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Critique

Le Cimetière des Innocents : un diptyque intéressant et sans concession chez Grand Angle

Franco-belge Le 26 jul 2018
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par LiseF
Le Cimetière des Innocents : un diptyque intéressant et sans concession chez Grand Angle

L’avis de LiseF6

On a aimé • La période abordée est passionnante • L'intrigue est bien menée
On a moins aimé • Le dessin est trop traditionnel

Le 4 juillet dernier était publié le second tome du Cimetière des Innocents, chez Grand Angle. Un dyptique qui m'intriguait particulièrement, et dont j'ai tout de suite eu envie de vous parler après en avoir terminé la lecture. Dans cette oeuvre de Philippe Charlot au scénario et Xavier Fourquemin au dessin, on suit l'histoire de deux protagonistes piégés à Paris, en plein siège...

La France en pleine guerre de religion

L'éditeur Grand Angle a le chic pour me faire découvrir des périodes que je connais très peu. Il y a quelques jours je découvrais l'exposition universelle de 1855 avec La fille de l'Exposition Universelle, et aujourd'hui on voyage dans le temps jusqu'en 1590. Le massacre de la Saint-Barthélémy vient d'avoir lieu et les protestants sont haïs de tous, chassés comme la peste. Paris est sous le joug de la Sainte Ligue Catholique, et assiégée par le roi de France Henri IV qui tente de reprendre la ville.

On suit Jonas, un protestant qui a perdu son père lors du massacre et qui cherche à le retrouver, ou au moins sa dépouille. Le jeune garçon va faire la connaissance d'Oriane, qui elle aussi connaît bien des déboires familiaux : fille d'un alchimiste talentueux, elle est observée de près par l'Église qui la traite elle et son père d'hérétiques.

Et les choses ne vont pas aller en s'arrangeant. Son père cherche un moyen de vaincre la mort : alors qu'il touche au but, il est arrêté par l'Église et pendu, non sans avoir pu transmettre à sa fille le dernier fruit de ses recherches. Quant à Oriane, elle est jetée dans une cellule près du cimetière des innocents. Là, elle est condamnée à une mort lente en tant que "recluse", ironiquement adorée par le peuple pauvre de Paris.

Un morceau d'Histoire

Là encore c'est un morceau d'Histoire que nous propose Grand Angle, et toujours sur un moment très précis. Je trouve l'idée vraiment intéressante : de manière générale en cours, on a tendance à survoler l'Histoire pour couvrir un maximum de périodes. Ici on se focalise sur un événement et on apprend plein de choses, même si ça reste de la fiction.

Au fur et à mesure qu'on avance dans le récit et encore plus dans le second tome, on réalise que les auteurs mettent en lumière l'hypocrisie de la religion à cette époque. Le curé de la paroisse fait fortune auprès d'un peuple rongé par la faim et la maladie. Vendeur d'espoir factice, il monnaye des reliques de saints telles que le bras de Saint machin, le poil de Saint bidule ou encore les larmes de Sainte truc.

Oriane quant à elle est piégée dans cette situation où elle est à la fois adorée et détestée. Enfermée pour les crimes d'hérésie de son père, elle réalise quelques miracles grâce à la pierre magique de ce dernier. Elle devient alors peu à peu Sainte Oriane mais est quand même condamnée à rester une "recluse".

Si l'histoire de Jonas, qui tente de retrouver son père et libérer Oriane, est le fil rouge du récit, ce n'en est pas selon moi le point le plus intéressant. C'est bien le côté historique et tout le travail d'ambiance opéré par les auteurs qui m'a fascinée.

MAIS, parce qu'il y a un mais, sinon j'aurais mis plus que 6. Si le dessin et correct, il n'est pas non plus très captivant. En fait, il est plutôt traditionnel et typique du franco-belge. Le soucis c'est que chez Grand Angle, de manière générale on peine à trouver une réelle diversité graphique dans leurs publications. Si le dessinateur change entre Nos Embellies, La fille de l'Exposition Universelle et Le Cimetière des Innocents, le trait se ressemble quand même beaucoup d'une oeuvre à l'autre. Et c'est dommage ! Donc même si l'histoire est chouette et le travail graphique de qualité, l'oeuvre n'est selon moi pas mémorable.

Le Cimetière des Innocents reste un diptyque divertissant : la période abordée est passionnante et l'histoire regorge de détails et d'anecdotes historiques. On passe donc quand même un bon moment en lisant ces deux tomes, à retrouver chez Grand Angle.

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