Critique > La Belle Mort - intégrale, la critique
Critique

La Belle Mort - intégrale, la critique

Franco-belge Le 02 oct 2017
0
par Republ33k
La Belle Mort - intégrale, la critique

L’avis de Republ33k7

On a aimé • Des planches magnifiques • Des personnages attachants • Une intrigue touchante
On a moins aimé • Quelques flottements • Des passages parfois obscurs

Profitant du succès amplement mérité de Shangri-La, sélectionné à Angoulême, Ankama a récemment republié La Belle Mort dans un nouveau format, une belle intégrale qui fait écho à la sortie de la création de Mathieu Bablet à l'international chez Titan Comics.

D'abord paru en 2011 chez l'éditeur au label 619, La Belle Mort nous promettait l'ascension d'un artiste sur qui compter, Mathieu Bablet, petit génie du dessin qui a depuis maintes fois confirmé son talent. Mais si revenir en arrière n'est pas toujours le meilleur moyen de flatter un artiste ou de le comprendre, l'exercice de (re)lecture de cette Belle Mort s'est avéré tout particulièrement intéressant.

Une œuvre de jeunesse

Une fois n'est pas coutume, commençons par la dernière page de cet album, dans laquellle Mathieu Bablet évoque, le temps d'une postface "une œuvre de jeunesse". Comme nous le disions, il n'est pas toujours facile, pour les lecteurs comme les artistes, de replonger dans des albums plus anciens. Mais l'auteur explique regarder les planches avec une certaine tendresse, malgré tout. 

De notre côté, simples spectateurs de l'ascension de Mathieu Bablet que nous sommes, ce n'est pas la tendresse mais la curiosité qui nous prendra. En effet, il n'est pas rare que les œuvres de jeunesse d'un petit artiste devenu grand préfigurent ses travaux, et La Belle Mort ne fait pas exception. L'album nous offre un aperçu de tout le talent que Mathieu Bablet s'apprête à déployer. 

Déjà, on remarque une vraie sensibilité dans l'écriture des personnages, dont les dialogues et les tranches de vie sonnent résolument justes. Plus évident encore, et il suffir de feuilleter l'album pour s'en convaincre : la précision du trait de Bablet, qui nous offre des paysages à couper le souffle, régis par une géométrie presque poétique et forts d'une profondeur de champ tout bonnement hallucinante. Sans même parler du niveau de détails affiché à chaque case.

Rien ne se perd, tout se transforme

Nous parlions de poésie, est c'est assurément le terme qui convient le plus pour décrire le ton général de cet album. Derrière son apparence de survival post-apocalyptique matiné de saines références, il nous propose une réflexion touchante, sur l'existence et sa finitude, comme le titre vous le laisse deviner.

Cette réflexion arrive petit à petit, d'ailleurs, profitant du glissement entre le simple récit de survivants vers une intrigue beaucoup plus fantastique pour nous offrir le temps de philosopher. Au fil des pages, l'histoire mute, ses personnages aussi, mais ce sont surtout les thèmes forts de l'album qui prennent toujours plus de place, pour le plus grand plaisir des lecteurs qui n'ouvrent pas seulement un bouquin pour se divertir, mais aussi pour réfléchir.

Le résultat est sans appel : Bablet nous invite à la réflexion que ce soit dans des scènes complètement oniriques ou d'autres particulièrement cruelles, mais toujours avec la même finesse, rare pour un album de jeunesse. 

Ajoutez à cela deux nouveaux récits, l'un se situant avant et l'autre après les événements de l'intrigue principale, et vous obtenez une expérience de lecture encore plus envoûtante, qui étend avec une certaine légéreté son univers, sans sombrer dans l'explication à outrance donc. Et c'est tant mieux.

En conclusion

Si toutes les œuvres de jeunesse ne sont pas flatteuses et souffrent parfois de l'usure du temps, elles nous offrent toujours une fenêtre vers l'imaginaire des (futurs) grands artistes, par laquelle il serait dommage ne pas regarder. Surtout quand elles donnent sur des planches aussi magnifiques que celles de La Belle Mort, qui ne se limite pas à illuster un univers post-apocalyptique ravagé par des insectes géants. EL'album incarne une réflexion touchante, qu'on vous invite à (re)découvrir chez Ankama à l'occasion de cette intégrale.

Auteurs & Mots clés
les dernières news les dernières critiques
Vous êtes certain de vouloir supprimer ce commentaire ?