joie de retrouver Crisse dans une série de science-fiction ! D’admirer à nouveau son dessin si singulier tout en rondeur et très cartoony. On se prend à rêver d’éprouver le même plaisir que l’on avait ressenti à la découverte de Kookaburra publiée à l’époque par les éditions Soleil. De plonger dans un récit de space opera fun porté par des héros charismatiques vivant une aventure pleine de rebondissements. Pourtant ces retrouvailles n’aboutissent pas. Elles sont gâchées par des tas de petits détails difficiles à avaler.

Crisse s’appuie sur la recette qui a fait la qualité de Kookaburra : des personnages truculents, des punchlines à chaque bulle, une enfant avec des pouvoirs... Ces retrouvailles prennent donc un air de déjà-vu, mais ce n’était pas très grave. Après tout on pardonne bien à Marvel ou DC d’avoir rebooté mille fois ses comics pour relancer ses ventes, alors on peut excuser l’auteur de réutiliser les ingrédients qui ont fait son succès.

Gunblast Girls souffre du syndrome Stranger Things qui articule son histoire sur un catalogue de références. L’univers de cette bande dessinée évoque à s’y méprendre Firefly, la série de Joss Whedon avec ce mélange de western et de space opera. Les héroïnes se comportent comme des Gaulois dans le village d’Astérix, toujours à se taper dessus ou à taper sur son voisin. L’une des antagonistes n’est rien d’autre qu’un ersatz de Bene Geserit de Dune. Les protagonistes féminins sont des archétypes visuels de Pin up comme à l’époque de Danger Girl de J. Scott Campbel.

Toutes ces citations pourraient se fondre dans une aventure enlevée, malheureusement au bout des quarante-six planches le charme n'opère pas. Pourtant, Crisse a tout fait pour aguicher son lectorat par le dessin.

Les héroïnes sont des archétypes de femmes fortes, libres et fières, prêtes à en découdre avec le monde. À un détail ou deux prêts. Le décolleté qu’elles exhibent de pages en pages doublé de cette manie qu’a le dessinateur à laisser deviner la pointe du téton sous le tissu en font les esclaves du regard des lecteurs. (Je veux bien croire que l’espace se révèle comme un milieu froid et inhospitalier, mais apparemment pas assez hostile pour porter un pull ou une veste, semble-t-il.)

Cette exposition du corps féminin reste dans les limites d’un sexy « bon enfant ». Jamais elle ne vient basculer dans la vulgarité qu’offrent d’autres bandes dessinées. Cette utilisation de la pin up est là pour flatter l’œil masculin à tendance priapique. Malheureusement, cela nuit à la crédibilité des personnages qui ne se résument qu’à des figures plastiques au charisme anémique, bien loin de pouvoir rivaliser avec Dragan Preko ou Taman-Khâ de Kookaburra.

Et pourtant, on a envie d’accorder sa chance à cette bande dessinée. Car même si ces défauts sautent au visage, le récit possède un véritable potentiel grâce aux éléments que l’intrigue laisse entrevoir pour la suite de l’histoire.

Difficile de conseiller pleinement cette bande dessinée. Même si c’est un véritable plaisir de retrouver Crisse dans le scénario et le dessin d'un space opera, l’aventure racontée se révèle très convenue et sans originalité. Paradoxalement, les qualités de Gunblast Girls ne sont pas dans ce qu’on en lit, mais dans ce que l’on devine pour la suite. Pour le moment, l’histoire a posé quelques pièces intéressantes que l’on aimerait voir développer plus en profondeur. Mais pour cela, il faudrait donner plus de chair aux personnages, car pour le moment ils ne sont que des coquilles vides.

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