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Iroquois, la critique

Franco-belge Le 02 sept 2016
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par Republ33k
Iroquois, la critique

L’avis de Republ33k7

On a aimé • Le réalisme historique • Les magnifiques planches • Une composition parfaitement huilée
On a moins aimé • On a du mal à s'attacher aux personnages • On survole les enjeux

De retour après Nelson et Trafalgar, Fol, la trilogie de L'Auberge au Bout du Monde ou encore Canoë Bay, le scénariste et dessinateur Patrick Prugne revient avec Iroquois, une nouvelle fois chez l'éditeur Daniel Maghen. Un récit historique qui saura vous envoûter avec de superbes planches.

Pour l'auteur, Iroquois est d'ailleurs un retour à plus d'un titre, puisque Prugne revient au continent qui s'est petit à petit associé à sa signature, l'Amérique et ses grandes espaces. Ici, il s'intéresse plus précisément à un épisode fondateur pour le Canada, l'odyssée de Samuel de Champlain, qui sur ordre du Roi de France, s'enfonce alors dans le pays Iroquois.

Au sein de cet album, on le suivra accompagné de ses fidèles, d'alliés "indiens" et d'un trafiquant surnommé Le Basque, une troupe de fortune qui va devoir affronter bien des dangers. Ceux de la nature, les Iroquois, bien sûr, échaudés - par la capture d'une des leurs - et des querelles intestines diverses et variées.

Un mélange assez inquiétant qui est parfaitement rendu par les écrits de Patrick Prurgne, qui parvient à saisir ses différents personnages en quelques phylactères, avant de se lancer dans le vif du sujet : une aventure en territoire iroquois, qui s'avère aussi beau que menaçant. La composition des planches de l'œuvre sert d'ailleurs parfaitement l'histoire d'Iroquois et sa tension dramatique.

Il faut dire que les planches sont tout bonnement magnifiques. Réalisées à l'aquarelle, elles en mettent plein la vue, et nous permettent de nous immerger dans cet étonnant paysage. D'autant plus que Prugne s'autorise quelques planches muettes et des pages pleines, ou presque, capable de vous coupler le souffle. A la lecture, on se sent ainsi aussi menacés que proches de la nature.

Seul bémol, très vite, on comprend que la nature canadienne est le vrai personnage de cette histoire, et qu'elle intéresse sans doute plus l'auteur que Chamblain et les siens. En dehors d'une introduction rapide et efficace - qui expose la réalité historique de l'époque - nous n'avons en effet que peu d'éléments pour nous identifier aux personnages, européens comme indiens, qui ont tout le mal du monde à nous captiver sur la durée.

En conséquence, difficile de saisir les enjeux de cette histoire, de les comprendre et de les mesurer au sein des planches pourtant jolies de Prugne. En l'état, cela n'entâche pas le voyage, très plaisant pour les yeux, mais on peine à s'investir dans cette odyssée.

Il vaut plus pour son voyage que sa destination, Iroquois a de quoi nous en mettre plein la vue mais pourrait laisser sur leur faim quelques lecteurs. A défauts, l'expérience de lecture reste charmeuse et l'apport historique permet au dernier né de Patrick Prugne de tirer son épingle du jeu.

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