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La bande à Bonnot nous embarque aux côtés du bandit le plus redouté de la Belle Époque

Franco-belge Le 27 aout 2018
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par LiseF
La bande à Bonnot nous embarque aux côtés du bandit le plus redouté de la Belle Époque

L’avis de LiseF7

On a aimé • Des mises en scène audacieuses • Un personnage principal fascinant
On a moins aimé • Un peu longuet sur certains passages • Trop d'événements condensés en trop peu de pages

Quand on parle de bande dessinée historique, on pense forcément à des époques lointaines, comme par exemple Révolutions - Quand l'Histoire de France a basculé aux éditions Soleil. Pourtant, les périodes plus récentes sont également le terreau de récits palpitants : La bande à Bonnot nous embarque au début du vingtième siècle, au coeur de la Belle Époque, aux côtés d'un bandit anarchiste...

Bonnot, d'ouvrier à bandit

Bonnot n'est au départ pas un mauvais bougre. Ouvrier dans une usine de voitures, il trime quatorze heures par jours pour un salaire de misère. Quand l'un de ses camarades se fait couper la main accidentellement par une machine, celui-ci n'a même pas droit à des soins décents. Son patron est riche, et particulièrement cruel. Alors quand ses collègues lui proposent de participer à un rassemblement syndical (à l'époque illégal), il finit par accepter. Mais pendant le rassemblement la maréchaussée débarque et il est fait prisonnier, pour l'exemple.

Notre héros va passer plusieurs jours en prison et à son retour à la maison, c'est le drame : sans son argent, sa femme n'a pas réussi à soigner leur petit garçon qui est décédé d'une maladie. Brisé, le pacifique ouvrier découvre le milieu du grand banditisme.

C'est alors un autre Bonnot qu'on découvre : plus sombre, plus sûr de lui aussi. Fini les journées interminables à l'usine, il se découvre une passion pour le braquage à l'automobile et rassemble un groupe de voyous qui vont l'aider dans ses méfaits. La bande à Bonnot raconte donc l'histoire de ce criminel qui fut un temps le plus recherché de France, et de sa descente aux enfers.

Entre la bande dessinée et le cinéma

C'est toute une équipe qu'on retrouve aux manettes de La Bande à Bonnot. Jean-David Morvan auteur polyvalent qu'on a pu retrouver sur tout un tas d'oeuvres telles que Naja ou encore Conan le Cimmérien, côtoie Stefan Vogel et Laura Pierce, écrivaine, réalisatrice et metteuse en scène. Au dessin on retrouve Attila Futaki, qui a travaillé sur Hypnos ou encore Severed. De cette collaboration, on obtient une oeuvre fascinante, qui emprunte à certains moments aux codes du cinéma.

Le danger quand on raconte la vie d'un personnage réel en bande dessinée, c'est de vouloir dire trop de choses en trop peu de temps. Et c'est un peu le cas ici : on sent que Bonnot a eu une vie passionnante et gorgée d'anecdotes, et que les auteurs ont essayé de trop en caser. Malgré tout, on se sent réellement impliqué dans l'histoire de ce personnage hors du commun, et surtout dans la lutte qui caractérisa son époque. En parallèle de son histoire se déroule une lutte acharnée entre les ouvriers et le gouvernement épaulant le patronat, prenant malheureusement des airs de David contre Goliath. Ce combat est magnifié par la patte artistique très personnelle d'Attila Futaki, qui par les couleurs et les cadres crée des ambiances qui prennent aux tripes.

Avides de récits menés tambours battants et d'ambiances sombres, vous aimerez La bande à Bonnot. Ce one-shot n'est pas exempt de défauts mais est quand même un bel hommage à une époque parfois mal connue, surtout des jeunes générations. L'album est disponible au prix de 19 euros chez Glénat.

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