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Critique

L'Homme gribouillé, une aventure trépidante entre frissons et mystères

Franco-belge Le 17 jan
3
par LiseF
L'Homme gribouillé, une aventure trépidante entre frissons et mystères

L’avis de LiseF8

On a aimé • Une histoire bien ficelée et pleine de mystères • Des personnages forts et attachants
On a moins aimé • Un scénario qui se termine de façon frustrante

Je vous expliquais hier à l'occasion de ma critique de l'excellent Je suis un autre, qu'il y a un énorme choix de très bonnes BD franco-belges en ce début d'année. Et au sommet de cette pile d'excellents ouvrages il y a L'Homme Gribouillé, sûrement l'une de mes meilleures lectures BD depuis bien longtemps. Cet album a tout pour réussir : un scénario de Serge Lehman, pro de la narration qui a travaillé sur des romans, des nouvelles, des scénarios, et bien sûr des tas de BD telles que La Brigade Chimérique. Et au dessin, on retrouve un auteur que j'affectionne tout particulièrement, Frederik Peeters l'auteur du très touchant Pilules Bleues. Bref, un duo de choc pour une BD de choc.

Un bien étrange histoire...

C'est pas tout ça mais au lieu de vous dire à quel point c'est bien, je vais vous expliquer pourquoi c'est bien. L'Homme Gribouillé raconte l'histoire de Betty et Clara Couvreur, une mère et sa fille qui vivent une vie plutôt tranquille à Paris. Betty est éditrice et dans la famille, les livres, c'est une tradition : Maud, sa mère, est une auteure très réputée de livres pour enfants. Un jour, alors que Clara squatte l'appartement de Maud à cause d'une histoire de dégât des eaux, la grand-mère fait un AVC. En larmes, Clara appelle les pompiers et au même moment, quelqu'un frappe à la porte. Il s'agit d'un individu bizarre, coiffé d'un effrayant masque blanc et habillé d'un étrange manteau de plumes noires.

Le type dit s'appeller Max, et tout à coup, il devient menacant : il veut son paquet, et si Maud n'est pas en mesure de le lui apporter, c'est Clara qui devra s'en charger. Il se sauve alors, laissant la jeune fille terrifiée. Ainsi commence l'histoire de L'Homme gribouillé. Une histoire pleine d'enchevêtrements inattendus, qui obligera la mère et la fille à aller fouiller dans les entrailles de leur propre passé. En cherchant d'où vient Max, Betty découvre que son nom de famille n'est pas Couvreur, mais Singer. Sa mère a fait appel à un faussaire pour changer d'identité, fuyant une menace sans nom...

Et il semble régner sur la famille Singer une drôle de malédiction dont bien peu connaissent la véritable nature. La mère et la fille décident alors de s'enfuir en direction de Montbéliard, là d'où viendrait leur famille, afin d'en savoir plus sur cette affaire. Mais elle en oublient Max, qui en plus d'être terrifiant, est d'une brutalité sans nom.

Une histoire de traditions, de monstres assoiffés de sang et d'occupation allemande

Difficile en fait de résumer L'Homme Gribouillé, tant l'album est dense et trépidant. Celui-ci est très épais puisqu'il comporte 328 pages. De fait, on se plait à le lire en plusieurs fois, à raison d'un chapitre par soir par exemple, pour faire durer le plaisir. Il faut dire qu'au départ on suit la vie un peu banale d'une famille parisienne, et on découvre peu à peu une histoire qui remonte à l'occupation allemande, et qui touche beaucoup plus de monde que prévu. 

Le scénario est excellent tant il est riche en rebondissements et tient en haleine. Cela dit, il y a quand même un petit bémol selon moi dans la fin : tant de choses sont présentées au fil des pages qu'il était compliqué de boucler les différents mystères à temps. Du coup, l'histoire se termine un peu en queue de poisson, et c'est assez frustrant. C'est pour ça d'ailleurs que j'ai attribué un huit à cette BD, alors que j'ai plus apprécié cette lecture que Je suis un autre, à qui j'ai mis 9 : Je suis un autre m'a moins passionnée mais le scénario est impeccablement mené et ne laisse aucun sentiment de frustration à la fin. Ici, on aurait presque envie d'un tome 2.

Impossible de parler de L'Homme Gribouillé sans évoquer le très bon travail de recherche artistique de Frederik Peeters. Jouant uniquement sur le noir et le blanc, l'artiste arrive à créer des ambiances tour à tour détendues, mystérieuses, terrifiantes... Les cases perdent leur forme carrée quand les personnages commencent à paniquer ou s'enfuient dans une forêt. Peeters se joue des codes de la BD avec une habileté qui force le respect.

Vous l'aurez compris, L'Homme Gribouillé est un must read de cette rentrée. L'histoire est ponctuée de rebondissements insoupçonnés qui la rendent captivante, presque addictive. Malgré toutes les très bonnes sorties de ce début d'année 2018, si je n'avais qu'un album à conseiller, ce serait celui-là ! Il est disponible dès aujourd'hui au prix de 30 euros chez Delcourt.

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