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Critique

L'Homme qui tua Lucky Luke, la critique

Franco-belge Le 01 avr 2016
3
par Strafeur
L'Homme qui tua Lucky Luke, la critique

L’avis de Strafeur8

On a aimé • Un vibrant hommage aux fondamentaux de Lucky Luke • La modernisation graphique • Un parfait mélange entre classicisme et modernité
On a moins aimé • L'intrigue souffre incontestablement du titre de l'album

Dans le cadre des 70 ans de Lucky Luke, Lucky Comics nous offre un hommagesous forme de hors série signé par Matthieu Bonhomme (Texas Cowboys, Le Voyage d'Esteban) qui, lors de notre rencontre, nous avait confié être un fan absolu du personnage imaginé par Morris

L'Homme Qui Tua Lucky Luke est donc une vibrante révérence au justicier, des mains et de la tête d'un auteur qui a compris son essence et qui nous livre ici sa propre vision du lonesome cowboy. Autant vous le dire tout de suite, cet album est un hommage au sens strict du terme, faisant de son titre son plus gros défaut . En effet, on comprend tout de suite que la mort de Lucky Luke ne peut se dérouler dans un album qui a pour ambition de flatter son héros et qu'il finira quoi qu'il arrive par s'en sortir grâce à une pirouette scénaristique que l'on espère la meilleure possible. 

À partir de ce constat et en ayant en tête l'ambition de cet album, le récit que nous propose Matthieu Bonhomme est de grande qualité. Le personnage de Lucky Luke est plus incisif, son humour devenant parfois même cynique, mais il arrive tout de même a conserver ses valeurs de justicier, tout comme son sens de l'honneur qui reste ici intact. Les différents protagonistes qui prennent part à cette aventure sont également très réussis, puisqu'ils mêlent avec beaucoup d'habilité les rencontres avec des personnages issus de l'univers de Lucky Luke et d'autres, créés pour l'occasion, qui se basent tout de même sur les grands archétypes déjà rencontrés par le héros dans de précédentes aventures. 

L'auteur, qui s'est occupé du scénario, du dessin et de la colorisation, glisse une touche de modernité bienvenue dans son propos en confrontant notamment son héros à son addiction au tabac. Ainsi, l'auteur se permet de déstabiliser Lucky Luke, nous offrant alors une approche toute singulière du justicier qui doit alors faire face au doute et au manque.

Le twist de l'album tombe malheureusement à plat, la faute à son titre principalement, et à l'imposante stature d'un héros légendaire qu'il est difficile de faire partir. Pour notre plus grand bonheur toutefois, Matthieu Bonhomme ne se démonte pas pour autant et nous propose un album plein de passion. En effet, en intégrant son propre style au design imaginé par Morris, il nous offre sa propre vision de Lucky Luke. Profitant d'immenses décors qui vous absorberont dès que vos yeux se poseront sur ses magnifiques planches, l'ambiance de cet album est aussi singulière que rafraichissante.

L'auteur n'hésite pas à jouer sur les couleurs pour faire transparaitre les émotions de ses personnages, faisant ainsi de sa colorisation une véritable plus value au service de son récit, aux ambiances aussi prenantes que variées. Ce dernier est d'ailleurs parsemé de nombreuses références à l'univers de Morris,  prouvant une nouvelle fois tout l'amour qu'il porte à la série originale, qui se vérifie à chaque page au travers de ce one-shot

L'Homme Qui Tua Lucky Luke est un excellent hommage à l'oeuvre de Morris et, si l'album souffre de son titre, il n'en reste pas moins une lecture indispensable grâce à sa propostion artistique. En effet, qu'elle soit scénaristique ou graphique, elle n'en demeure pas moins celle d'un auteur passionné qui semble avoir réuni dans cette bande dessinée tout le respect et l'admiration qu'il porte au personnage de Lucky Luke, nous rappelant au passage tout l'amour que nous portons à la création de Morris.  

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