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Critique

Le fils de l'Ursari, un album fort et passionnant chez Rue de Sèvres

Franco-belge Le 14 avr 2019
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par LiseF
Le fils de l'Ursari, un album fort et passionnant chez Rue de Sèvres

L’avis de LiseF8

On a aimé • Une histoire poignante • Un petit héros touchant
On a moins aimé • Des dessins parfois durs à comprendre

En 2016 sortait chez L'école des Loisirs Le fils de l'Ursari, un roman de Xavier-Laurent Petit. Trois ans plus tard le livre est adapté en bande dessinée, par Cyrille Pomès avec Isabelle Merlet aux couleurs. Pour ma part, c'était l'occasion de découvrir ce récit étant plus lectrice de BD que de romans. Et quelle découverte !

Une vie de misère à Paris

Dans Le fils de l'Ursari, on suit l'histoire de Ciprian, un petit garçon né dans une famille Rom. Son père est un Ursari, un montreur d'ours, et dans leur pays ils vivent très modestement de leurs spectacles. Mais le gens du coin les détestent et deviennent violent. Devant l'insistance de mafieux qui ont flairé là un bon filon, la famille accepte de partir vivre en France, convaincue que là-bas l'argent coule à flots. Lorsqu'ils arrivent à Paris, c'est le début d'une vie de misère. Installés dans un bidonville, ils mandient, récupèrent des métaux dans les chantiers, ou piquent les portefeuilles dans le métro. Des travaux auxquels ils sont condamnés pour rembourser leurs passeurs.

Dans ce contexte, Ciprian va devenir le disciple de son grand frère et apprendre le vol à la tire. Se faufilant entre les poches et les sacs à mains, le petit garçon apprend bien vite le métier. Mais tout change quand il découvre les jardins du Luxembourg, et plus précisèment les tables d'échecs où tous les jours, deux personnes enchaînent les parties. En observant leur jeu jour après jour, Ciprian réalise qu'il est capable d'assimiler par coeur chacuns de leurs coups. Plus rien n'a alors de valeur : tout ce qu'il veut, c'est jouer aux échecs.

Les échecs comme un salut

Vous vous en doutez, les mafieux qui surveillent sa famille ne sont pas d'accord pour qu'il passe ses journées à apprendre les échecs. Alors les choses se gâtent, et pour toute la famille. Une chose est sûre, Le fils de l'ursari n'est pas un album qui fait sourire de bout en bout : l'histoire n'a pas été écrite pour ça. Par contre on suit l'histoire, malheureusement très vraie, d'une famille de roms contrainte de quitter son pays où personne ne veut d'eux, pour un autre pays où tout le monde les déteste aussi. Ceux qui tendent la main à côté des distributeurs, qui parcourent les gares avec un bébé dans les bras, on les a tous déjà vus. Mais ici, ils sont les personnages centraux de l'histoire : on connaît leurs prénoms, leur passé, ce qui rend le récit d'autant plus fort.

Graphiquement, l'artiste a vraiment son style à lui. Les planches sont belles et le design des personnages en particulier est très intéressant. Par contre, certaines actions sont parfois compliquées à décrypter. Peut-être parce qu'on se place du point de vue du petit garçon, qui ne comprend pas toujours tout ce qu'il se passe. Parce qu'il évolue dans cette grande ville qu'est Paris avec beaucoup de monde, de bruits, d'odeurs. C'est la seule chose qui m'a gênée à la lecture du Fils de l'Ursari, même si elle peut se justifier artistiquement.

Les fils de l'Ursari est une lecture qui m'a captivée, à tel point que je n'ai pas pu faire de pause dans ma lecture de l'album. Une très belle adaptation, disponible au prix de 16 euros chez Rue de Sèvres.

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