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Jamais je n'aurai 20 ans, la critique

Franco-belge Le 24 oct
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par Republ33k
Jamais je n'aurai 20 ans, la critique

L’avis de Republ33k8

On a aimé • Une histoire vraie joliment racontée • Une certaine maîtrise du matériau historique • Les dessins
On a moins aimé • Quelques ellipses parfois dures à encaisser • On ne comprend pas toujours la réalité de l'époque

Après Les Guerres Silencieuses, dans lesquelles l'auteur revenait sur le destin de son père en pleine décolonisation espagnole, Jaime Martin revient ce mois-ci chez Aire Libre avec un nouveau récit historique et pourtant très personnel, Jamais je n'aurai 20 ans.

Dans celui-ci, il nous racontera d'ailleurs la destinée de ses grands-parents, deux des nombreuses victimes de la guerre civile espagnole, une période historique souvent méconnue du public français. Et ce sera justement l'une des plus grandes qualités de cette bande-dessinée, dans laquelle l'auteur distille assez bien le contexte historique des époques troubles traversées par ses deux grands-parents.

Du moins, dans un premier temps. En effet, on remarquera que les conflits précédant l'ascension des franquistes au pouvoir sont plus habilement contextualisés, notamment dans des dialogues fluides et bien foutus, que les périodes historiques qui suivront. Peut-être parce que les ellipses temporelles y seront plus nombreuses, mais en tous cas, les moins versés dans l'histoire avec un grand H risquent parfois de ne pas saisir l'intégralité des enjeux posés par le contexte.

Qu'à cela ne tienne, la narration reste assez simple à suivre, malgré tout, et Jaime Martin peut se reposer sur la puissance du destin suivi par ses grands parents, presque trop incroyable pour y croire. Mais on ne vous apprend rien, la réalité dépasse bien souvent la fiction, et c'est avec une jolie sincérité et un certain talent pour les dialogues que l'auteur parvient à nous immerger dans un vrai morceau de l'histoire espagnole.

Les dessins de Jaime Martin font le reste. On note tout d'abord une composition classique mais qui n'hésite pas à nous offrir des planches plus impressionnantes, qui rendent hommage aux paysages de l'Espagne ou nous offrent des cases plus larges qui nous permettent de souffler entre deux ellipses. Le trait léger du dessinateur a d'ailleurs l'avantage d'adoucir les horreurs mises en scène dans cet album, ou au contraire, mieux les faire ressortir grâce au décalage entre la souplesse du crayon de Martin et la violence des événements dépeints.

Plongée historique doublée d'une histoire hors du commun et ô combien captivante, Jamais je n'aurai 20 ans vous plonge dans la réalité d'une famille espagnole dans quelques unes des heures les plus sombres de l'histoire du pays. Un récit touchant et porté par de jolies planches, qu'on vous encourage vivement à découvrir.

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