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Critique

La vision de Bacchus, la critique

Franco-belge Le 25 fev
0
par Elsa
La vision de Bacchus, la critique

L’avis de Elsa7

On a aimé • Un graphisme élégant • Un très beau jeu de couleurs • Un scénario riche et documenté
On a moins aimé • Une histoire qui reste un peu classique

Jean Dyrtas nous convie dans les coulisses de l'histoire de l'Art avec La Vision de Bacchus, récit intime derrière des tableaux qui ont marqué leur époque.

Capturer la beauté

Italie, fin du XVème siècle. Antonello de Messine devient la nouvelle coqueluche de tous les plus riches habitants de Venise. Ce peintre semble avoir percé les secrets des artistes flamands, et y associe techniques secrètes et talent hors du commun. Ses tableaux sont aussi beaux qu'intelligents, parfaitement maitrisés, et ses modèles semblent bel et bien vivants. Un jour, un riche banquier vient lui faire une troublante requête...

Des années plus tard, le peintre Giorgio de Castelfranco, dit Giorgione, est atteint de la peste. Il n'en a plus pour longtemps, mais plutôt que de prendre le repos que son corps réclame, il s'enferme dans son atelier pour terminer l'oeuvre de sa vie. Il veut reproduire l'éclat de sa première émotion picturale, provoquée par un tableau admiré dans sa jeunesse, et signé Antonello de Messine...

Entre Histoire et passions

Après Le sourire des Marionnettes qui se déroulait en Perse, Jean Dytar nous plonge dans la Renaissance italienne, au beau milieu de l'effervescence des ateliers des grands peintres de l'époque. À travers Antonello de Messine, fraichement arrivé de Sicile, c'est toute l'aristocratie vénitienne que l'on découvre, ses codes et ses valeurs. Mais c'est aussi une initiation ludique et passionnante aux techniques picturales propres à cette période, du croquis aux pigments, du modèle à la lumière. Les personnages dialoguent, expliquent, racontent, et tout semble fluide, et captivant.

Mais au delà de ce contexte riche, La Vision de Bacchus est une histoire de passions, de celles où l'art et la chair se mêlent, où une image figée devient plus forte que la réalité. C'est l'histoire de la peinture parfaite, cet objectif impossible qui ne peut mener qu'à la folie. C'est l'émotion au bout du pinceau, mais aussi les véritables êtres humains qui vivent autour de l'artiste, et ne peuvent que faire cela, graviter autour d'un esprit génial qui s'enferme peu à peu dans ses réflexions et recherches. 

Dans cette bande dessinée, Jean Dytar s'amuse à faire se croiser les personnages, déclenchant à chaque fois de nouveaux évènements qui donneront une dimension différente à l'histoire. On pourra peut-être un peu regretter que la lente progression vers la folie de l'artiste ne soit pas plus accentuée, mais les interactions entre les différents acteurs de l'histoires sont savamment développées.

Le trait du dessinateur, simple et doux, laisse la place au grandiose des reproductions d'oeuvres (qui ne sont pas seulement copiées, mais adaptées pour se fondre aux planches d'une manière harmonieuse). Si les tableaux réinventés sans jamais être dénaturés par Jean Dytar sont un plaisir à admirer, les planches en elle-même se révèlent bien construites, agréables à l'oeil, et la colorisation s'inspire du travail des peintres de l'époque, pour un résultat entre hommage et réalisme.

La Vision de Bacchus allie un contexte intéressant et richement documenté à une histoire bien construite et pleine de rebondissements. Le dessin et les couleurs rendent l'atmosphère de l'époque en s'inspirant du travail de ces peintres qui sont les héros de l'histoire, et l'ensemble est aussi beau à regarder qu'agréable à lire. Un bon titre qui ravira particulièrement les amateurs d'histoire de l'Art, qui pourront s'imaginer dans l'intimité de quelques grands noms qui ont marqué la Renaissance.

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